{"id":22917,"date":"2026-06-29T00:26:44","date_gmt":"2026-06-29T00:26:44","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=22917"},"modified":"2026-06-29T00:26:44","modified_gmt":"2026-06-29T00:26:44","slug":"mauritanie-au-dela-des-chiffres-du-baccalaureat-2026-lavenir-se-joue-deja","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=22917","title":{"rendered":"Mauritanie : au-del\u00e0 des chiffres du baccalaur\u00e9at 2026, l&#8217;avenir se joue d\u00e9j\u00e0."},"content":{"rendered":"<p>Chaque ann\u00e9e, les chiffres du baccalaur\u00e9at sont attendus avec impatience. Ils alimentent les conversations, suscitent les commentaires, puis disparaissent rapidement de l&#8217;actualit\u00e9. Pourtant, derri\u00e8re ces statistiques se cachent des milliers d&#8217;histoires personnelles, des familles qui placent leurs espoirs dans l&#8217;\u00e9cole et un pays qui pr\u00e9pare, sans toujours en avoir conscience, les femmes et les hommes qui fa\u00e7onneront son avenir.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, 64 532 candidats se pr\u00e9senteront aux \u00e9preuves du baccalaur\u00e9at dans 195 centres r\u00e9partis sur l&#8217;ensemble du territoire. \u00c0 premi\u00e8re vue, il ne s&#8217;agit que d&#8217;un bilan chiffr\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, ces donn\u00e9es racontent beaucoup plus : elles r\u00e9v\u00e8lent les aspirations de la jeunesse mauritanienne, les choix des familles et les priorit\u00e9s, parfois implicites, de notre syst\u00e8me \u00e9ducatif.<\/p>\n<p>Un premier constat s&#8217;impose : la s\u00e9rie des sciences naturelles demeure, de tr\u00e8s loin, la plus pris\u00e9e. Avec plus de 37 000 candidats, elle rassemble pr\u00e8s de six \u00e9l\u00e8ves sur dix. Ce choix est compr\u00e9hensible. Dans l&#8217;imaginaire collectif, devenir m\u00e9decin, pharmacien ou ing\u00e9nieur reste l&#8217;une des voies les plus s\u00fbres vers la r\u00e9ussite sociale et la stabilit\u00e9 professionnelle. Beaucoup de parents encouragent ainsi leurs enfants \u00e0 emprunter cette voie, parfois davantage par souci de leur assurer un avenir que par r\u00e9elle prise en compte de leurs talents ou de leurs aspirations.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;autre extr\u00e9mit\u00e9, les fili\u00e8res math\u00e9matiques et techniques continuent d&#8217;attirer un nombre tr\u00e8s limit\u00e9 de candidats.<\/p>\n<p>Or c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ces domaines que se dessinent les m\u00e9tiers de demain. La r\u00e9volution num\u00e9rique, l&#8217;intelligence artificielle, les \u00e9nergies renouvelables ou encore l&#8217;industrialisation exigent des comp\u00e9tences scientifiques et techniques que la Mauritanie devra d\u00e9velopper si elle veut accompagner les grandes transformations \u00e9conomiques en cours.<br \/>\nPour autant, il serait r\u00e9ducteur d&#8217;opposer les fili\u00e8res scientifiques aux disciplines litt\u00e9raires. Une nation ne se construit pas uniquement avec des ing\u00e9nieurs et des m\u00e9decins. Elle a tout autant besoin de magistrats, d&#8217;enseignants, d&#8217;\u00e9conomistes, de journalistes, de diplomates, de chercheurs et de sp\u00e9cialistes des sciences humaines. Le d\u00e9veloppement est une \u0153uvre collective qui exige la compl\u00e9mentarit\u00e9 des savoirs bien plus que leur mise en concurrence.<\/p>\n<p>C&#8217;est sans doute l\u00e0 que r\u00e9side le v\u00e9ritable enjeu : retrouver un \u00e9quilibre.<br \/>\nL&#8217;objectif ne devrait pas \u00eatre de pousser tous les \u00e9l\u00e8ves vers les m\u00eames fili\u00e8res, mais de permettre \u00e0 chacun d&#8217;exprimer pleinement son potentiel tout en r\u00e9pondant aux besoins du pays. Une politique d&#8217;orientation efficace est celle qui parvient \u00e0 concilier les aptitudes des \u00e9l\u00e8ves, leurs ambitions personnelles et les exigences du d\u00e9veloppement national. Car un d\u00e9s\u00e9quilibre durable entre les diff\u00e9rentes fili\u00e8res finit toujours par produire des p\u00e9nuries de comp\u00e9tences dans certains secteurs et des difficult\u00e9s d&#8217;insertion dans d&#8217;autres.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi d\u00e9passe d&#8217;ailleurs largement l&#8217;organisation des examens. Il commencera v\u00e9ritablement lorsque ces milliers de nouveaux bacheliers chercheront une place \u00e0 l&#8217;universit\u00e9, puis un emploi. C&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que se mesurera la capacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif \u00e0 transformer les dipl\u00f4mes en comp\u00e9tences utiles, et les comp\u00e9tences en moteur de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Au fond, les statistiques du baccalaur\u00e9at ne sont pas de simples donn\u00e9es administratives. Elles nous parlent de la soci\u00e9t\u00e9 que nous sommes et, surtout, de celle que nous voulons devenir.<br \/>\nDerri\u00e8re chaque chiffre, il y a un visage. Derri\u00e8re chaque candidat, il y a une famille qui esp\u00e8re. Derri\u00e8re chaque orientation, il y a un choix qui p\u00e8sera, demain, sur l&#8217;avenir du pays.<\/p>\n<p>Lire ces chiffres avec attention, c&#8217;est donc regarder bien au-del\u00e0 d&#8217;un examen. C&#8217;est s&#8217;interroger sur la Mauritanie que nous pr\u00e9parons aujourd&#8217;hui pour les g\u00e9n\u00e9rations de demain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par Ahmed Mohamed Hamada<\/p>\n<p>\u00c9crivain et analyste politique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque ann\u00e9e, les chiffres du baccalaur\u00e9at sont attendus avec impatience. Ils alimentent les conversations, suscitent les commentaires, puis disparaissent rapidement de l&#8217;actualit\u00e9. 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