{"id":21993,"date":"2026-05-17T09:51:09","date_gmt":"2026-05-17T09:51:09","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=21993"},"modified":"2026-05-17T09:51:09","modified_gmt":"2026-05-17T09:51:09","slug":"nouveau-rapport-la-mobilite-et-la-connectivite-piliers-de-lessor-de-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=21993","title":{"rendered":"Nouveau rapport : la mobilit\u00e9 et la connectivit\u00e9, piliers de l\u2019essor de l\u2019Afrique"},"content":{"rendered":"<p>La Fondation Mo Ibrahim publie un nouveau rapport intitul\u00e9\u00a0<a href=\"https:\/\/thorndonpartners.cmail20.com\/t\/y-l-auljyiy-hutuhyuduh-t\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/thorndonpartners.cmail20.com\/t\/y-l-auljyiy-hutuhyuduh-t\/&amp;source=gmail&amp;ust=1779097169236000&amp;usg=AOvVaw3SovIwvtlCKw_9Y3Cfm4u6\"><em>L\u2019Afrique en mouvement : acc\u00e9l\u00e9rer la mobilit\u00e9 et la connectivit\u00e9<\/em><\/a>, \u00e0 l\u2019occasion du Africa Forward Summit organis\u00e9 \u00e0 Nairobi les 11 et 12 mai.<\/p>\n<p>Ce rapport propose une vue d\u2019ensemble compl\u00e8te de la situation actuelle et des d\u00e9fis \u00e0 relever, en ce qui concerne tant les facteurs \u00ab immat\u00e9riels \u00bb (r\u00e9glementaires et institutionnels) encadrant la mobilit\u00e9 des personnes, des biens et des services \u00e0 travers l\u2019Afrique, que les infrastructures physiques de connectivit\u00e9 au sein d\u2019un continent de plus de 30 millions de km\u00b2, soit plus de sept fois la superficie de l\u2019UE. Il met \u00e9galement en lumi\u00e8re les engagements importants d\u00e9j\u00e0 pris au niveau africain, bien que tous n\u2019aient pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Le rapport souligne l\u2019importance d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la mobilit\u00e9 et la connectivit\u00e9 sur l\u2019ensemble du continent afin de renforcer l\u2019int\u00e9gration continentale et la mise en \u0153uvre effective de la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf), ainsi que de faciliter et d\u2019encourager les migrations r\u00e9guli\u00e8res \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent. Ces deux dimensions sont essentielles pour stimuler la mobilisation des ressources domestiques et ainsi garantir l\u2019autonomie et la souverainet\u00e9 du continent africain.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat est consid\u00e9rable. La pleine mise en \u0153uvre de la ZLECAf devrait porter le commerce intra-africain \u00e0 53 % (contre environ 18 % actuellement), faire cro\u00eetre le secteur manufacturier de 1 000 milliards de dollars, g\u00e9n\u00e9rer 470 milliards de dollars de revenus et cr\u00e9er 14 millions d\u2019emplois d\u2019ici 2035. Concernant les migrations, les donn\u00e9es les plus r\u00e9centes confirment que plus de 72 % des migrants d\u2019Afrique subsaharienne restent sur leur propre continent, \u00e0 la recherche de perspectives \u00e9conomiques et sociales.<\/p>\n<p>Cependant, de nombreux obstacles subsistent en mati\u00e8re de mobilit\u00e9 et de connectivit\u00e9 sur ce vaste continent. Tous n\u00e9cessitent un engagement renforc\u00e9 et conjoint des acteurs politiques et \u00e9conomiques africains ainsi que de leurs partenaires, et pourraient \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019\u00e9changes d\u2019expertise et de bonnes pratiques avec d\u2019autres unions \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le cadre \u00ab immat\u00e9riel \u00bb permettant la mobilit\u00e9, la capacit\u00e9 des citoyens africains \u00e0 circuler librement sur leur propre continent demeure limit\u00e9e. Seuls quatre pays, le Mali, le Niger, le Rwanda et S\u00e3o Tom\u00e9-et-Pr\u00edncipe, ont ratifi\u00e9 le Protocole de l\u2019Union africaine sur la libre circulation des personnes adopt\u00e9 en 2018, les pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 l\u2019opinion publique et \u00e0 la r\u00e9ciprocit\u00e9 continuant de limiter le n\u00e9cessaire engagement des gouvernements. Seuls 28 % des citoyens africains peuvent voyager dans d\u2019autres pays africains sans visa. Par ailleurs, leur capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier ou travailler dans un autre pays africain est entrav\u00e9e par la faible reconnaissance des \u00e9quivalences \u00e9ducatives et professionnelles \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent.<\/p>\n<p>La mobilit\u00e9 des biens et des services \u00e0 travers le continent, essentielle au d\u00e9veloppement du commerce intra-africain, est frein\u00e9e non seulement par les droits de douane, mais aussi par de nombreuses barri\u00e8res non tarifaires, souvent \u00ab poste-fronti\u00e8re \u00bb, telles que les normes sanitaires et phytosanitaires, ainsi que les exigences en mati\u00e8re d\u2019\u00e9tiquetage et d\u2019emballage. Enfin, la convertibilit\u00e9 limit\u00e9e des devises africaines freine les \u00e9changes, entra\u00eenant une perte estim\u00e9e \u00e0 environ 5 milliards de dollars par an en frais de change.<\/p>\n<p>Historiquement con\u00e7ue pour accompagner un mod\u00e8le \u00e9conomique fond\u00e9 sur l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res hors du continent, la connectivit\u00e9 intra-africaine demeure largement obsol\u00e8te et orient\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur, et s\u2019av\u00e8re donc manifestement insuffisante pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019un continent de 30 millions de km\u00b2. Les d\u00e9placements \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent restent plus lents, plus co\u00fbteux et moins directs que des trajets comparables dans toute autre r\u00e9gion du monde.<\/p>\n<p>Le transport terrestre, notamment routier, demeure de loin le principal mode de transport. Pourtant, les r\u00e9seaux routiers sont souvent discontinus et dangereux, tandis que le transport ferroviaire souffre d\u2019une interop\u00e9rabilit\u00e9 limit\u00e9e, de syst\u00e8mes souvent obsol\u00e8tes aux co\u00fbts d\u2019entretien \u00e9lev\u00e9s, ainsi que d\u2019une faible accessibilit\u00e9 pour les voyageurs et le fret. Au moins 13 pays, repr\u00e9sentant environ 17 % de la population du continent, dont beaucoup sont enclav\u00e9s, ne disposent toujours d\u2019aucun acc\u00e8s ferroviaire direct \u00e0 la mer. Le transport a\u00e9rien intra-africain progresse, mais \u00e0 partir d\u2019une base tr\u00e8s faible, et reste co\u00fbteux et l\u00e0 encore principalement tourn\u00e9 vers l\u2019ext\u00e9rieur. Quant au r\u00e9seau fluvial africain, il demeure un atout largement sous-exploit\u00e9.<\/p>\n<p>Conscients des besoins et des opportunit\u00e9s, les partenaires du continent ont renforc\u00e9 leur engagement en mati\u00e8re d\u2019infrastructures. La Chine notamment, \u00e0 travers les projets des Nouvelles Routes de la Soie, bien que ceux-ci demeurent essentiellement orient\u00e9s vers l\u2019ext\u00e9rieur, reproduisant l\u2019ancien mod\u00e8le d\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res, d\u00e9sormais centr\u00e9 sur les minerais critiques. \u00a0La strat\u00e9gie europ\u00e9enne Global Gateway repr\u00e9sente quant \u00e0 elle un investissement et un engagement majeurs visant \u00e0 renforcer les infrastructures internes du continent, autour de 55 \u00ab corridors strat\u00e9giques \u00bb, dont 12 identifi\u00e9s comme \u00ab corridors prioritaires \u00bb maillant la majeure partie de l\u2019Afrique subsaharienne. Il reste que ces investissements reposent actuellement sur des secteurs comme l\u2019acier et le ciment, dont il faudra r\u00e9duire l\u2019intensit\u00e9 carbone et que ces infrastructures nouvelles devront r\u00e9sister aux impacts du changement climatique. Tout cela entra\u00eenera une augmentation des co\u00fbts.<\/p>\n<p>En conclusion, investir pour renforcer \u00e0 la fois la mobilit\u00e9 et la connectivit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent pr\u00e9sente des opportunit\u00e9s \u00e9videntes compte tenu de la demande existante, ainsi que de son impact positif manifeste sur l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique continentale, sur les perspectives d\u2019emploi pour une jeunesse en forte croissance et sur le renforcement des migrations r\u00e9guli\u00e8res au sein du continent. Cela appelle des actions conjointes de la part des gouvernements africains, dont l\u2019engagement politique reste indispensable sur de nombreux points cl\u00e9s, ainsi que de leurs partenaires \u2014 pas seulement \u00e0 travers des engagements financiers, mais \u00e9galement via des \u00e9changes d\u2019expertise et de bonnes pratiques.<\/p>\n<p><strong>Mo Ibrahim, fondateur et pr\u00e9sident de la Fondation, a d\u00e9clar\u00e9<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019Afrique ne pourra exploiter pleinement son potentiel tant que la mobilit\u00e9 au sein de notre continent restera limit\u00e9e et la connectivit\u00e9 obsol\u00e8te et tourn\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur. Nous parlons constamment d\u2019int\u00e9gration africaine, tout en rendant plus difficile pour un citoyen africain de franchir une fronti\u00e8re sur son propre continent que de le quitter compl\u00e8tement. Il faut que cela change. Il est temps d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale \u2014 pour tirer nos propres b\u00e9n\u00e9fices des immenses atouts de notre continent, qu\u2019il s\u2019agisse de ses ressources naturelles ou de sa d\u00e9mographie.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mo.ibrahim.foundation\/sites\/default\/files\/2026-05\/Africa-on-the-move_FR.pdf\">Africa-on-the-move_FR.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Fondation Mo Ibrahim publie un nouveau rapport intitul\u00e9\u00a0L\u2019Afrique en mouvement : acc\u00e9l\u00e9rer la mobilit\u00e9 et la connectivit\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion du Africa Forward Summit organis\u00e9 \u00e0 Nairobi les 11 et 12 mai. 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