{"id":23555,"date":"2026-08-02T19:30:52","date_gmt":"2026-08-02T19:30:52","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=23555"},"modified":"2026-08-02T19:07:25","modified_gmt":"2026-08-02T19:07:25","slug":"40-milliards-douguiyas-pour-dakhlet-nouadhibou-lheure-de-la-verite-pour-laction-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=23555","title":{"rendered":"40 milliards d&#8217;ouguiyas pour Dakhlet Nouadhibou : l&#8217;heure de la v\u00e9rit\u00e9 pour l&#8217;action publique"},"content":{"rendered":"<div class=\"xdj266r x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs x126k92a\">\n<div dir=\"auto\">Les grandes nations ne se construisent pas uniquement \u00e0 travers les discours, mais par la qualit\u00e9 des d\u00e9cisions qu&#8217;elles prennent et, surtout, par leur capacit\u00e9 \u00e0 les traduire en r\u00e9alisations concr\u00e8tes. L&#8217;annonce par le Gouvernement d&#8217;un Programme de d\u00e9veloppement de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, dot\u00e9 d&#8217;une enveloppe de quarante milliards d&#8217;ouguiyas (MRU) pour la p\u00e9riode 2026-2029, constitue sans conteste l&#8217;une des initiatives publiques les plus ambitieuses de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Au-del\u00e0 de l&#8217;importance des montants engag\u00e9s, cette d\u00e9cision ouvre un d\u00e9bat beaucoup plus profond sur la conception du d\u00e9veloppement en Mauritanie, sur la gouvernance de la d\u00e9pense publique et sur la responsabilit\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat envers les citoyens.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a\">\n<div dir=\"auto\">Pour ma part, cette annonce rev\u00eat une dimension particuli\u00e8re. Nouadhibou n&#8217;est pas seulement la capitale \u00e9conomique de notre pays ; c&#8217;est aussi la ville o\u00f9 j&#8217;ai grandi, celle qui a fa\u00e7onn\u00e9 une partie de mon parcours, nourri mes ambitions et forg\u00e9 ma compr\u00e9hension des immenses potentialit\u00e9s de la Mauritanie. Je connais ses quartiers, son port, son dynamisme, mais aussi les difficult\u00e9s quotidiennes auxquelles ses habitants sont confront\u00e9s. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que je suis profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 cette ville que je consid\u00e8re qu&#8217;elle m\u00e9rite davantage que des promesses. Elle m\u00e9rite une vision, une m\u00e9thode et une gouvernance irr\u00e9prochable.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Il faut reconna\u00eetre que le programme pr\u00e9sent\u00e9 par le Gouvernement r\u00e9pond \u00e0 des besoins r\u00e9els. L&#8217;am\u00e9lioration des infrastructures scolaires, le renforcement du syst\u00e8me de sant\u00e9, la s\u00e9curisation de l&#8217;approvisionnement en eau potable, la modernisation des r\u00e9seaux \u00e9lectriques, la r\u00e9habilitation des routes, la cr\u00e9ation d&#8217;un port en eau profonde, l&#8217;am\u00e9nagement urbain et les \u00e9quipements destin\u00e9s \u00e0 la jeunesse constituent autant de chantiers indispensables au d\u00e9veloppement de cette r\u00e9gion strat\u00e9gique. Sur le plan des intentions, il serait difficile de contester la pertinence des priorit\u00e9s affich\u00e9es.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Mais l&#8217;exp\u00e9rience \u00e9conomique internationale nous enseigne une le\u00e7on fondamentale : le d\u00e9veloppement ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Il se construit dans la dur\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 des institutions solides, \u00e0 une gestion rigoureuse des finances publiques et \u00e0 une volont\u00e9 constante de placer l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral au-dessus de toute autre consid\u00e9ration. Les pays qui ont r\u00e9ussi leur transformation \u00e9conomique ne sont pas n\u00e9cessairement ceux qui disposaient des ressources financi\u00e8res les plus importantes ; ce sont ceux qui ont fait de la transparence, de la comp\u00e9tence et de la responsabilit\u00e9 les piliers de leur action publique.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Les quarante milliards d&#8217;ouguiyas annonc\u00e9s repr\u00e9sentent un investissement consid\u00e9rable. Ils constituent un engagement envers les contribuables, mais aussi envers les g\u00e9n\u00e9rations futures. L&#8217;argent public n&#8217;est jamais une ressource abstraite. Il provient des richesses produites par la Nation, des recettes fiscales, des ressources naturelles et, parfois, de l&#8217;endettement. Chaque ouguiya d\u00e9pens\u00e9 doit donc produire une valeur \u00e9conomique, sociale ou environnementale clairement identifiable. Dans un contexte o\u00f9 les besoins sont immenses et les ressources limit\u00e9es, l&#8217;efficacit\u00e9 de la d\u00e9pense publique devient une obligation juridique autant qu&#8217;une exigence morale.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le choix de consacrer la plus grande partie de cette enveloppe \u00e0 la r\u00e9alisation d&#8217;un port en eau profonde traduit une vision strat\u00e9gique que l&#8217;on ne peut qu&#8217;encourager. Depuis plusieurs d\u00e9cennies, Nouadhibou occupe une position g\u00e9ographique exceptionnelle \u00e0 la crois\u00e9e des grandes routes maritimes reliant l&#8217;Europe, l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest et les Am\u00e9riques. Pourtant, cette situation privil\u00e9gi\u00e9e n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 pleinement exploit\u00e9e. Les contraintes li\u00e9es aux op\u00e9rations de chargement en rade, les co\u00fbts logistiques suppl\u00e9mentaires et les limitations des infrastructures existantes r\u00e9duisent la comp\u00e9titivit\u00e9 de nos exportations, notamment dans les secteurs de la p\u00eache et des mines.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Un port en eau profonde pourrait changer durablement cette r\u00e9alit\u00e9. Il offrirait \u00e0 la Mauritanie la possibilit\u00e9 de devenir une plateforme logistique r\u00e9gionale capable d&#8217;accueillir des navires de derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, de r\u00e9duire les co\u00fbts de transport et d&#8217;attirer de nouveaux investissements industriels. Toutefois, cette infrastructure ne produira ses effets que si elle s&#8217;inscrit dans une strat\u00e9gie globale int\u00e9grant les r\u00e9seaux routiers, le chemin de fer, les zones industrielles, les entrep\u00f4ts frigorifiques, les services douaniers modernis\u00e9s et une administration portuaire efficace. Un port moderne isol\u00e9 de son environnement \u00e9conomique risque de devenir un investissement sous-utilis\u00e9. Un port connect\u00e9 \u00e0 l&#8217;ensemble de la cha\u00eene logistique devient, en revanche, un puissant moteur de croissance.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;eau constitue un autre enjeu majeur. Les investissements pr\u00e9vus dans ce domaine r\u00e9pondent \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 absolue. Aucune ville ne peut pr\u00e9tendre devenir un grand p\u00f4le industriel ou touristique si son approvisionnement en eau demeure fragile. Le renforcement des capacit\u00e9s de production \u00e0 partir de Boulenouar et la construction de nouvelles infrastructures de traitement repr\u00e9sentent une avanc\u00e9e importante. Mais l\u00e0 encore, la r\u00e9ussite d\u00e9pendra moins de la qualit\u00e9 des ouvrages que de leur gestion. Les r\u00e9seaux devront \u00eatre entretenus, les pertes r\u00e9duites, les ressources pr\u00e9serv\u00e9es et les investissements planifi\u00e9s sur le long terme. L&#8217;histoire des infrastructures africaines regorge de projets inaugur\u00e9s avec enthousiasme avant d&#8217;\u00eatre progressivement d\u00e9grad\u00e9s par l&#8217;absence de maintenance et de suivi technique.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;\u00e9ducation et la sant\u00e9 occupent \u00e9galement une place essentielle dans ce programme. Construire un campus universitaire est une excellente initiative, \u00e0 condition que celui-ci ne soit pas r\u00e9duit \u00e0 une simple r\u00e9alisation immobili\u00e8re. Une universit\u00e9 n&#8217;est pas un ensemble de b\u00e2timents ; elle est avant tout un espace de production du savoir, de recherche scientifique et d&#8217;innovation. Nouadhibou devrait devenir un centre d&#8217;excellence dans les domaines des sciences marines, de l&#8217;\u00e9conomie bleue, des technologies portuaires, des m\u00e9tiers de la p\u00eache, des industries extractives et des \u00e9nergies renouvelables. C&#8217;est en formant les comp\u00e9tences dont l&#8217;\u00e9conomie nationale aura besoin demain que l&#8217;investissement public produira son meilleur rendement.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Au fond, la question essentielle n&#8217;est pas de savoir si quarante milliards d&#8217;ouguiyas seront d\u00e9pens\u00e9s. La v\u00e9ritable question est de savoir comment ils le seront. C&#8217;est ici que la notion de bonne gouvernance prend toute son importance. Trop souvent r\u00e9duite \u00e0 une formule institutionnelle, elle constitue en r\u00e9alit\u00e9 le fondement m\u00eame de l&#8217;\u00c9tat moderne. La bonne gouvernance exige que chaque march\u00e9 public soit attribu\u00e9 dans des conditions de concurrence loyale, que chaque d\u00e9pense soit justifi\u00e9e, que chaque retard soit expliqu\u00e9, que chaque d\u00e9passement de co\u00fbt fasse l&#8217;objet d&#8217;un contr\u00f4le ind\u00e9pendant et que chaque responsable rende compte de sa gestion devant les institutions comp\u00e9tentes et, en d\u00e9finitive, devant les citoyens eux-m\u00eames.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le droit mauritanien offre d\u00e9j\u00e0 un cadre permettant d&#8217;assurer ces exigences. Encore faut-il que les textes soient appliqu\u00e9s avec la m\u00eame rigueur pour tous, sans favoritisme, sans privil\u00e8ge et sans interf\u00e9rence. Les m\u00e9canismes de contr\u00f4le interne doivent \u00eatre renforc\u00e9s, les audits financiers et techniques syst\u00e9matis\u00e9s, les rapports rendus publics et les indicateurs de performance publi\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement. La transparence ne fragilise jamais l&#8217;action publique ; elle lui donne sa l\u00e9gitimit\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">\u00c0 cela s&#8217;ajoute une r\u00e9alit\u00e9 incontournable : les partenaires techniques et financiers accordent aujourd&#8217;hui autant d&#8217;importance \u00e0 la qualit\u00e9 des institutions qu&#8217;\u00e0 la rentabilit\u00e9 des projets. Les investisseurs internationaux recherchent des \u00c9tats o\u00f9 les r\u00e8gles sont stables, o\u00f9 les contrats sont respect\u00e9s et o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 juridique constitue une garantie permanente. Une gouvernance exemplaire repr\u00e9sente donc un avantage \u00e9conomique \u00e0 part enti\u00e8re. Elle r\u00e9duit le co\u00fbt du financement, renforce la confiance et attire des capitaux priv\u00e9s indispensables au d\u00e9veloppement.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Nouadhibou poss\u00e8de tous les atouts pour devenir l&#8217;un des grands p\u00f4les \u00e9conomiques de la fa\u00e7ade atlantique africaine. Son potentiel halieutique, ses ressources mini\u00e8res, sa position g\u00e9ographique, sa proximit\u00e9 avec les march\u00e9s internationaux et les perspectives offertes par l&#8217;\u00e9conomie bleue lui conf\u00e8rent une vocation que peu de villes de la r\u00e9gion peuvent revendiquer. Mais ce potentiel ne se concr\u00e9tisera que si les investissements publics servent de levier au d\u00e9veloppement du secteur priv\u00e9, \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;emplois qualifi\u00e9s, \u00e0 l&#8217;innovation et \u00e0 la diversification de notre \u00e9conomie.<\/div>\n<div dir=\"auto\">En d\u00e9finitive, les quarante milliards d&#8217;ouguiyas annonc\u00e9s ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme une fin en soi. Ils constituent un moyen, et non un objectif. Leur v\u00e9ritable valeur ne se mesurera ni au nombre de chantiers inaugur\u00e9s ni aux c\u00e9r\u00e9monies officielles qui accompagneront leur lancement. Elle se mesurera dans quelques ann\u00e9es, lorsque les citoyens pourront constater que leur acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;eau est devenu plus s\u00fbr, que les soins sont de meilleure qualit\u00e9, que les jeunes trouvent des perspectives d&#8217;avenir, que les entreprises travaillent dans un environnement plus comp\u00e9titif et que Nouadhibou occupe enfin la place qui lui revient naturellement parmi les grandes m\u00e9tropoles \u00e9conomiques de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;Histoire retiendra moins le montant inscrit dans les lois de finances que la mani\u00e8re dont ces ressources auront \u00e9t\u00e9 administr\u00e9es. Car les budgets passent, les gouvernements se succ\u00e8dent, mais les infrastructures bien con\u00e7ues, les institutions solides et la confiance des citoyens demeurent. C&#8217;est \u00e0 cette exigence que devra r\u00e9pondre ce programme. Enfant de Nouadhibou, je forme le v\u0153u que cette ambition devienne une r\u00e9f\u00e9rence nationale en mati\u00e8re de gouvernance, de transparence et d&#8217;efficacit\u00e9 publique. Si tel est le cas, ces quarante milliards d&#8217;ouguiyas ne repr\u00e9senteront pas seulement un investissement pour une wilaya ; ils marqueront le commencement d&#8217;une nouvelle mani\u00e8re de penser le d\u00e9veloppement en Mauritanie.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;analyse du programme appelle \u00e9galement une r\u00e9flexion plus large sur la notion m\u00eame de d\u00e9veloppement. Pendant longtemps, celui-ci a \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9 \u00e0 une succession d&#8217;ouvrages : construire une route, \u00e9difier un h\u00f4pital, inaugurer une \u00e9cole ou am\u00e9nager un boulevard suffisait \u00e0 donner l&#8217;impression que le progr\u00e8s \u00e9tait en marche. Cette conception appartient d\u00e9sormais au pass\u00e9. Les \u00e9conomistes s&#8217;accordent aujourd&#8217;hui \u00e0 consid\u00e9rer que le d\u00e9veloppement repose avant tout sur la qualit\u00e9 des institutions, sur la comp\u00e9tence des femmes et des hommes qui les dirigent et sur la capacit\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat \u00e0 garantir la continuit\u00e9 des politiques publiques au-del\u00e0 des alternances administratives ou politiques.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Les infrastructures ne sont que des outils. Elles ne cr\u00e9ent de richesse que lorsqu&#8217;elles sont entretenues, exploit\u00e9es avec efficacit\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9es dans une strat\u00e9gie \u00e9conomique coh\u00e9rente. Une route ne vaut que par les \u00e9changes qu&#8217;elle facilite ; un port par les marchandises qu&#8217;il traite ; une universit\u00e9 par les comp\u00e9tences qu&#8217;elle forme ; un h\u00f4pital par la qualit\u00e9 des soins qu&#8217;il dispense. C&#8217;est pourquoi il est indispensable que chaque projet inscrit dans ce programme fasse l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes \u00e9conomiques s\u00e9rieuses, d&#8217;une analyse co\u00fbts-avantages rigoureuse et d&#8217;une \u00e9valuation permanente de son impact sur l&#8217;\u00e9conomie locale.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;exp\u00e9rience internationale d\u00e9montre que les d\u00e9passements budg\u00e9taires constituent l&#8217;une des principales causes d&#8217;\u00e9chec des grands programmes publics. Dans de nombreux pays, des projets initialement estim\u00e9s \u00e0 quelques centaines de millions ont finalement co\u00fbt\u00e9 deux ou trois fois plus cher, sans am\u00e9lioration proportionnelle de leur qualit\u00e9. Les causes sont connues : \u00e9tudes insuffisantes, modifications r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des march\u00e9s, absence de contr\u00f4le technique, retards dans l&#8217;ex\u00e9cution, inflation des co\u00fbts des mat\u00e9riaux, mais aussi, parfois, corruption, conflits d&#8217;int\u00e9r\u00eats ou mauvaise gouvernance.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La Mauritanie doit imp\u00e9rativement \u00e9viter ces d\u00e9rives. Les quarante milliards d&#8217;ouguiyas annonc\u00e9s appartiennent aux contribuables mauritaniens. Ils ne peuvent devenir un simple chiffre inscrit dans un document budg\u00e9taire. Ils doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s avec la m\u00eame vigilance qu&#8217;une entreprise priv\u00e9e prot\u00e8ge ses capitaux. Cette responsabilit\u00e9 incombe d&#8217;abord au Gouvernement, mais \u00e9galement au Parlement, \u00e0 la Cour des comptes, \u00e0 l&#8217;Inspection g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;\u00c9tat, aux organes de contr\u00f4le, aux collectivit\u00e9s territoriales, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, aux m\u00e9dias et, plus largement, \u00e0 tous les citoyens.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La transparence ne doit pas se limiter \u00e0 la publication des montants engag\u00e9s. Elle suppose que chaque march\u00e9 public soit accessible \u00e0 la consultation, que les crit\u00e8res d&#8217;attribution soient clairement d\u00e9finis, que les entreprises adjudicataires soient identifi\u00e9es, que les d\u00e9lais d&#8217;ex\u00e9cution soient connus et que les rapports d&#8217;audit soient rendus publics. Une telle d\u00e9marche n&#8217;a rien d&#8217;une contrainte bureaucratique ; elle constitue au contraire la meilleure garantie contre les soup\u00e7ons, les rumeurs et la perte de confiance.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le programme de d\u00e9veloppement de Dakhlet Nouadhibou offre \u00e9galement l&#8217;occasion de promouvoir une nouvelle culture de la performance publique. Chaque minist\u00e8re concern\u00e9 devrait d\u00e9finir des objectifs pr\u00e9cis, mesurables et v\u00e9rifiables. Les citoyens doivent pouvoir conna\u00eetre, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, le taux d&#8217;avancement des projets, les sommes effectivement d\u00e9caiss\u00e9es, les \u00e9carts \u00e9ventuels avec les pr\u00e9visions initiales et les r\u00e9sultats obtenus. Gouverner ne consiste pas seulement \u00e0 engager des d\u00e9penses ; gouverner, c&#8217;est d\u00e9montrer que chaque d\u00e9pense produit un r\u00e9sultat utile \u00e0 la collectivit\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;implication du secteur priv\u00e9 sera tout aussi d\u00e9terminante. Aucun \u00c9tat, m\u00eame dot\u00e9 de ressources importantes, ne peut assurer seul le d\u00e9veloppement \u00e9conomique d&#8217;un territoire. Les investissements publics doivent agir comme un catalyseur capable d&#8217;attirer les capitaux priv\u00e9s nationaux et \u00e9trangers. Nouadhibou poss\u00e8de tous les atouts pour devenir un p\u00f4le d&#8217;investissement majeur dans la p\u00eache, les industries de transformation, les services portuaires, la logistique, les \u00e9nergies renouvelables, le tourisme, la r\u00e9paration navale et, demain, les nouvelles technologies li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie maritime.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Encore faut-il offrir aux investisseurs un environnement juridique stable, une administration efficace, des proc\u00e9dures simplifi\u00e9es et une s\u00e9curit\u00e9 contractuelle irr\u00e9prochable. Le capital recherche naturellement les espaces o\u00f9 le droit est respect\u00e9, o\u00f9 les d\u00e9lais administratifs sont ma\u00eetris\u00e9s et o\u00f9 les d\u00e9cisions publiques ob\u00e9issent \u00e0 des r\u00e8gles pr\u00e9visibles plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 l&#8217;arbitraire. La comp\u00e9titivit\u00e9 d&#8217;un pays ne d\u00e9pend plus uniquement de ses ressources naturelles ; elle repose d\u00e9sormais sur la qualit\u00e9 de ses institutions.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;autre enjeu majeur r\u00e9side dans l&#8217;emploi. Derri\u00e8re les chiffres impressionnants des investissements se trouve une attente profonde de la jeunesse mauritanienne. Les infrastructures ne prendront tout leur sens que si elles permettent de cr\u00e9er des emplois durables, qualifi\u00e9s et d\u00e9cemment r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. La construction d&#8217;un port, d&#8217;un campus universitaire ou d&#8217;un r\u00e9seau d&#8217;eau potable ne doit pas seulement r\u00e9pondre \u00e0 des besoins imm\u00e9diats ; elle doit \u00e9galement pr\u00e9parer l&#8217;\u00e9conomie de demain en d\u00e9veloppant les comp\u00e9tences nationales et en r\u00e9duisant progressivement la d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;expertise \u00e9trang\u00e8re.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Nouadhibou poss\u00e8de toutes les caract\u00e9ristiques pour devenir une r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9gionale dans l&#8217;\u00e9conomie bleue. Peu de villes africaines r\u00e9unissent \u00e0 la fois une fa\u00e7ade maritime exceptionnelle, un secteur halieutique de premier plan, une activit\u00e9 mini\u00e8re strat\u00e9gique, une position g\u00e9ographique privil\u00e9gi\u00e9e et un potentiel industriel encore largement inexploit\u00e9. Cette compl\u00e9mentarit\u00e9 constitue une richesse consid\u00e9rable, mais elle exige une vision de long terme, d\u00e9passant les \u00e9ch\u00e9ances administratives et les cycles politiques.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;avenir de Nouadhibou ne se construira pas uniquement avec du b\u00e9ton, de l&#8217;acier et des \u00e9quipements. Il se construira avec une administration comp\u00e9tente, une justice ind\u00e9pendante, des institutions cr\u00e9dibles, une gestion exemplaire des deniers publics et une confiance retrouv\u00e9e entre l&#8217;\u00c9tat, les entreprises et les citoyens. C&#8217;est cette confiance qui attire les investisseurs, stimule l&#8217;initiative priv\u00e9e et transforme durablement les territoires.<\/div>\n<div dir=\"auto\">La v\u00e9ritable r\u00e9ussite de ce programme ne d\u00e9pendra donc ni de la quantit\u00e9 des cr\u00e9dits engag\u00e9s ni du nombre de c\u00e9r\u00e9monies d&#8217;inauguration organis\u00e9es. Elle d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 collective \u00e0 faire de ces quarante milliards d&#8217;ouguiyas un mod\u00e8le de gestion publique, d\u00e9montrant que la Mauritanie est capable de conduire de grands projets avec rigueur, int\u00e9grit\u00e9 et efficacit\u00e9. C&#8217;est \u00e0 cette condition que Nouadhibou pourra pleinement assumer son destin de capitale \u00e9conomique nationale et de grande m\u00e9tropole maritime ouverte sur l&#8217;Afrique, l&#8217;Europe et le reste du monde.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Il serait toutefois r\u00e9ducteur de limiter ce programme \u00e0 une simple op\u00e9ration d&#8217;investissement public. Ce qui se joue aujourd&#8217;hui \u00e0 Nouadhibou d\u00e9passe largement les fronti\u00e8res de la wilaya. C&#8217;est, en r\u00e9alit\u00e9, une certaine conception de l&#8217;\u00c9tat am\u00e9nageur qui est mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve. Chaque g\u00e9n\u00e9ration est confront\u00e9e \u00e0 un moment o\u00f9 elle doit d\u00e9montrer sa capacit\u00e9 \u00e0 transformer une vision politique en r\u00e9sultats tangibles. Pour la Mauritanie, ce moment est peut-\u00eatre arriv\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le d\u00e9veloppement ne se mesure plus uniquement \u00e0 la croissance du produit int\u00e9rieur brut. Les grandes institutions \u00e9conomiques internationales \u00e9valuent d\u00e9sormais la qualit\u00e9 des politiques publiques \u00e0 travers leur impact sur le capital humain, la productivit\u00e9, la comp\u00e9titivit\u00e9, la r\u00e9silience face aux crises climatiques, la diversification \u00e9conomique et la confiance des investisseurs. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ces crit\u00e8res que sera appr\u00e9ci\u00e9 le programme de Dakhlet Nouadhibou.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;une des principales forces de cette wilaya r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir des secteurs qui, ailleurs, \u00e9voluent souvent de mani\u00e8re isol\u00e9e. La p\u00eache, les mines, les services portuaires, le commerce international, la logistique, les \u00e9nergies renouvelables, l&#8217;industrie de transformation et le tourisme peuvent constituer un v\u00e9ritable \u00e9cosyst\u00e8me \u00e9conomique. Encore faut-il que ces secteurs cessent de fonctionner en silos et soient pens\u00e9s comme les composantes d&#8217;une m\u00eame strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Le futur port en eau profonde devra ainsi devenir bien davantage qu&#8217;un simple ouvrage maritime. Il devra \u00eatre le point de d\u00e9part d&#8217;une v\u00e9ritable cha\u00eene de valeur nationale. Les produits de la p\u00eache ne devraient plus quitter syst\u00e9matiquement le territoire sous leur forme brute. Ils devraient \u00eatre transform\u00e9s localement, conditionn\u00e9s selon les normes internationales, certifi\u00e9s, puis export\u00e9s avec une valeur ajout\u00e9e bien sup\u00e9rieure. Il en va de m\u00eame pour les ressources mini\u00e8res, dont une partie pourrait faire l&#8217;objet d&#8217;une premi\u00e8re transformation industrielle avant exportation. C&#8217;est ainsi que les grandes \u00e9conomies cr\u00e9ent des emplois qualifi\u00e9s et accroissent leurs recettes fiscales.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Cette r\u00e9flexion conduit naturellement \u00e0 la place du secteur priv\u00e9. L&#8217;\u00c9tat a pour mission de cr\u00e9er les conditions du d\u00e9veloppement ; il ne peut ni ne doit se substituer durablement aux entrepreneurs. Les infrastructures publiques doivent agir comme un levier permettant aux investisseurs nationaux et \u00e9trangers de d\u00e9velopper leurs activit\u00e9s dans un environnement stable, s\u00e9curis\u00e9 et pr\u00e9visible. C&#8217;est dans cette compl\u00e9mentarit\u00e9 entre puissance publique et initiative priv\u00e9e que r\u00e9side le v\u00e9ritable moteur de la croissance.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;am\u00e9lioration du climat des affaires devient d\u00e8s lors une priorit\u00e9 strat\u00e9gique. La simplification des proc\u00e9dures administratives, la rapidit\u00e9 des d\u00e9cisions, la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re, l&#8217;ex\u00e9cution des contrats, la protection des investissements et la stabilit\u00e9 de la r\u00e9glementation constituent aujourd&#8217;hui des crit\u00e8res d\u00e9terminants dans les d\u00e9cisions d&#8217;implantation des entreprises internationales. La concurrence entre les territoires ne se joue plus uniquement sur les avantages fiscaux ; elle repose de plus en plus sur la qualit\u00e9 de la gouvernance.<\/div>\n<div dir=\"auto\">\u00c0 cet \u00e9gard, la ma\u00eetrise du foncier rev\u00eat une importance particuli\u00e8re. Les grands projets d&#8217;infrastructures g\u00e9n\u00e8rent in\u00e9vitablement une forte pression sur les terrains environnants. Sans une politique fonci\u00e8re claire, transparente et \u00e9quitable, le risque de sp\u00e9culation devient consid\u00e9rable. L&#8217;\u00c9tat doit veiller \u00e0 pr\u00e9server l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 s\u00e9curiser les droits des populations concern\u00e9es et \u00e0 emp\u00eacher que des int\u00e9r\u00eats particuliers ne captent les b\u00e9n\u00e9fices d&#8217;investissements financ\u00e9s par la collectivit\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Il conviendra \u00e9galement d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 la qualit\u00e9 des ouvrages. Dans de nombreux pays, des infrastructures pourtant r\u00e9centes ont d\u00fb \u00eatre enti\u00e8rement r\u00e9habilit\u00e9es quelques ann\u00e9es apr\u00e8s leur inauguration, faute de contr\u00f4les techniques suffisants ou en raison de mat\u00e9riaux de qualit\u00e9 m\u00e9diocre. Une telle situation repr\u00e9senterait non seulement un gaspillage des deniers publics, mais aussi une atteinte au principe de bonne administration. Les bureaux de contr\u00f4le, les laboratoires d&#8217;essais, les ing\u00e9nieurs et les organismes de certification devront exercer leur mission avec une ind\u00e9pendance absolue. La qualit\u00e9 ne doit jamais \u00eatre n\u00e9gociable lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;argent public.<\/div>\n<div dir=\"auto\">L&#8217;environnement constitue un autre d\u00e9fi majeur. Nouadhibou est l&#8217;une des zones \u00e9cologiques les plus sensibles de la fa\u00e7ade atlantique africaine. Son littoral, ses ressources halieutiques et ses \u00e9cosyst\u00e8mes repr\u00e9sentent un patrimoine national dont la pr\u00e9servation conditionne le d\u00e9veloppement futur. Les grands projets d&#8217;infrastructures devront int\u00e9grer les exigences des \u00e9tudes d&#8217;impact environnemental, de la gestion durable des ressources naturelles et de la lutte contre les effets du changement climatique. D\u00e9velopper ne signifie pas d\u00e9truire ; d\u00e9velopper consiste \u00e0 transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures un patrimoine enrichi plut\u00f4t qu&#8217;appauvri.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Il faudra \u00e9galement veiller \u00e0 ce que les retomb\u00e9es \u00e9conomiques profitent en priorit\u00e9 aux populations locales. Les entreprises mauritaniennes, les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, les artisans, les petites et moyennes entreprises ainsi que les centres de formation doivent trouver leur place dans cette dynamique. Un programme de d\u00e9veloppement ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme pleinement r\u00e9ussi si la richesse cr\u00e9\u00e9e ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d&#8217;abord aux femmes et aux hommes qui vivent sur le territoire concern\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Enfin, il ne faut jamais perdre de vue que la confiance demeure la premi\u00e8re richesse d&#8217;une nation. Lorsqu&#8217;un citoyen constate que les fonds publics sont g\u00e9r\u00e9s avec rigueur, que les march\u00e9s sont attribu\u00e9s dans la transparence, que les responsables rendent compte de leur action et que les r\u00e9alisations correspondent effectivement aux engagements annonc\u00e9s, il retrouve confiance dans ses institutions. Cette confiance est le ciment de toute d\u00e9mocratie moderne et le socle de toute \u00e9conomie performante.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Les quarante milliards d&#8217;ouguiyas destin\u00e9s \u00e0 Dakhlet Nouadhibou constituent une opportunit\u00e9 historique. Ils peuvent marquer le d\u00e9but d&#8217;une nouvelle \u00e9tape du d\u00e9veloppement national ou rejoindre la longue liste des ambitions inachev\u00e9es que l&#8217;Afrique a parfois connues. La diff\u00e9rence ne d\u00e9pendra ni des chiffres inscrits dans les documents budg\u00e9taires ni des d\u00e9clarations officielles. Elle d\u00e9pendra exclusivement de la qualit\u00e9 de l&#8217;ex\u00e9cution, de la transparence des proc\u00e9dures, de la comp\u00e9tence des gestionnaires, de la rigueur des contr\u00f4les et du respect scrupuleux de l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Nouadhibou a toujours \u00e9t\u00e9 une ville de pionniers, de b\u00e2tisseurs et d&#8217;ouverture sur le monde. Elle poss\u00e8de les ressources, la position g\u00e9ographique et le potentiel humain n\u00e9cessaires pour devenir l&#8217;une des grandes m\u00e9tropoles \u00e9conomiques de l&#8217;Atlantique africain. Ce destin est \u00e0 port\u00e9e de main. Encore faut-il que la gouvernance soit \u00e0 la hauteur de l&#8217;ambition. L&#8217;Histoire offre parfois \u00e0 un peuple une occasion exceptionnelle d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer son d\u00e9veloppement. Les quarante milliards d&#8217;ouguiyas annonc\u00e9s repr\u00e9sentent l&#8217;une de ces occasions. Il appartient d\u00e9sormais \u00e0 l&#8217;\u00c9tat, aux institutions, aux \u00e9lus, au secteur priv\u00e9 et \u00e0 chaque citoyen de faire en sorte que cette promesse devienne une r\u00e9alit\u00e9 durable, afin que les g\u00e9n\u00e9rations futures puissent regarder cette p\u00e9riode comme celle o\u00f9 la Mauritanie a choisi de transformer ses ambitions en r\u00e9alisations, et ses ressources en prosp\u00e9rit\u00e9 partag\u00e9e.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Par Sidi Mohamed TALEB BRAHIM<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les grandes nations ne se construisent pas uniquement \u00e0 travers les discours, mais par la qualit\u00e9 des d\u00e9cisions qu&#8217;elles prennent et, surtout, par leur capacit\u00e9 \u00e0 les traduire en r\u00e9alisations concr\u00e8tes. L&#8217;annonce par le Gouvernement d&#8217;un Programme de d\u00e9veloppement de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, dot\u00e9 d&#8217;une enveloppe de quarante milliards d&#8217;ouguiyas (MRU) pour la &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":23556,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,2,19],"tags":[],"class_list":["post-23555","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-economie","category-tribune"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23555","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23555"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23555\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23557,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23555\/revisions\/23557"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/23556"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23555"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23555"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23555"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}