{"id":1188,"date":"2022-07-24T12:37:42","date_gmt":"2022-07-24T12:37:42","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=1188"},"modified":"2022-07-24T12:37:42","modified_gmt":"2022-07-24T12:37:42","slug":"portrait-en-mauritanie-amy-sow-denonce-les-violences-faites-aux-femmes-avec-ses-peintures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=1188","title":{"rendered":"PORTRAIT. En Mauritanie, Amy Sow d\u00e9nonce les violences faites aux femmes avec ses peintures"},"content":{"rendered":"<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Ses combats lui valent une notori\u00e9t\u00e9 grandissante. La peintre mauritanienne milite pour les droits des femmes, le respect de l\u2019environnement et une meilleure reconnaissance des arts plastiques dans son pays.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Arm\u00e9e de ses pinceaux, l\u2019artiste plasticienne d\u00e9nonce les discriminations et violences dont sont victimes les femmes dans son pays. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Comment dit-on \u201c \u00ab Viens \u00e0 la maison \u00bb \u201d en pular, la langue des Peuls ? \u201c \u00ab Ar gall\u00e9. \u00bb \u201d Mais pour Amy Sow, c\u2019est \u201c\u00ab Art Gall\u00e9 \u00bb\u201d , du nom de sa galerie d\u2019art du quartier de Cit\u00e9 Plage, \u00e0 Nouakchott, la capitale mauritanienne. Art Gall\u00e9, c\u2019est un lieu d\u2019exposition, mais aussi un centre de cr\u00e9ation, une r\u00e9sidence d\u2019artistes et un espace prot\u00e9g\u00e9 pour les femmes qui s\u2019y rencontrent et s\u2019y confient.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">La maison est immanquable dans ce d\u00e9dale de ruelles sans nom qui jouxtent le port. Elle est en bois, alors que tout est construit en b\u00e9ton dans ce pays o\u00f9 le sable et le ciment ont depuis longtemps gagn\u00e9 la lutte contre la v\u00e9g\u00e9tation et les arbres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La maison en bois, c\u2019est comme un radeau face \u00e0 la mont\u00e9e de la mer et \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert \u00bb\u201d<\/span><span class=\"s1\">,<\/span><span class=\"s2\">lance Amy Sow pour expliquer son choix architectural, elle qui s\u2019inqui\u00e8te du changement climatique, de la fonte des glaces et de la d\u00e9sertification, elle qui d\u00e9nonce aussi le choix quasi soci\u00e9tal du b\u00e9ton dans un pays o\u00f9 la Toyota concurrence le chameau.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s3\">Victime d\u2019une agression sexuelle<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u201cArt Gall\u00e9 a ouvert en 2017 apr\u00e8s pr\u00e8s de quatre ans de travaux \u00bb\u201d<\/span><span class=\"s1\">,<\/span><span class=\"s2\">explique Oumar Ndiaye, le mari de la plasticienne aux tenues flamboyantes. Des travaux m\u00fbris et r\u00e9fl\u00e9chis, avec un parti pris : <\/span><span class=\"s1\">\u201cB\u00e2tir avec des mat\u00e9riaux de r\u00e9cup\u00e9ration \u00bb,\u201d<\/span><span class=\"s2\">du bois de palettes principalement et d\u2019\u00e9normes pneus. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9s dans une d\u00e9charge pr\u00e8s du port de la capitale, ils meublent le rez-de-chauss\u00e9e et habillent les pilotis qui soutiennent deux \u00e9tages, l\u2019un pour les expositions temporaires, l\u2019autre pour l\u2019atelier et la r\u00e9sidence d\u2019artistes avec ses deux chambres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Amy Sow ne passe pas inaper\u00e7ue dans cette R\u00e9publique islamique de Mauritanie fonci\u00e8rement patriarcale o\u00f9 le droit des femmes progresse moins vite que le d\u00e9sert. <\/span><span class=\"s1\">\u201cMon art s\u2019oriente sur les violences li\u00e9es au genre \u00bb\u201d<\/span><span class=\"s1\">,<\/span><span class=\"s2\">pr\u00e9cise cette francophone de 43 ans qui refuse tout h\u00e9ritage misogyne et toute ali\u00e9nation intellectuelle. Elle-m\u00eame victime d\u2019une agression sexuelle lorsqu\u2019elle avait 20 ans, elle a intitul\u00e9 l\u2019une de ses pages Facebook \u00ab OsonsD\u00e9noncer \u00bb .<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s3\">Costumi\u00e8re sur le film Timbuktu<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Dans son atelier, cinq sculptures r\u00e9alis\u00e9es en c\u00e2ble \u00e9lectrique t\u00e9moignent d\u2019autant d\u2019histoires vraies de femmes pour qui l\u2019eau est \u00e0 la fois un luxe et un esclavage : <\/span><span class=\"s1\">\u201cElles ont connu le calvaire de la corv\u00e9e d\u2019eau aux rares puits, le remplissage sans fin des guerbas <\/span><span class=\"s2\">(gourde en peau de ch\u00e8vre)<\/span><span class=\"s1\">, du matin quand les rayons du soleil paraissent au-dessus de leurs t\u00eates jusqu\u2019au soir quand le soleil et tout le monde est d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u201cMon engagement f\u00e9ministe est tr\u00e8s fort car la femme reste oblig\u00e9e de s\u2019en tenir au r\u00f4le m\u00e9nager, parce que le gavage existe encore pour que les filles rentrent dans les canons esth\u00e9tiques des hommes. Il faut aussi permettre aux femmes de parler des violences qu\u2019elles subissent et les convaincre que l\u2019autocensure doit s\u2019arr\u00eater.\u201d<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">N\u00e9e dans un pays qui ne s\u2019int\u00e9resse gu\u00e8re aux arts plastiques et qui privil\u00e9gie le patrimoine oral et la musique, elle a eu la chance d\u2019avoir un p\u00e8re douanier mais peintre et guitariste et une m\u00e8re couturi\u00e8re de talent. <\/span><span class=\"s1\">\u201cC\u2019\u00e9tait partout color\u00e9 chez nous \u00bb\u201d<\/span><span class=\"s1\">,<\/span><span class=\"s2\">se souvient-elle. T\u00e9moignage de cet atavisme, sa jeune s\u0153ur, Bana, est devenue styliste et a lanc\u00e9 la marque de v\u00eatements Bana Korel.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En 1999, sans formation artistique, Amy Sow commence \u00e0 peindre et \u00e0 sculpter. Vingt ans plus tard, bien que quasiment ignor\u00e9e par les autorit\u00e9s locales et le minist\u00e8re de la Culture en t\u00eate, elle flirte avec la reconnaissance internationale, notamment gr\u00e2ce \u00e0 sa participation comme costumi\u00e8re plasticienne sur le film <\/span><span class=\"s4\">Timbuktu<\/span><span class=\"s2\">(2014), r\u00e9alis\u00e9 par son compatriote Abderrahmane Sissako.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">L\u2019une des rares artistes mauritaniennes \u00e0 \u00eatre expos\u00e9e en dehors des fronti\u00e8res, Amy Sow a particip\u00e9 aux biennales internationales de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal), Tunis (Tunisie) et Agadir (Maroc). Une de ses \u0153uvres a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e au palais de Chaillot, durant la Conf\u00e9rence de Paris sur les changements climatiques (Cop21), en 2015. \u00c0 Nouakchott, elle a lanc\u00e9 le Festival Libre\u2019Art dont la cinqui\u00e8me \u00e9dition en 2020, financ\u00e9e par l\u2019Union europ\u00e9enne, a r\u00e9uni des artistes du Togo, du Maroc, d\u2019\u00c9thiopie\u2026 Mais trop peu d\u2019artistes plasticiens mauritaniens. <\/span><span class=\"s1\">\u201cSi nous avions une \u00e9cole des Beaux-Arts\u2026\u201d<\/span><span class=\"s2\">se lamente-t-elle. <\/span><span class=\"s1\">\u201cEt des lieux pour cr\u00e9er, et de l\u2019argent pour acheter de la peinture et de la mati\u00e8re, et des m\u00e9c\u00e8nes\u2026 L\u2019art doit continuer \u00e0 vivre pourtant.\u201d<\/span><\/p>\n<p>https:\/\/amp.ouest-france.fr\/monde\/mauritanie\/portrait-en-mauritanie-amy-sow-denonce-les-violences-faites-aux-femmes-avec-ses-peintures-6a360244-cc69-11eb-92d6-fe7c8e2049f5<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ses combats lui valent une notori\u00e9t\u00e9 grandissante. 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