{"id":2148,"date":"2022-09-29T14:47:47","date_gmt":"2022-09-29T14:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=2148"},"modified":"2022-09-29T14:53:50","modified_gmt":"2022-09-29T14:53:50","slug":"la-peche-artisanale-du-poulpe-quels-effets-ecologiques-sociaux-et-economiques-des-mesures-de-gestion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=2148","title":{"rendered":"La p\u00eache artisanale du poulpe : Quels effets \u00e9cologiques, sociaux et \u00e9conomiques des mesures de gestion?"},"content":{"rendered":"<p>Le poulpe Octopus vulgaris est une esp\u00e8ce c\u00f4ti\u00e8re, qui vit dans les profondeurs de 35 \u00e0 150 m. Dans la zone mauritanienne, de par le volume d\u00e9barqu\u00e9 (30 000 tonnes par an environ lors des p\u00e9riodes vastes) il rev\u00eat une grande importance sociale (12 000 emplois directs) et \u00e9conomique (de 6 000 \u00e0 14 000 dollars am\u00e9ricains la tonne, suivant les cat\u00e9gories commerciales et les prix sur le march\u00e9 international). C\u2019est une esp\u00e8ce \u00e0 dur\u00e9e de vie courte (12 \u00e0 14 mois). Son cycle de vie s\u2019ach\u00e8ve apr\u00e8s la premi\u00e8re reproduction par sa mort. Ces deux caract\u00e9ristiques biologiques rendent la gestion de cette ressource halieutique extr\u00eamement difficile.<br \/>\nLa p\u00eache artisanale mobilise environ 7000-8000 embarcations, dont plus de la moiti\u00e9 est concentr\u00e9e \u00e0 Nouadhibou en plus des bateaux c\u00f4tiers construits par la Chantier Naval de Mauritanie (CNM). Une grande partie de ce parc s\u2019adonne, au moins occasionnellement, \u00e0 la reprise apr\u00e8s le repos biologique \u00e0 la p\u00eache du poulpe. Fort de plusieurs atouts, ce mode de p\u00eache artisanale est responsable certaines ann\u00e9es du pr\u00e9l\u00e8vement de 70 % de la capture du poulpe et dans tous les cas plus de 50 % alors que son quota actuel repr\u00e9sente 20 %.<br \/>\nLes raisons de cette performance de la p\u00eache artisanale du poulpe sont multiples. i) Pendant la derni\u00e8re d\u00e9cennie elle a connu une dynamique sans pr\u00e9c\u00e9dent avec un rythme de croissance annuel de 300 nouvelles unit\u00e9s de p\u00eache (acc\u00e8s quasi-libre) ; ii) l\u2019investissement initial, le co\u00fbt de production du poulpe et le niveau de technicit\u00e9 requis pour l\u2019\u00e9quipage sont limit\u00e9s ; iii) la r\u00e9partition g\u00e9n\u00e9ralement assez c\u00f4ti\u00e8re du poulpe le rend plus accessible \u00e0 ce segment pendant au moins une bonne partie de l\u2019ann\u00e9e ; iv) la proportion des juv\u00e9niles y est beaucoup plus faible qu\u2019au niveau de la p\u00eache hauturi\u00e8re. v) elle cr\u00e9e 3 \u00e0 4 fois plus d\u2019emploi par tonne produite que la p\u00eache hauturi\u00e8re ; vi) pour la m\u00eame cat\u00e9gorie commerciale de poulpe, en raison d\u2019une meilleure qualit\u00e9, le diff\u00e9rentiel de prix g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9barqu\u00e9 par la p\u00eache artisanale peut atteindre 1000 US $ la tonne (soit 15 \u00e0 20% de gain de prix) par rapport \u00e0 celui de condition acceptable captur\u00e9 par la p\u00eache hauturi\u00e8re.<br \/>\nLors de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e et l\u2019ann\u00e9e en cours, les biomasses et les rendements \u00e9taient relativement satisfaisants. Cependant, la biomasse de cette esp\u00e8ce est rarement \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre. Elle est affect\u00e9e \u00e0 la fois par les fluctuations de l\u2019environnement marins et par la pression de p\u00eache. L\u2019abondance de cette esp\u00e8ce \u00e0 vie courte, donc difficile \u00e0 pr\u00e9voir, est tr\u00e8s variable et r\u00e9agit rapidement \u00e0 de nombreux facteurs de for\u00e7age comme les changements environnementaux (intensit\u00e9 de l\u2019upwelling qui est la principale source d\u2019enrichissement en production primaire, base de la chaine trophique de notre zone ; temp\u00e9rature de l\u2019eau, salinit\u00e9), les interactions biologiques (fluctuations de l\u2019abondance des proies et celles des pr\u00e9dateurs), la p\u00eache.<br \/>\nPour \u00e9viter l\u2019effondrement de cette ressource strat\u00e9gique, observ\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement lorsque la pression de p\u00eache est tr\u00e8s forte, comme c\u2019est le cas actuellement dans notre zone, et lorsque les conditions du milieu deviennent d\u00e9favorables (upwelling faible suite \u00e0 une relaxation des aliz\u00e9s lors d\u2019une p\u00e9riode critique comme la saison de reproduction principale avril-mai), l\u2019Etat, qui reste le propri\u00e9taire de cette ressource, a mis en place un nouveau plan d\u2019am\u00e9nagement en 2018, le troisi\u00e8me depuis le milieu des ann\u00e9es 2000. C\u2019est un processus dont la finalit\u00e9 est l\u2019ajustement de l\u2019effort de p\u00eache \u00e0 l\u2019\u00e9tat de la ressource.<br \/>\nAu d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, dans la zone de Dakhla, juste apr\u00e8s le retrait de cette zone de la flotte de c\u00e9phalopodiers europ\u00e9ens en 1999, ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes, \u00e0 savoir des conditions du milieu d\u00e9favorables et une tr\u00e8s forte pression exerc\u00e9e par la p\u00eache domestique, ont agi de concert et un effondrement aux cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e. Les chiffres des captures du poulpe parlent d\u2019eux-m\u00eames : 107 000 tonnes en 2000, 96 000 en 2001, 57 000 en 2002 et uniquement 16 000 tonnes en 2003.<br \/>\nVoyant la catastrophe arriver, un plan d\u2019am\u00e9nagement du poulpe a \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre en 2001. Il \u00ab limite \u00bb les quotas du poulpe \u00e0 88 000 tonnes par an dont 45 000 reviennent \u00e0 la p\u00eache hauturi\u00e8re, 33 000 tonnes \u00e0 la fili\u00e8re artisanale et 10 000 tonnes \u00e0 la c\u00f4ti\u00e8re. Pourtant l\u2019Institut National de Recherche Halieutique (INRH, \u00e9quivalent de l\u2019IMROP) a indiqu\u00e9 que la ressource ne peut pas supporter une pression de p\u00eache sup\u00e9rieure \u00e0 55 000 tonnes. Puisque le volet social se taillait la part du lion comme fondement premier dans la prise de d\u00e9cisions, ces r\u00e9sultats scientifiques, jug\u00e9s certainement pessimistes, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte.<br \/>\nEn 2003, \u00e9clate une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent de la p\u00eache poulpi\u00e8re dans la zone de Dakhla. Les recettes d\u2019exportation ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9es par 10, passant de 200 millions de $US en 2002 \u00e0 20 millions de $US en 2003. Un arr\u00eat biologique de 1er septembre 2003 au 31 avril 2004 (soit 8 mois) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9. 10 000 marins p\u00eacheurs \u00e9taient au ch\u00f4mage et sans ressources. Une gr\u00e8ve de la faim et des sit in de ces marins p\u00eacheurs ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s devant le si\u00e8ge du Minist\u00e8re des p\u00eaches en f\u00e9vrier 2004.<br \/>\nPour juguler cette crise, la mesure phare a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9duction du nombre des navires pour chacun des segments et\/ou les captures.<br \/>\nAinsi, le nombre des navires hauturiers a \u00e9t\u00e9 maintenu \u00e0 280 unit\u00e9s mais leur quota individuel a baiss\u00e9 de 33 %. Il est pass\u00e9 de 160 tonnes \u00e0 107 tonnes par an. Dans notre pays il \u00e9tait d\u2019environ 150 tonnes de 2016 an jusqu\u2019en 2019. Depuis cette date, ce quota est de 110 tonnes. Pour compenser cette r\u00e9duction, 300 t de divers d\u00e9mersaux autre le merlu et les crustac\u00e9s pourrait \u00eatre accord\u00e9es \u00e0 l\u2019armateur qui en fait la demande.<br \/>\nPour la p\u00eache c\u00f4ti\u00e8re, le nombre de navires immatricul\u00e9s \u00e0 Dakhla ou El Aioun est pass\u00e9 de 280 \u00e0 100 unit\u00e9s.<br \/>\nEnfin au niveau de la p\u00eache artisanale, seules 2500 barques ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de licence contre 7500 unit\u00e9s au paravent.<br \/>\nCe plan d\u2019am\u00e9nagement est accompagn\u00e9 d\u2019autres mesures concernant le maillage des filets, r\u00e9vis\u00e9 \u00e0 la hausse, l\u2019interdiction de p\u00eacher \u00e0 moins de 12 miles nautiques des c\u00f4tes, le contr\u00f4le des navires et du volume de leur prise etc\u2026<br \/>\nDes scientifiques de l\u2019IMROP se demandaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque quelles \u00e9taient les raisons qui ont permis aux p\u00eacheries mauritaniennes de poulpe Nouadhibou d\u2019\u00e9viter cette situation catastrophique v\u00e9cue \u00e0 Dakhla, \u00e0 moins de 500 km. Ils ont constat\u00e9 que de part et d\u2019autre les conditions du milieu \u00e9taient identiques et d\u00e9favorables (chute sensible de l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019Upwelling) avec comme corollaire une baisse tout aussi sensible de la biomasse de cette esp\u00e8ce. Un groupe de travail de l\u2019IMROP, organis\u00e9 en 2002, avait obtenu sur la base de simulation, que dans des conditions environnementales favorables, le potentiel de production du poulpe pourrait d\u00e9passer 42.000 t. A l\u2019inverse, des ann\u00e9es de faible upwelling entra\u00eeneraient un faible recrutement et un potentiel de production inf\u00e9rieur \u00e0 26.000 t. Ces travaux ont confirm\u00e9 un diagnostic de surexploitation et la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire l\u2019effort de p\u00eache effectif, afin d\u2019am\u00e9liorer les rendements et d\u2019accro\u00eetre la biomasse de l\u2019esp\u00e8ce. Dans la zone mauritanienne, l\u2019exc\u00e9dent d\u2019effort de p\u00eache sur le poulpe \u00e9tait estim\u00e9 par ce groupe de travail \u00e0 environ 25%. Dans la zone de Dakhla, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode par l\u2019INRH \u00e0 plus de 60 %. C\u2019est donc au niveau de l\u2019intensit\u00e9 excessive de la pression de p\u00eache exc\u00e9dentaire qu\u2019il faudra rechercher l\u2019une des principales causes de cet effondrement dans la zone de Dakhla.<br \/>\nUne deuxi\u00e8me raison resid\u00e9rait dans le poids minimum de poulpe \u00e9visc\u00e9r\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 \u00eatre captur\u00e9. En Mauritanie, il est de 500 gr, au S\u00e9n\u00e9gal et au Maroc, il variait \u00e0 l\u2019\u00e9poque entre 350 et 400 gr. La Mauritanie a subi une forte pression de la part de l\u2019Union europ\u00e9enne pour r\u00e9duire la taille de premi\u00e8re capture du poulpe et s\u2019aligner \u00e0 ces deux autres pays. Dans le cadre de l\u2019accord de p\u00eache, l\u2019Union disposait encore d\u2019une forte flotte de c\u00e9phalopodiers autoris\u00e9e \u00e0 p\u00eacher le poulpe dans la zone mauritanienne. L\u2019IMROP, qui est \u00e0 l\u2019origine de cette mesure, s\u2019est vu confi\u00e9e cette question de r\u00e9vision de la taille de premi\u00e8re capture par le MPEM. Pour infl\u00e9chir la position de l\u2019IMROP sur cette question sur des bases scientifiques, l\u2019Union europ\u00e9enne a mobilis\u00e9 un scientifique du Maroc et un autre du S\u00e9n\u00e9gal en plus d\u2019un scientifique europ\u00e9en. La r\u00e9union, tenue \u00e0 cet effet au si\u00e8ge de l\u2019IMROP \u00e0 Nouadhibou, n\u2019a pas abouti \u00e0 une proposition de la r\u00e9vision de cette mesure. L\u2019institution de recherche mauritanienne a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019importance de cette mesure dans la politique de pr\u00e9servation de cette ressource. Suite \u00e0 l\u2019effondrement du stock de poulpe de Dakhla \u00e0 partir de 2003, l\u2019Union europ\u00e9enne a interdit en 2004 la commercialisation sur son territoire de poulpe dont le poids \u00e9visc\u00e9r\u00e9 est inf\u00e9rieur \u00e0 500 gr.<br \/>\nEn Mauritanie, le premier plan d\u2019am\u00e9nagement de la p\u00eacherie du poulpe a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de 2002 \u00e0 travers un processus participatif. Il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en 2006 par le Conseil de Ministres.<br \/>\nEn g\u00e9n\u00e9ral, la p\u00eache pourrait \u00eatre r\u00e9gul\u00e9e par le contr\u00f4le des &#8220;inputs ; entr\u00e9e&#8221; ou des &#8220;outputs ; sorties&#8221; ou une combinaison des deux. Au d\u00e9part, la Mauritanie avait privil\u00e9gi\u00e9 le contr\u00f4le des entr\u00e9es. Cette politique pr\u00f4nait la cr\u00e9ation des aires marines prot\u00e9g\u00e9es (sans effet sur la pr\u00e9servation du poulpe qui est absent jusqu\u2019\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment du PNBA), la limitation des caract\u00e9ristiques des navires, des engins de p\u00eache, du maillage, l\u2019instauration des zonages, des repos biologiques et les licences de p\u00eache attribu\u00e9es \u00e0 tour de bras \u00e0 la p\u00eache artisanale. Cette approche a montr\u00e9 ses limites et les p\u00eacheurs, qui ont toujours une longueur d\u2019avance par rapport \u00e0 la r\u00e9glementation, ont trouv\u00e9 des moyens pour contourner ces r\u00e8gles. Le gel de l\u2019effort sur les esp\u00e8ces de fonds notamment les c\u00e9phalopodes d\u00e9cr\u00e9t\u00e9s depuis 1997 ne s\u2019appliquait pas \u00e0 la p\u00eache artisanale et c\u00f4ti\u00e8re de telle sorte que la capacit\u00e9 de la p\u00eache de ces deux segments n\u2019est toujours pas ma\u00eetris\u00e9e. Pour la p\u00eache artisanale poulpi\u00e8re, le nombre de pots dans chaque s\u00e9rie et le nombre de s\u00e9rie par navire n\u2019\u00e9taient pas appliqu\u00e9 avant le dernier plan d\u2019am\u00e9nagement du poulpe dont la mise en \u0153uvre effective a fait grincer des dents.<br \/>\nSuite \u00e0 la diminution des rendements et en compl\u00e9ment \u00e0 ce dispositif, le recours au contr\u00f4le des \u00ab outputs \u00bb sous la forme des quotas individuels transf\u00e9rables apr\u00e8s cinq ans d\u2019exploitation de la concession, est retenu comme \u00e9tant une orientation forte des diff\u00e9rents plans d\u2019am\u00e9nagement du poulpe.<br \/>\nAfin de corriger ce dysfonctionnement, observ\u00e9 par le pass\u00e9 dans presque toutes les p\u00eacheries du monde, ces plans d\u2019am\u00e9nagement de la p\u00eacherie poulpe en Mauritanie, ont instaur\u00e9, lorsque les conditions seront r\u00e9unies, des quotas individuels transf\u00e9rables (QIT). Cette option est consid\u00e9r\u00e9e comme un moyen de gestion id\u00e9al qui met en ad\u00e9quation la question de l\u2019\u00e9quilibre du volume des captures \u00e0 celle de la productivit\u00e9 de la ressource.<br \/>\nMalgr\u00e9 plusieurs avantages enregistr\u00e9s pour ce mode de gestion depuis sa mise en \u0153uvre, plusieurs contraventions ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es et parfois verbalis\u00e9es : transbordement de captures du poulpe entre segment, fausses d\u00e9clarations, sous-d\u00e9clarations et les rejets d\u2019individus dont la valeur commerciale est la plus faible. Ce qui complique le suivi de la consommation des quotas par les GCM et le rend plus compliqu\u00e9 et plus co\u00fbteux que d\u2019habitude. Ainsi, le transbordement des captures de poulpe des unit\u00e9s de p\u00eache hauturi\u00e8re vers les unit\u00e9s artisanales, parfois \u00e9pingl\u00e9 par les Gardes C\u00f4tes Mauritaniennes, constitue un important probl\u00e8me surtout dans le contexte mauritanien o\u00f9 les circuits occultes de commercialisation sont presque la r\u00e8gle.<br \/>\nL\u2019attribution d\u2019un quota global pour le segment artisanal a montr\u00e9 une fois de plus ses limites : course aux poissons juste apr\u00e8s la reprise de p\u00eache apr\u00e8s le repos biologique ; augmentation des accidents en mer (prise de risque m\u00eame par mer agit\u00e9e \u00e0 tr\u00e8s agit\u00e9e en raison de la concurrence) ; \u00e9puisement rapide des quotas ; inactivit\u00e9 des embarcations pendant le reste de la saison de p\u00eache, baisse des b\u00e9n\u00e9fices ; destruction des emplois. A contrario, le principal inconv\u00e9nient de l\u2019attribution d\u2019un quota individuel par unit\u00e9 de p\u00eache artisanale est le risque de la concentration des quotas transf\u00e9rables entre les mains de quelques individus ou armements. Une seconde contrainte r\u00e9siderait dans le choix des 2200 embarcations qui doivent en b\u00e9n\u00e9ficier. Suivant une appr\u00e9ciation personnelle, le quota actuel de la p\u00eache artisanale doit \u00eatre multiplier par deux. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par le pass\u00e9 qu\u2019avec 7 tonnes de poulpe par an et par embarcation, le chiffre d&#8217;affaires r\u00e9alis\u00e9 par unit\u00e9 de p\u00eache variait entre 15 et 20 millions de MRO, suivant les prix du march\u00e9. Ce qui parait confortable. Les crit\u00e8res d\u2019acc\u00e8s propos\u00e9s se pr\u00e9sentent dans l\u2019ordre suivant : i) \u00catre mauritanien ; ii) \u00catre propri\u00e9taire embarqu\u00e9, iii) Disposer d\u2019une usine \u00e0 terre sp\u00e9cialis\u00e9e dans le traitement de cette esp\u00e8ce. La concession attribu\u00e9e \u00e0 chaque usine ne doit pas d\u00e9passer les cinq unit\u00e9s de p\u00eache artisanale iv) \u00catre propri\u00e9taire de 3 navires de p\u00eache artisanale et plus ; \u00catre propri\u00e9taire de moins de 3 embarcations. Il faut rappeler que plus le nombre d\u2019acteurs autoris\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer dans la p\u00eache artisanale du poulpe augmente plus les co\u00fbts de la gestion explosent et la complexit\u00e9 s\u2019intensifie.<br \/>\nEn d\u00e9finitive, les importantes r\u00e9formes, notamment juridiques et institutionnelles engag\u00e9es depuis 2015, en particulier la promulgation de la loi de p\u00eache et ses textes d\u2019application constituent des avanc\u00e9es ind\u00e9niables pour consacrer le droit de l\u2019acc\u00e8s aux ressources halieutiques visant \u00e0 am\u00e9liorer les performances et la bonne gouvernance du secteur des p\u00eaches et garantir un meilleur \u00e9tat de sant\u00e9\u0301 notamment du poulpe. Cependant, la mise en \u0153uvre de ces diff\u00e9rents volets importants a d\u00fb faire face a\u0300 des dysfonctionnements majeurs en particulier en mati\u00e8re de d\u00e9passement des quotas du poulpe singuli\u00e8rement par la flotte artisanale.<br \/>\nChercher \u00e0 accro\u00eetre la production halieutique du poulpe et donc les retomb\u00e9es sociales et \u00e9conomiques est une n\u00e9cessit\u00e9 de bon sens. Arriver \u00e0 cet objectif de fa\u00e7on brutale avec une flottille nationale, qui n\u2019aura pas l\u00e0 o\u00f9 aller, en cas de baisse sensible de biomasse, c\u2019est programmer l\u2019\u00e9chec doubl\u00e9 de catastrophes \u00e9cologiques et de forte tensions sociales \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Il importe d\u2019insister sur le risque r\u00e9el d\u2019effondrement de cette esp\u00e8ce, tr\u00e8s instable par nature, en raison de la variabilit\u00e9 impr\u00e9visible et non contr\u00f4lable de l\u2019upwelling, surtout lorsque l\u2019effort de p\u00eache est tr\u00e8s excessif, comme dans la situation actuelle. En cas de crise, les solutions sont limit\u00e9es et sont toute tr\u00e8s contraignantes et difficiles \u00e0 supporter tant au niveau social et \u00e9conomique. Ne gagne-t-on pas, d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, \u00e0 tirer parti des enseignements des exp\u00e9riences tr\u00e8s douloureuses des autres en conciliant production et durabilit\u00e9, plus \u00e9quitable et mieux r\u00e9partie sur le plan spatial, saisonnier et interannuel ?<br \/>\nPar Mahfoudh Ould Sidi via facebook<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le poulpe Octopus vulgaris est une esp\u00e8ce c\u00f4ti\u00e8re, qui vit dans les profondeurs de 35 \u00e0 150 m. Dans la zone mauritanienne, de par le volume d\u00e9barqu\u00e9 (30 000 tonnes par an environ lors des p\u00e9riodes vastes) il rev\u00eat une grande importance sociale (12 000 emplois directs) et \u00e9conomique (de 6 000 \u00e0 14 000 &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2151,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,2,19],"tags":[],"class_list":["post-2148","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-economie","category-tribune"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2148","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2148"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2148\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2152,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2148\/revisions\/2152"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}