{"id":19535,"date":"2025-12-03T13:26:23","date_gmt":"2025-12-03T13:26:23","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19535"},"modified":"2025-12-03T13:26:23","modified_gmt":"2025-12-03T13:26:23","slug":"mauritanie-la-farine-de-poisson-victime-dune-vision-reductrice-acteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=19535","title":{"rendered":"Mauritanie : la farine de poisson victime d\u2019une vision r\u00e9ductrice (acteur)"},"content":{"rendered":"<p>Dans un entretien avec nos confr\u00e8res du \u00ab Le Quotidien \u00bb s\u00e9n\u00e9galais, Mohamed Lemine Areira, l\u2019un des acteurs dominants du sous-secteur de la farine de poisson met en garde contre le fait que derri\u00e8re la pol\u00e9mique sur la farine de poisson se cache un secteur halieutique \u00e0 l\u2019agonie.<\/p>\n<p>\u00c0 Nouadhibou, capitale \u00e9conomique de la Mauritanie, les chemin\u00e9es des usines de farine et d\u2019huile de poisson tourneraient au ralenti. Sur les 29 unit\u00e9s existantes, seule une moiti\u00e9 fonctionne encore mart\u00e8le Mohamed Lemine Ould Areira dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 un journal s\u00e9n\u00e9galais.<br \/>\nAu c\u0153ur de cette crise, Areira, acteur reconnu de la fili\u00e8re, tire la sonnette d\u2019alarme : \u00ab Le secteur frise l\u2019arr\u00eat total si rien n\u2019est fait. \u00bb<br \/>\nProduction en chute libre : un effondrement in\u00e9dit<br \/>\nLe  constat dress\u00e9 par Ould Areira est sans appel : les exportations, qui atteignaient autrefois 200 000 tonnes de farine et 80 000 tonnes d\u2019huile de poisson, sont tomb\u00e9es \u00e0 respectivement 70 000 et 20 000 tonnes. Par ailleurs, l\u2019activit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e9rait entre 2018 et 2021, 500 millions USD en devises, peinait \u00e0 en faire 100 millions USD en 2024.<br \/>\nPour l\u2019interview\u00e9, cette chute s\u2019explique par des causes structurelles ignor\u00e9es depuis trop longtemps : zonage inadapt\u00e9, destruction des juv\u00e9niles par les senneurs, incursions dans les zones sensibles du banc d\u2019Arguin, absence de r\u00e9gularisation des p\u00eacheurs \u00e9trangers, et lenteurs administratives paralysantes. Autant de facteurs qui privent, selon lui, les usines de leur mati\u00e8re premi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Une fili\u00e8re indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale<\/strong><\/p>\n<p>Mohamed Ould Areira rejette la vision r\u00e9ductrice de l\u2019activit\u00e9 et pr\u00e9tend que cette industrie ne se contente pas d\u2019exporter : elle fait vivre des milliers de Mauritaniens : ouvriers, p\u00eacheurs, transporteurs, techniciens de maintenance, agents portuaires\u2026 Dans les villes c\u00f4ti\u00e8res comme Nouadhibou ou Ndiago, la fili\u00e8re constitue l\u2019un des rares p\u00f4les d\u2019emploi stables pour les jeunes et les femmes.<br \/>\nLes sous-produits transform\u00e9s \u2014 ar\u00eates, visc\u00e8res, t\u00eates, r\u00e9sidus de filetage \u2014 permettent de r\u00e9duire le gaspillage tout en alimentant des march\u00e9s internationaux essentiels : engrais agricoles, aliments pour l\u2019aquaculture, cosm\u00e9tiques et produits pharmaceutiques riches en om\u00e9ga 3.<br \/>\nMais pour M. Areira, cette colonne vert\u00e9brale \u00e9conomique est aujourd\u2019hui en train de se briser sur les vagues.<br \/>\nOuld Areira r\u00e9fute la mauvaise publicit\u00e9 faite \u00e0 l\u2019activit\u00e9 notamment sur les r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 l\u2019industrie est souvent d\u00e9crite comme un fl\u00e9au \u00e9cologique. \u00ab Les usines op\u00e8rent dans un cadre r\u00e9glementaire strict. Des contr\u00f4les sont effectu\u00e9s, et beaucoup ont investi dans des syst\u00e8mes de traitement des eaux us\u00e9es et d\u2019\u00e9puration des fum\u00e9es. \u00bb<br \/>\nIl reconna\u00eet toutefois que des manquements existent \u2014 comme dans tout secteur industriel \u2014 mais d\u00e9nonce leur g\u00e9n\u00e9ralisation abusive. Selon lui, les progr\u00e8s technologiques r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es sont rarement port\u00e9s \u00e0 la connaissance du public, alimentant un foss\u00e9 entre perception et r\u00e9alit\u00e9 d\u2019o\u00f9 la d\u00e9sinformation dont p\u00e2tirait l\u2019activit\u00e9.<br \/>\nPour lui, la pol\u00e9mique actuelle est largement entretenue par un manque de communication institutionnelle et par des campagnes \u00e9motionnelles sur les r\u00e9seaux sociaux.<br \/>\nLes images virales de d\u00e9chets en mer ou d\u2019odeurs naus\u00e9abondes ne prennent pas en compte l\u2019ensemble du processus industriel ni les efforts environnementaux r\u00e9alis\u00e9s. Pour lui, l\u2019objectif est de promouvoir une cohabitation harmonieuse entre production, environnement et soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nIl appelle \u00e0 un d\u00e9bat plus \u00e9quilibr\u00e9, fond\u00e9 sur les donn\u00e9es, les inspections r\u00e9elles et une transparence accrue du minist\u00e8re des P\u00eaches avant d\u2019exhorter \u00e0 des r\u00e9formes comme le zonage pour aligner la p\u00eache sur les zones de migration des esp\u00e8ces ; la r\u00e9duction de la fiscalit\u00e9 jug\u00e9e punitive (24 % du chiffre d\u2019affaires)\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un entretien avec nos confr\u00e8res du \u00ab Le Quotidien \u00bb s\u00e9n\u00e9galais, Mohamed Lemine Areira, l\u2019un des acteurs dominants du sous-secteur de la farine de poisson met en garde contre le fait que derri\u00e8re la pol\u00e9mique sur la farine de poisson se cache un secteur halieutique \u00e0 l\u2019agonie. \u00c0 Nouadhibou, capitale \u00e9conomique de la Mauritanie, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19537,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,2],"tags":[],"class_list":["post-19535","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19535","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19535"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19535\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19538,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19535\/revisions\/19538"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/19537"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}