{"id":19496,"date":"2025-12-02T08:30:37","date_gmt":"2025-12-02T08:30:37","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19496"},"modified":"2025-12-02T01:29:15","modified_gmt":"2025-12-02T01:29:15","slug":"omvs-a-la-veille-du-passage-de-temoin-a-la-guinee-la-situation-nest-pas-bien-reluisante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19496","title":{"rendered":"OMVS : Y a-t-il p\u00e9ril en la demeure?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve S\u00e9n\u00e9gal (OMVS) traverse une mauvaise passe. Entre dettes impay\u00e9es, retards dans la mise en \u0153uvre des projets strat\u00e9giques et gouvernance h\u00e9sitante, l\u2019institution cr\u00e9\u00e9e en 1972 semble s\u2019enfoncer dans une zone de fortes turbulences, malgr\u00e9 les ambitions et directives au plus haut niveau.<\/p>\n<p>Lorsque la pr\u00e9sidence tournante de l\u2019OMVS \u00e9tait revenue \u00e0 Mohamed Ould Ghazouani, en 2023, l\u2019espoir d\u2019une relance \u00e9tait r\u00e9el. Le chef de l\u2019\u00c9tat mauritanien avait \u00e9labor\u00e9 avec ses homologues des trois autres pays un plan de mobilisation de ressources destin\u00e9 \u00e0 financer des projets structurants notamment la navigation fluviale (847 millions USD), le barrage de Koukoutanba en Guin\u00e9e (800 millions USD) et celui de Gourbassi, pour lequel la BAD avait d\u00e9j\u00e0 promis 100 millions USD. La Conf\u00e9rence des Chefs d\u2019Etat avait engag\u00e9 l\u2019ensemble du syst\u00e8me OMVS pour la r\u00e9alisation du programme d\u2019infrastructures commun. Il est toujours en retard.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la proposition du pr\u00e9sident Ghazouani de mise en place d\u2019une Banque de d\u00e9veloppement multilat\u00e9rale pour faciliter la mobilisation des ressources pour le d\u00e9veloppement du bassin du Fleuve S\u00e9n\u00e9gal -pourtant salu\u00e9e par tous les chefs d&#8217;Etat- ne semble pratiquement pas effleur\u00e9e durant le mandat de notre compatriote.<\/p>\n<p>Il est vrai que l&#8217;\u00e9volution normale de l&#8217;organisation et ses ambitions se sont heurt\u00e9es au statu quo ant\u00e9. Les projets sont rest\u00e9s en suspens, englu\u00e9s dans les incertitudes, tout comme l\u2019avenir m\u00eame de l\u2019organisation. Le constat est d\u00e9sormais assum\u00e9 publiquement. Selon le Haut-Commissaire lui-m\u00eame, Mohamed Ould Abdel Vetah \u00ab la plus grande menace qui p\u00e8se actuellement sur l\u2019organisation n\u2019est pas politique, mais financi\u00e8re \u00bb. Une allusion \u00e0 peine voil\u00e9e aux arri\u00e9r\u00e9s du Mali envers la SOGEM, qui pesaient lourdement sur son activit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019audit en dira-t-il long de la situation ?<\/strong><br \/>\nEn avril 2025, l\u2019OMVS a commandit\u00e9 un audit technique, financier et social de ses soci\u00e9t\u00e9s. Plusieurs mois plus tard, aucune clarification notable n\u2019a \u00e9merg\u00e9. Cette opacit\u00e9 alimente les critiques selon lesquelles l\u2019organisation chercherait davantage \u00e0 gagner du temps par des annonces en vogue de modernisation num\u00e9rique au lieu de s\u2019attaquer r\u00e9ellement au d\u00e9ficit de financement qui l\u2019asphyxie.<br \/>\nSymbole de coop\u00e9ration r\u00e9gionale depuis 1972, l\u2019OMVS a longtemps \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e pour son mod\u00e8le de gestion partag\u00e9e des ressources du fleuve S\u00e9n\u00e9gal. Mais aujourd\u2019hui, elle ne semble plus que l\u2019ombre d\u2019elle-m\u00eame. L\u2019Omvs offre le dor\u00e9navant le visage d\u2019une institution profond\u00e9ment fragilis\u00e9e la veille du passage de t\u00e9moin \u00e0 la Guin\u00e9e. Un contexte d\u00e9licat. La Guin\u00e9e, qui a r\u00e9cemment cherch\u00e9 et obtenu seule des financements de 95 millions d\u2019euros aupr\u00e8s de la CEDEAO pour trois microcentrales hydro\u00e9lectriques, devait aussi accueillir en novembre 2025 la seconde \u00e9dition du Forum de l\u2019OMVS \u2014 un \u00e9v\u00e9nement report\u00e9 pour plusieurs semaines encore. Signe fatidique d\u2019une organisation qui se cherche.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;Omvs, une patate chaude?<\/strong><br \/>\nLa Guin\u00e9e va probablement pr\u00e9sider dans quelques semaines le conseil des chefs d\u2019Etat. Ce sera aussi dans ce pays qu\u2019interviendra le choix, en 2026, du prochain Haut-Commissaire. Une \u00e9ch\u00e9ance majeure, alors que l\u2019institution est toujours en qu\u00eate de stabilit\u00e9, de cr\u00e9dibilit\u00e9 et surtout de solvabilit\u00e9.<br \/>\nMalgr\u00e9 les discours volontaristes, le constat est que la sant\u00e9 de l\u2019institution s&#8217;est d\u00e9grad\u00e9e, rattrap\u00e9e par ses vieux travers : lenteurs, blocages, crispations financi\u00e8res et gouvernance approximative. Autant de facteurs qui viennent ternir l\u2019id\u00e9al d\u2019un d\u00e9veloppement solidaire et durable autour du fleuve S\u00e9n\u00e9gal. Tout cela est bien loin de l\u2019ambition que lui pr\u00e9disait le pr\u00e9sident en exercice Mohamed Ould Ghazouani.<br \/>\nL\u2019organisation naviguerait aujourd\u2019hui \u00e0 vue. Son avenir sera donc fonction des solutions idoines que le prochain sommet des chefs d\u2019Etat mettra rapidement en \u0153uvre pour parer au plus press\u00e9. C\u2019est \u00e0 se demander enfin s\u2019il ne faut pas craindre le pire pour la survie de l\u2019organisation. Wait and see !<br \/>\nJ.D<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve S\u00e9n\u00e9gal (OMVS) traverse une mauvaise passe. Entre dettes impay\u00e9es, retards dans la mise en \u0153uvre des projets strat\u00e9giques et gouvernance h\u00e9sitante, l\u2019institution cr\u00e9\u00e9e en 1972 semble s\u2019enfoncer dans une zone de fortes turbulences, malgr\u00e9 les ambitions et directives au plus haut niveau. 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