{"id":23477,"date":"2026-08-01T11:39:37","date_gmt":"2026-08-01T11:39:37","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=23477"},"modified":"2026-08-01T11:39:37","modified_gmt":"2026-08-01T11:39:37","slug":"sept-annees-de-pouvoir-de-ghazouani-un-bilan-qui-parle-avec-mesure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=23477","title":{"rendered":"Sept ann\u00e9es de pouvoir de Ghazouani : un bilan qui parle avec mesure"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque le parti El Insaf a choisi de comm\u00e9morer le septi\u00e8me anniversaire de l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani \u00e0 travers une s\u00e9rie d\u2019activit\u00e9s politiques, sociales, f\u00e9minines et destin\u00e9es \u00e0 la jeunesse, il \u00e9tait naturel que l\u2019\u00e9v\u00e9nement rev\u00eate une dimension c\u00e9l\u00e9bratoire. Il s\u2019agit, apr\u00e8s tout, du parti de la majorit\u00e9, et l\u2019homme dont on c\u00e9l\u00e8bre l\u2019\u00e9lection en constitue la r\u00e9f\u00e9rence politique.<\/p>\n<p>Mais au-del\u00e0 de l\u2019atmosph\u00e8re des c\u00e9l\u00e9brations, sept ann\u00e9es de pouvoir offrent d\u00e9sormais suffisamment de recul pour observer l\u2019exp\u00e9rience avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et poser une question simple : qu\u2019est-ce qui a r\u00e9ellement chang\u00e9 en Mauritanie depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 2019 ?<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas facile de r\u00e9sumer sept ann\u00e9es de gouvernance en une liste de projets et de chiffres. Un pays ne se transforme pas uniquement \u00e0 coups de b\u00e9ton, et le bilan d\u2019un pouvoir ne se mesure pas seulement au nombre de routes, d\u2019\u00e9coles ou d\u2019h\u00f4pitaux inaugur\u00e9s, aussi importants soient-ils. Il existe d\u2019autres transformations, moins visibles sur les photographies mais parfois plus d\u00e9terminantes dans la vie d\u2019une nation : la nature des rapports entre le pouvoir et la soci\u00e9t\u00e9, le niveau de confiance dans les institutions, le sentiment de s\u00e9curit\u00e9, la pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9tat aux c\u00f4t\u00e9s des plus vuln\u00e9rables et, surtout, la capacit\u00e9 du citoyen \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019\u00c9tat comme le sien.<\/p>\n<p>Lorsque Ghazouani acc\u00e8de au pouvoir, la Mauritanie ne traverse ni crise s\u00e9curitaire majeure ni effondrement \u00e9conomique. Elle sort toutefois d\u2019ann\u00e9es ayant laiss\u00e9 derri\u00e8re elles un certain niveau de crispation politique. Les relations entre le pouvoir et une partie importante de l\u2019opposition et des \u00e9lites \u00e9taient tendues, tandis que le d\u00e9bat public demeurait plus conflictuel qu\u2019il n\u2019aurait d\u00fb l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Progressivement, le climat s\u2019est apais\u00e9.<br \/>\nLes divergences n\u2019ont pas disparu \u2014 et cela n\u2019est d\u2019ailleurs pas souhaitable dans un pays d\u00e9mocratique \u2014, mais la confrontation politique a perdu une partie de sa virulence. Les opposants ont retrouv\u00e9 le chemin du palais pr\u00e9sidentiel, la concertation entre le pouvoir et les diff\u00e9rentes forces politiques est devenue plus habituelle, tandis que le langage de l\u2019exclusion et de la suspicion a recul\u00e9.<\/p>\n<p>Ce changement ne se traduit certes ni par une route que l\u2019on peut inaugurer ni par un b\u00e2timent devant lequel couper un ruban. Il n\u2019en demeure pas moins l\u2019un des acquis importants de cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Ces sept ann\u00e9es n\u2019ont, par ailleurs, rien eu d\u2019ordinaire. La pand\u00e9mie de Covid-19 a apport\u00e9 son lot de fermetures, d\u2019incertitudes et de perturbations \u00e9conomiques. Puis la guerre en Ukraine a provoqu\u00e9 une hausse des prix de l\u2019alimentation et de l\u2019\u00e9nergie. Dans le m\u00eame temps, le Sahel est entr\u00e9 dans une p\u00e9riode de profondes turbulences : coups d\u2019\u00c9tat, expansion des groupes arm\u00e9s, \u00c9tats perdant le contr\u00f4le d\u2019une partie de leur territoire et recomposition acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des alliances r\u00e9gionales et internationales.<\/p>\n<p>Au milieu de cet environnement, la Mauritanie est rest\u00e9e stable.<br \/>\nElle a pr\u00e9serv\u00e9 sa s\u00e9curit\u00e9, \u00e9vit\u00e9 de se laisser entra\u00eener dans les conflits des autres et maintenu des canaux ouverts avec des partenaires aux orientations parfois divergentes. La stabilit\u00e9 mauritanienne est ainsi progressivement apparue comme une exception remarquable dans une r\u00e9gion qui ne cesse de conna\u00eetre des soubresauts.<\/p>\n<p>Nous nous sommes peut-\u00eatre tellement habitu\u00e9s \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9 que nous ne nous arr\u00eatons plus suffisamment sur sa valeur. Pourtant, un simple regard sur la carte du Sahel suffit \u00e0 comprendre que la stabilit\u00e9 n\u2019est jamais un d\u00e9tail dans le bilan d\u2019un pouvoir.<\/p>\n<p>Mais le citoyen ne vit pas seulement de diplomatie et de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\nLorsque l\u2019homme rentre chez lui le soir, ou lorsque la m\u00e8re de famille calcule les d\u00e9penses du foyer, la politique prend une tout autre signification. Elle devient le prix du sac de riz, la facture d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les frais de scolarit\u00e9, le co\u00fbt des m\u00e9dicaments ou encore l\u2019emploi que le fils attend.<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute sous cet angle qu\u2019il faut comprendre la place importante accord\u00e9e \u00e0 la dimension sociale dans le discours de Ghazouani depuis son arriv\u00e9e au pouvoir. Les cat\u00e9gories vuln\u00e9rables, la protection sociale, l\u2019assurance maladie et les transferts mon\u00e9taires ont progressivement occup\u00e9 une place plus importante dans les politiques publiques. La D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la solidarit\u00e9 nationale et \u00e0 la lutte contre l\u2019exclusion, \u00ab Taazour \u00bb, ainsi que les programmes de transferts sociaux et les diff\u00e9rentes interventions en faveur des populations vuln\u00e9rables ont traduit une partie de cette orientation.<\/p>\n<p>La pauvret\u00e9 n\u2019a pas disparu et de nombreuses familles continuent de vivre dans des conditions difficiles. Mais la pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9tat aux c\u00f4t\u00e9s des cat\u00e9gories les plus fragiles est devenue plus visible.<\/p>\n<p>C\u2019est une \u00e9volution importante, car le d\u00e9veloppement perd une grande partie de son sens lorsque les indicateurs progressent tandis que les citoyens les plus vuln\u00e9rables restent en marge.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9cole r\u00e9publicaine a \u00e9galement constitu\u00e9 l\u2019un des projets sociaux les plus ambitieux de cette p\u00e9riode. Son ambition n\u2019\u00e9tait pas uniquement p\u00e9dagogique. Elle traduisait aussi la volont\u00e9 de reconstruire un espace commun entre les Mauritaniens : une \u00e9cole o\u00f9 l\u2019enfant du ministre pourrait s\u2019asseoir sur le m\u00eame banc que celui du fonctionnaire, de l\u2019ouvrier ou d\u2019une famille modeste.<\/p>\n<p>Des \u00e9coles et des salles de classe ont \u00e9t\u00e9 construites, des enseignants recrut\u00e9s et diff\u00e9rentes mesures prises afin d\u2019am\u00e9liorer les conditions du personnel \u00e9ducatif.<br \/>\nMais l\u2019\u00e9quit\u00e9 impose \u00e9galement de reconna\u00eetre que le chemin reste long.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9ducation en Mauritanie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 uniquement celui du manque de b\u00e2timents. Il concerne aussi le niveau des apprentissages, la formation des enseignants, les programmes, la surcharge des classes, l\u2019absent\u00e9isme et les \u00e9carts persistants entre les \u00e9tablissements de la capitale et ceux des villages les plus recul\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9cole r\u00e9publicaine aura donc besoin de plusieurs ann\u00e9es d\u2019efforts pour passer d\u2019une belle id\u00e9e \u00e0 une \u00e9cole r\u00e9ellement performante.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la sant\u00e9, les infrastructures, la couverture sanitaire et l\u2019offre de soins se sont \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9es. L\u2019assurance maladie touche d\u00e9sormais des cat\u00e9gories qui en \u00e9taient auparavant priv\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais le citoyen s\u2019int\u00e9resse finalement moins au nombre d\u2019\u00e9tablissements construits qu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il trouve lorsqu\u2019il franchit leur porte. Il veut un m\u00e9decin, des m\u00e9dicaments, des \u00e9quipements fonctionnels et un accueil respectueux de sa dignit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est probablement l\u00e0 que commence la partie la plus difficile de toute r\u00e9forme sanitaire : passer de la construction d\u2019un h\u00f4pital \u00e0 la construction d\u2019un service de sant\u00e9 de qualit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cet h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Dans les domaines des routes, de l\u2019eau, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et des infrastructures urbaines, le pays s\u2019est transform\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es en un vaste chantier. Certains projets sont visibles chaque matin \u00e0 Nouakchott ; d\u2019autres se d\u00e9ploient dans les villes de l\u2019int\u00e9rieur et dans les villages.<\/p>\n<p>Ces investissements sont importants, mais leur v\u00e9ritable valeur appara\u00eetra lorsque la distance entre le citoyen de la capitale et celui d\u2019un village \u00e9loign\u00e9 se r\u00e9duira, et lorsque l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau, \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou \u00e0 une route bitum\u00e9e ne d\u00e9pendra plus du lieu o\u00f9 l\u2019on est n\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces dossiers, la justice s\u2019est impos\u00e9e comme l\u2019un des chantiers sans lesquels aucun \u00c9tat moderne ne peut v\u00e9ritablement se construire.<\/p>\n<p>La justice n\u2019est pas seulement l\u2019affaire des magistrats et des avocats. Elle repr\u00e9sente le dernier recours du citoyen lorsqu\u2019il estime que son droit a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de la justice ont ouvert un large d\u00e9bat sur la situation du syst\u00e8me judiciaire, ses dysfonctionnements et les r\u00e9formes n\u00e9cessaires. Ils ont d\u00e9bouch\u00e9 sur une vision \u00e0 laquelle diff\u00e9rentes parties ont contribu\u00e9. Le secteur a \u00e9galement connu des avanc\u00e9es en mati\u00e8re d\u2019infrastructures, de l\u00e9gislation et de conditions de travail.<\/p>\n<p>Mais la r\u00e9forme de la justice ne se mesure pas seulement au nombre de nouveaux tribunaux.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable test est \u00e0 la fois plus simple et plus difficile : le citoyen a-t-il le sentiment que la loi le prot\u00e8ge ? Celui qui d\u00e9tient un droit peut-il se tenir face \u00e0 une personne influente avec la certitude que la balance de la justice ne penchera pas en fonction d\u2019un nom, d&#8217;une fonction ou d&#8217;une fortune ?<\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 l\u2019on pourra r\u00e9pondre \u00e0 ces questions par un \u00ab oui \u00bb sans h\u00e9sitation, le pays aura franchi l\u2019\u00e9tape la plus importante de la r\u00e9forme judiciaire.<\/p>\n<p>Et de la justice, on arrive in\u00e9vitablement \u00e0 la question de la corruption, l\u2019un des dossiers les plus sensibles d\u00e8s lors qu\u2019il est question de l\u2019\u00c9tat mauritanien.<\/p>\n<p>Pendant de longues ann\u00e9es, une partie de l\u2019opinion publique a nourri le sentiment que les deniers publics pouvaient \u00eatre dilapid\u00e9s et qu\u2019un responsable pouvait quitter ses fonctions sans avoir \u00e0 rendre compte de sa gestion.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, cette perception a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9branl\u00e9e. Les Mauritaniens ont vu des dossiers ouverts, des responsables compara\u00eetre devant la justice, des organes de contr\u00f4le et d\u2019inspection entrer en action et des affaires li\u00e9es \u00e0 la gestion des deniers publics quitter les conversations priv\u00e9es pour parvenir devant les institutions charg\u00e9es des enqu\u00eates et des proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Il est possible de diverger sur certains de ces dossiers. La politique peut \u00e9galement influencer la mani\u00e8re dont ils sont interpr\u00e9t\u00e9s. Mais il existe un principe sur lequel aucune divergence ne devrait subsister : personne ne doit \u00eatre au-dessus de l\u2019obligation de rendre des comptes.<\/p>\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que commence v\u00e9ritablement la lutte contre la corruption.<br \/>\nMais ce n\u2019est qu\u2019un commencement.<br \/>\nLa corruption ne se combat pas uniquement par les tribunaux et les prisons. Elle se combat aussi en emp\u00eachant les conditions qui permettent son apparition. Elle recule lorsque les march\u00e9s publics sont transparents, lorsque la num\u00e9risation r\u00e9duit le pouvoir discr\u00e9tionnaire des bureaux et des interm\u00e9diaires, lorsque chaque responsable sait qu\u2019un inspecteur peut intervenir \u00e0 tout moment et lorsque la comp\u00e9tence et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 deviennent des voies d\u2019acc\u00e8s aux responsabilit\u00e9s \u00e0 la place du favoritisme, des r\u00e9seaux et du client\u00e9lisme.<\/p>\n<p>Surtout, la lutte contre la corruption doit \u00eatre men\u00e9e sans s\u00e9lectivit\u00e9.<br \/>\nIl n\u2019y aurait aucun sens \u00e0 sanctionner un responsable et \u00e0 en \u00e9pargner un autre ayant commis les m\u00eames faits. De m\u00eame, un discours ferme sur la protection des deniers publics resterait insuffisant s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas accompagn\u00e9 d\u2019institutions de contr\u00f4le fortes et ind\u00e9pendantes.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce terrain que la cr\u00e9dibilit\u00e9 des r\u00e9formes sera mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve dans les prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9conomique, la Mauritanie entre aujourd\u2019hui dans une nouvelle phase.<br \/>\nLe gaz a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre produit \u00e0 partir du champ Grand Tortue Ahmeyim. L\u2019entr\u00e9e de la Mauritanie dans le cercle des pays producteurs de gaz n\u2019est donc plus une promesse sans cesse repouss\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais le gaz ne changera pas la vie des Mauritaniens simplement parce qu\u2019il s\u2019agit de gaz.<\/p>\n<p>Il la changera seulement s\u2019il se transforme en r\u00e9alit\u00e9s qu\u2019ils peuvent voir et ressentir : une meilleure \u00e9cole, un h\u00f4pital performant, de l\u2019eau, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, une route, des investissements et des emplois.<br \/>\nCar la Mauritanie n\u2019est pas pauvre en ressources.<\/p>\n<p>Elle dispose de fer, d\u2019or, de ressources halieutiques et d\u00e9sormais de gaz. Elle poss\u00e8de \u00e9galement des terres, un important cheptel et une position g\u00e9ographique privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n<p>Le paradoxe qu\u2019il faudra \u00e9viter de perp\u00e9tuer est celui d\u2019une terre riche dont une partie des habitants demeure pauvre.<br \/>\nVient ensuite la jeunesse, qui constitue probablement l\u2019un des tests les plus difficiles de tout bilan gouvernemental.<\/p>\n<p>Des programmes de formation, de financement et de soutien aux petites entreprises ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s et des milliers de jeunes en ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. Mais il faut aussi reconna\u00eetre que des milliers d\u2019autres attendent encore leur chance.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat, quels que soient ses efforts, ne pourra jamais employer tout le monde.<br \/>\nCe dont le pays a besoin, c\u2019est d\u2019une \u00e9conomie capable de cr\u00e9er des emplois, d\u2019un v\u00e9ritable secteur priv\u00e9 et d\u2019un environnement permettant au jeune Mauritanien de construire sa propre opportunit\u00e9 au lieu de passer des ann\u00e9es \u00e0 attendre un concours de recrutement dans la fonction publique.<\/p>\n<p>Lorsque le Premier ministre, El Moctar Ould Djay, a d\u00e9clar\u00e9, \u00e0 l\u2019ouverture des activit\u00e9s organis\u00e9es par le parti El Insaf, que la politique dont cette \u00e9tape a besoin est celle o\u00f9 \u00ab le c\u0153ur ne bat que pour la patrie \u00bb, cette formule m\u00e9rite sans doute d\u2019\u00eatre entendue au-del\u00e0 du contexte de la c\u00e9l\u00e9bration.<\/p>\n<p>La Mauritanie n\u2019a pas besoin de ceux qui affirment que tout va bien. Elle n\u2019a pas davantage besoin de ceux qui s\u2019obstinent \u00e0 dire que rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 accompli.<br \/>\nCes deux discours sont injustes envers le pays.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sept ann\u00e9es, il est possible de d\u00e9fendre le bilan de Ghazouani sans tomber dans l\u2019exag\u00e9ration.<\/p>\n<p>Il y a un pays qui a pr\u00e9serv\u00e9 sa s\u00e9curit\u00e9 au milieu d\u2019une r\u00e9gion profond\u00e9ment instable ; un climat politique plus apais\u00e9 ; un \u00c9tat davantage pr\u00e9sent sur le terrain social ; une \u00e9cole publique \u00e0 laquelle on veut redonner son r\u00f4le ; des projets dans les domaines de la sant\u00e9, de l\u2019eau, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et des routes ; un processus de r\u00e9forme de la justice ; une volont\u00e9 de renforcer la culture de la reddition des comptes ; et une \u00e9conomie qui se trouve devant une opportunit\u00e9 historique avec l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e8re gazi\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais il y a aussi des prix qui p\u00e8sent lourdement sur les m\u00e9nages, des jeunes qui attendent un emploi, une \u00e9cole qui doit encore am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de ses enseignements, des h\u00f4pitaux o\u00f9 la qualit\u00e9 du service doit progresser, une administration toujours alourdie par la bureaucratie, une bataille contre la corruption qui est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e et une justice qui doit encore gagner en ind\u00e9pendance, en c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 et en confiance.<br \/>\nReconna\u00eetre ces r\u00e9alit\u00e9s n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la valeur de ce qui a \u00e9t\u00e9 accompli.<\/p>\n<p>La meilleure mani\u00e8re de d\u00e9fendre une exp\u00e9rience politique est peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment de ne pas lui attribuer la perfection.<\/p>\n<p>Le parti El Insaf peut donc faire de ce septi\u00e8me anniversaire autre chose qu\u2019une simple c\u00e9l\u00e9bration des ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es. Il peut en faire \u00e9galement un moment pour regarder vers les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Car ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 doit \u00eatre consolid\u00e9, ce qui a connu des difficult\u00e9s doit \u00eatre corrig\u00e9, et ce qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 entrepris exige le courage de commencer.<br \/>\nAu bout du compte, le citoyen n\u2019aura pas besoin d\u2019un orateur pour lui expliquer que son pays a chang\u00e9 s\u2019il peut lui-m\u00eame constater ce changement chaque matin.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il trouvera une bonne \u00e9cole pour ses enfants, des soins lorsqu\u2019il tombera malade, de l\u2019eau lorsqu\u2019il en aura besoin, une justice qui lui rendra son droit lorsqu\u2019il sera victime d\u2019une injustice et une administration qui le respectera lorsqu\u2019il s\u2019y pr\u00e9sentera ; lorsqu\u2019il saura que les deniers publics sont prot\u00e9g\u00e9s et que les responsables doivent rendre des comptes ; lorsque son fils pourra trouver un emploi gr\u00e2ce \u00e0 ses efforts et \u00e0 ses comp\u00e9tences, il saura par lui-m\u00eame que son pays avance dans la bonne direction.<\/p>\n<p>Et ce jour-l\u00e0, les r\u00e9alisations parleront plus fort que tous les discours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ahmed Mohamed Hamada \u2014 \u00c9crivain et analyste politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque le parti El Insaf a choisi de comm\u00e9morer le septi\u00e8me anniversaire de l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani \u00e0 travers une s\u00e9rie d\u2019activit\u00e9s politiques, sociales, f\u00e9minines et destin\u00e9es \u00e0 la jeunesse, il \u00e9tait naturel que l\u2019\u00e9v\u00e9nement rev\u00eate une dimension c\u00e9l\u00e9bratoire. 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