{"id":10746,"date":"2024-08-17T16:15:16","date_gmt":"2024-08-17T16:15:16","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=10746"},"modified":"2024-08-20T16:50:51","modified_gmt":"2024-08-20T16:50:51","slug":"environnement-en-mauritanie-aziza-sidi-bouna-lingenieure-qui-lutte-contre-le-changement-climatique-grace-aux-dechets-animaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=10746","title":{"rendered":"Environnement: En Mauritanie, Aziza Sidi Bouna, l\u2019ing\u00e9nieure qui lutte contre le changement climatique gr\u00e2ce aux d\u00e9chets animaux"},"content":{"rendered":"<div class=\"coh-inline-element article-text\">\n<p class=\"coh-paragraph\">\u00ab Contribuer \u00e0 att\u00e9nuer le changement climatique \u00bb, c\u2019est le grand d\u00e9fi que s\u2019est lanc\u00e9 Aziza Sidi Bouna, 32 ans. Pour cela, cette ing\u00e9nieure mauritanienne en \u00e9nergies renouvelables a d\u00e9velopp\u00e9 une solution innovante : produire du biogaz \u00e0 partir des d\u00e9chets animaux, v\u00e9g\u00e9taux et domestiques. Une pionni\u00e8re dans son domaine qui est bien d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 r\u00e9volutionner ce secteur en Mauritanie. Ainsi, en 2019, elle lance SBGAZ, une start-up sp\u00e9cialis\u00e9e dans la valorisation des sous-produits agricoles et d\u2019\u00e9levage.<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement, elle arpente les march\u00e9s de Nouakchott, la capitale, \u00e0 la recherche de cette mati\u00e8re premi\u00e8re si pr\u00e9cieuse pour elle. \u00ab Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, la bouse de vaches, les excr\u00e9ments de certains ruminants comme les chameaux \u00e9taient peu valoris\u00e9s dans mon pays. J\u2019ai voulu changer cela \u00bb, explique cette dynamique entrepreneure. \u00ab On peut trouver la mati\u00e8re premi\u00e8re partout : \u00e0 la ferme, au village, \u00e0 l\u2019abattoir et bien s\u00fbr chez soi. C\u2019est une source quasi in\u00e9puisable \u00bb, ajoute-t-elle. De fait, en Mauritanie, la production de b\u00e9tail est un pilier de l\u2019\u00e9conomie nationale et repr\u00e9sente plus de 15 % du PIB, soit des milliers de tonnes de d\u00e9jections animales par an. Largement de quoi produire des quantit\u00e9s immenses de biogaz.<\/p>\n<p><strong>Une source d\u2019\u00e9nergie propre<\/strong><\/p>\n<p>Une fois r\u00e9colt\u00e9, le fumier de b\u00e9tail est plac\u00e9 dans un biodigesteur, une solution naturelle de valorisation des d\u00e9chets organiques qui permet de produire \u00e0 la fois un gaz combustible, le biogaz, mais aussi un fertilisant tr\u00e8s efficace, le digestat. \u00ab La production dure entre 15 et 45 jours suivant la saison \u00bb, d\u00e9taille Aziza Sidi Bouna.<\/p>\n<blockquote class=\"coh-blockquote\"><p>\u00ab L\u2019avantage de notre biogaz est qu\u2019il est neutre en carbone. Pour le produire, nous n\u2019utilisons aucune \u00e9nergie fossile pour extraire le gaz. Cela s\u2019appelle la m\u00e9thanisation et c\u2019est 100% naturel \u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p><cite class=\"coh-inline-element\">Aziza Sidi Bouna, fondatrice et PDG de SB-GAZ<\/cite><\/p>\n<p>\u00ab Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 concevoir plusieurs prototypes de biodigesteurs depuis 2019 \u00bb, poursuit-elle. \u00ab Le biogaz qui en sort est une \u00e9nergie propre que l\u2019on peut produire \u00e0 co\u00fbts abordables. C\u2019est bien moins co\u00fbteux que le gaz utilis\u00e9 traditionnellement pour cuisiner \u00bb. Et pour le d\u00e9montrer, l\u2019ing\u00e9nieure met en avant un argument imparable : gr\u00e2ce \u00e0 un kilo de bouse de vache, on pourrait produire selon elle du gaz pour une \u00e0 deux heures de cuisson douce.<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est pas tout. Les biodigesteurs d\u2019Aziza Sidi Bouna permettent \u00e9galement de transformer les excr\u00e9ments et d\u00e9chets organiques en engrais biologique, excellent pour augmenter les rendements agricoles. Et d\u2019affirmer : \u00ab sur 100 kilos de d\u00e9chets organiques dig\u00e9r\u00e9s par la machine, on r\u00e9cup\u00e8re 10 kilos de fumier qui sont aussi voire plus performants que de l\u2019engrais chimique \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une affaire de famille<\/strong><\/p>\n<p>Pour mener \u00e0 bien son grand projet, Aziza Sidi Bouna n\u2019est pas seule. Son bras droit, le directeur technique de SBGAZ, n\u2019est autre que son p\u00e8re Ahmed Sidi Bouna. Cet ing\u00e9nieur en \u00e9conomie rurale est particuli\u00e8rement fier de sa fille qu\u2019il a toujours soutenue, plus encore dans un pays o\u00f9 les femmes sont souvent cantonn\u00e9es aux travaux domestiques. Ensemble, ils veulent d\u00e9mocratiser les biodigesteurs dans toute la soci\u00e9t\u00e9. Dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Mbera, gr\u00e2ce \u00e0 un financement du Comit\u00e9 International de la Croix-Rouge, ils ont install\u00e9 plusieurs biodigesteurs pour le difficile quotidien des familles. \u00a0\u00c0 Bassikounou, au sud-est du pays, c\u2019est un biodigesteur industriel, le premier de SBGAZ, qui est en fonctionnement. \u201cPresque quotidiennement, c\u2019est plus de 200 foyers qui viennent y remplir leurs bouteilles de biogaz\u201d, se f\u00e9licite Aziza. Pour lui permettre de voir grand, le Programme des Nations Unis pour le D\u00e9veloppement (PNUD) lui a octroy\u00e9 un financement de 150 000 dollars. \u201cMon v\u0153u est que dans le futur, tous les m\u00e9nages mauritaniens mais aussi sah\u00e9liens puissent utiliser une source propre et accessible \u00bb, r\u00eave-t-elle.<\/p>\n<p><strong>Une alternative aux \u00e9nergies fossiles<\/strong><\/p>\n<p>Un r\u00eave qui semble \u00e0 port\u00e9e de main et qui, s\u2019il se r\u00e9alise, aurait un impact concret. En effet, g\u00e9n\u00e9raliser le biodigesteur dans les m\u00e9nages mauritaniens limiterait la d\u00e9pendance aux \u00e9nergies fossiles comme le p\u00e9trole ou le charbon, import\u00e9s en grande partie de l\u2019\u00e9tranger. Cela r\u00e9duirait ainsi les \u00e9missions de combustibles fossiles qui contribuent au r\u00e9chauffement climatique. \u00ab Avec mon projet, je veux contribuer \u00e0 limiter les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre pour l\u2019avenir de nos enfants et de notre plan\u00e8te. C\u2019est l\u2019enjeu de notre si\u00e8cle et ma responsabilit\u00e9 en tant qu\u2019entrepreneure \u00bb, mart\u00e8le-t-elle.<\/p>\n<p>Prot\u00e9ger l\u2019environnement en produisant une \u00e9nergie verte, c\u2019est donc la promesse d\u2019Aziza Sidi Bouna, qui esp\u00e8re cr\u00e9er des centaines de nouveaux emplois gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement de cette nouvelle fili\u00e8re. La jeune femme emploie d\u00e9j\u00e0 cinq salari\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 28 \u00e0 45 ans, dont deux femmes.\u00ab Et bien plus \u00e0 l\u2019avenir \u00bb, sourit-elle, confiante. L\u2019avenir, Aziza y croit pour elle mais aussi tous les jeunes de son pays. Son parcours, elle veut l\u2019\u00e9riger en exemple pour toute la jeunesse mauritanienne et m\u00eame au-del\u00e0. \u00ab Je veux changer la mentalit\u00e9 des jeunes ici, au Sahel et m\u00eame en Afrique. Nous, la jeunesse, avons le pouvoir de changer les choses \u00bb, conclut Aziza Sidi Bouna.<\/p>\n<p>https:\/\/www.undp.org\/fr\/africa\/waca\/blog\/en-mauritanie-aziza-sidi-bouna-lingenieure-qui-lutte-contre-le-changement-climatique-grace-aux-dechets-animaux<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Contribuer \u00e0 att\u00e9nuer le changement climatique \u00bb, c\u2019est le grand d\u00e9fi que s\u2019est lanc\u00e9 Aziza Sidi Bouna, 32 ans. Pour cela, cette ing\u00e9nieure mauritanienne en \u00e9nergies renouvelables a d\u00e9velopp\u00e9 une solution innovante : produire du biogaz \u00e0 partir des d\u00e9chets animaux, v\u00e9g\u00e9taux et domestiques. 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