{"id":19445,"date":"2025-11-29T16:09:54","date_gmt":"2025-11-29T16:09:54","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19445"},"modified":"2025-11-29T16:09:54","modified_gmt":"2025-11-29T16:09:54","slug":"politique-biram-ecrit-a-ses-collegues-de-lassemblee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19445","title":{"rendered":"Politique: Biram \u00e9crit \u00e0 ses coll\u00e8gues de l&#8217;Assembl\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, 27 novembre 2025, depuis Gen\u00e8ve, capitale de la Suisse, moi, Biram Ould Dah Ould Abeid, d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale de Mauritanie, Pr\u00e9sident de l\u2019ONG IRA et de la Coalition de l\u2019Opposition Mauritanienne Anti-Syst\u00e8me, adresse, en guise de soutien \u00e0 mes s\u0153urs, les veuves des militaires mauritaniens pendus dans la caserne d\u2019Inal dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, cette lettre aux d\u00e9put\u00e9s du parlement mauritanien. C\u2019est la deuxi\u00e8me fois en huit ans que je leur \u00e9cris, cette fois \u00e0 l\u2019occasion de la manifestation comm\u00e9morant cet assassinat collectif, organis\u00e9e aujourd\u2019hui devant le Conseil des Nations unies.<\/p>\n<p>J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 adress\u00e9 ce m\u00eame message \u00e0 mes coll\u00e8gues d\u00e9put\u00e9s en novembre 2018, depuis ma cellule de prison \u00e0 Nouakchott, \u00e0 la suite d\u2019un appel lanc\u00e9 aux \u00e9lus par la d\u00e9funte M\u00e8re Houleye Sall, pr\u00e9sidente de l\u2019Association des veuves. Elle en appelait alors \u00e0 l\u2019Humanit\u00e9 et \u00e0 la Conscience des repr\u00e9sentants du peuple pour obtenir l\u2019abrogation de la loi d\u2019amnistie qui efface, sans autre forme de proc\u00e8s, les crimes collectifs et les crimes de sang commis le d\u00e9but des ann\u00e9es 90 par l\u2019Etat mauritanien contre les communaut\u00e9s mauritaniennes d\u2019ascendance africaine.<\/p>\n<p>Chers \u00e9lus, honorables coll\u00e8gues,<\/p>\n<p>Je viens de lire un message de notre compatriote octog\u00e9naire, Houleye Sall ; elle interpelle nos qualit\u00e9s de d\u00e9positaires de la repr\u00e9sentation du peuple, dot\u00e9s du pouvoir de l\u00e9gislation dans la R\u00e9publique islamique de Mauritanie. Houleye Sall dirige le Collectif des veuves, suite aux disparitions forc\u00e9es de conjoints et parents masculins, de 1986 \u00e0 1991.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;\u00e9poque, le pouvoir du Colonel Maaouiya Sid\u2019Ahmed Taya, chef de la junte, orchestre une tentative de g\u00e9nocide contre les populations afro-mauritaniennes, par la spoliation des terres et du b\u00e9tail, l\u2019emprisonnement et la torture de cadres, \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants, la d\u00e9portation massive, les ex\u00e9cutions judiciaires et extrajudiciaires d\u2019intellectuels et militaires, et l\u2019\u00e9puration de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat, sur la base exclusive de l\u2019ethnicit\u00e9.<\/p>\n<p>Houleye Sall perdait alors son unique enfant, jeune officier ; comme des centaines d\u2019autres m\u00e8res de famille, elle poursuit depuis une laborieuse entreprise de m\u00e9moire et de r\u00e9paration, en vain, h\u00e9las.<\/p>\n<p>La loi num\u00e9ro 93-23 du 14 juin 1993, en son article premier, \u00e9nonce :<\/p>\n<p>Article premier : \u00ab Amnistie pleine et enti\u00e8re est accord\u00e9e :<\/p>\n<p>Aux membres des forces arm\u00e9es et de s\u00e9curit\u00e9 auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s au sein de ces forces et ayant engendr\u00e9 des actions arm\u00e9es et des actes de violences ;<\/p>\n<p>Aux citoyens mauritaniens auteurs des infractions suite aux actions arm\u00e9es et actes de violences et d\u2019intimidations entrepris durant la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Article 2 : Toute plainte, tout proc\u00e8s-verbal ou document d\u2019enqu\u00eate relatifs \u00e0 cette p\u00e9riode et concernant une personne ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette amnistie, seront class\u00e9s sans suite.<\/p>\n<p>Depuis trente ann\u00e9es, ces braves femmes m\u00e8nent, souvent seules, dans l\u2019indiff\u00e9rence ou l\u2019hostilit\u00e9 d\u2019une partie de l\u2019opinion, un combat qu\u2019aucun juste ne renierait : elles entendent r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9, la faire savoir et r\u00e9habiliter la m\u00e9moire de leurs d\u00e9funts.<\/p>\n<p>Un tel effort consiste \u00e0 publier le projet politique, les causes et conditions des assassinats, la cha\u00eene de commandement, l\u2019ex\u00e9cution et l\u2019occultation. Chaque aspect comporte, li\u00e9es et solidaires, une perception de la responsabilit\u00e9, l\u2019\u00e9vidence d\u2019une sanction et la p\u00e9dagogie du souvenir, pour que la communaut\u00e9 de destin recouvre \u00e0 nouveau du sens. Tous les enjeux de la question renvoient \u00e0 l\u2019\u00c9tat mauritanien.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le pays se targue d\u2019avoir tourn\u00e9 la page des pouvoirs d\u2019exception. Ould Taya poursuit un exil dor\u00e9 au Qatar, mais l\u2019immunit\u00e9 criminelle de 1993 demeure en vigueur, inscrite sur notre table des lois. Au nom de quelle rationalit\u00e9, de quelle humanit\u00e9 pervertie faut-il la maintenir ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, 27 novembre 2025, depuis Gen\u00e8ve, capitale de la Suisse, moi, Biram Ould Dah Ould Abeid, d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale de Mauritanie, Pr\u00e9sident de l\u2019ONG IRA et de la Coalition de l\u2019Opposition Mauritanienne Anti-Syst\u00e8me, adresse, en guise de soutien \u00e0 mes s\u0153urs, les veuves des militaires mauritaniens pendus dans la caserne d\u2019Inal dans la nuit &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15639,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,31],"tags":[],"class_list":["post-19445","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-politique-et-reportages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19445"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19445\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19446,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19445\/revisions\/19446"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}