{"id":3518,"date":"2023-01-03T11:45:32","date_gmt":"2023-01-03T11:45:32","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=3518"},"modified":"2023-01-24T12:12:49","modified_gmt":"2023-01-24T12:12:49","slug":"politique-a-quoi-ressemble-le-partage-du-pouvoir-entre-les-regions-en-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=3518","title":{"rendered":"Mauritanie-Politique : A quoi ressemble le partage du pouvoir entre les r\u00e9gions en 2023?"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et in\u00e9quitable telle parait, \u00e0 l\u2019aune de l\u2019observation du gouvernement actuel, la r\u00e9partition du pouvoir entre les r\u00e9gions. Une perception qui s\u2019amplifie davantage au bas de la pyramide administrative&#8230;<\/p>\n<p>La derni\u00e8re formation du gouvernement remonte au 1er avril 2022. Elle est intervenue avant le remaniement partiel, du septembre 2022, et la seconde reconduction du premier Ministre, Mohamed Ould Billal. Mais comme au d\u00e9but de son r\u00e8gne, le pr\u00e9sident Ghazouani ne semble pas attach\u00e9 \u00e0 un changement radical des hommes. Un statu quo qui b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 plusieurs personnalit\u00e9s entach\u00e9es par leurs pr\u00e9c\u00e9dents de gestion des affaires publiques.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 lors de la formation de son premier gouvernement de 23 membres, au lendemain de son \u00e9lection, Ghazaouni y avait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e0 peine, introduit une dose de 8 nouveaux ministres. Tous les autres avaient servi sous diff\u00e9rents r\u00e9gimes y compris celui dit de \u00ab la d\u00e9cennie Aziz \u00bb dont le r\u00e9gime actuel fustige pourtant et la gestion et le bilan.<br \/>\nComme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, la formation du gouvernement n\u2019a pas d\u00e9rog\u00e9 \u00e0 la recherche d\u2019un subtile dosage r\u00e9gionale et ethnique. Ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9vident ou ais\u00e9 pour tous les r\u00e9gimes. Mais force, cependant, est de constater que les nominations suscit\u00e9es par la qu\u00eate de la \u00abqualit\u00e9 dans l\u2019ex\u00e9cution des politiques publiques \u00bb du programme \u00abTaahoudaty \u00bb ainsi que du \u00ab renforcement de la participation des jeunes \u00bb ne donnent pas satisfaction. Pire, parfois, l\u2019on a l\u2019impression que la concr\u00e9tisation du programme pr\u00e9sidentiel est retard\u00e9e par ceux qui ont pour mission de la traduire sur le terrain.  <\/p>\n<p>Des ministres &#8220;clanis\u00e9s&#8221;?<br \/>\nLe pr\u00e9sident Ghazouani est quelque part trahi par ses propres ministres qui jouissent pleinement de leurs pr\u00e9rogatives pour mener \u00e0 bon port ses projets. Malgr\u00e9 un d\u00e9marrage sur des chapeaux de roue, les mauvaises habitudes se sont vite install\u00e9es. Et de fil en aiguille, l\u2019action des ministres a trop vite \u00e9t\u00e9 centr\u00e9e sur des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels et politiques personnels.<br \/>\nC\u2019est, sans doute, pour cette raison que le pr\u00e9sident a fait appel \u00e0 la cellule de suivi de l\u2019ex\u00e9cution des priorit\u00e9s strat\u00e9giques (CSEPS) et proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 plusieurs remaniements au sein du gouvernement pour corriger les dysfonctionnements de gestion de l\u2019Etat et de ses projets.<br \/>\nPar ailleurs, les dosages observ\u00e9s dans la composition du gouvernement n\u2019apportent pas toujours l\u2019adh\u00e9sion de l\u2019opinion ; surtout s\u2019agissant de ministres qui \u00ab ont d\u00e9j\u00e0 fait leur temps \u00bb ; une vieille garde qui ne veut rien l\u00e2cher et qui continue d\u2019occuper les premi\u00e8res loges du pouvoir \u00e0 contrecourant des appels au rajeunissement de la classe politique port\u00e9 en \u00e9tendard. Sur 32 ministres ou de rangs de ministres pr\u00e9sents au sein de l\u2019actuel gouvernement, la moiti\u00e9 a joui des hautes marches du pouvoir en acc\u00e9dant il y a plus de 10 ans \u00e0 un poste minist\u00e9riel. Certains y sont arriv\u00e9s depuis la p\u00e9riode Taya et sont encore l\u00e0 bien vivants ! Cette omnipr\u00e9sence dans la haute administration d\u2019hommes et de femmes qui traversent tous les r\u00e9gimes et qui ne brillent pas forc\u00e9ment par leur g\u00e9nie est indubitablement li\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019Etat profond ; celui qui, v\u00e9ritablement, fait et d\u00e9fait les n\u0153uds.<br \/>\nEn effet, cette long\u00e9vit\u00e9 est expliqu\u00e9e dans l\u2019opinion par le parrainage de mains occultes qui en r\u00e9colteraient dividendes financiers et politiques. On dit de ce genre de ministres qu\u2019ils seraient l\u2019\u00e9manation de mentors dans la haute hi\u00e9rarchie de l\u2019Etat.<br \/>\nLe rejet par les populations de telles personnalit\u00e9s s\u2019expliquerait aussi par le d\u00e9ficit de reconnaissance en ceux choisis. D\u2019o\u00f9 l\u2019expression sporadique d\u2019un mal de repr\u00e9sentativit\u00e9. Ce favoritisme rejaillit in\u00e9luctable sur la perception d\u2019une r\u00e9partition in\u00e9quitable de repr\u00e9sentativit\u00e9 entre les r\u00e9gions. Les param\u00e8tres de lecture ou d\u2019analyse du partage du pouvoir entre les r\u00e9gions ne permettent cependant pas d\u2019avoir \u2013toujours- une opinion tranch\u00e9e sur les v\u00e9ritables motivations ayant conduit au choix de ceux qui nous gouvernent. La r\u00e9vulsion dont ils font l\u2019objet au sein de l\u2019opinion risque, \u00e0 termes, de d\u00e9peindre \u00e9galement sur la popularit\u00e9 du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lui-m\u00eame.<br \/>\nComment donc se pr\u00e9sente, sous cet angle, le partage du pouvoir via la repr\u00e9sentation politique dans la superstructure ? Une tentative d\u2019explication ou de cartographie du partage du pouvoir pourrait \u00e9clairer sur les mesures de correction idoines. Cette pr\u00e9sentation du partage du pouvoir ne tient donc pas compte des postes de la haute administration (secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux, conseillers, des ambassadeurs\u2026) ou de l\u2019administration centrale (directeurs) ou locale (gouverneurs et pr\u00e9fets) o\u00f9 la m\u00eame logique de disparit\u00e9s entre les r\u00e9gions est encore plus exacerb\u00e9e. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre de repr\u00e9sentation, m\u00eame s\u2019il semble parfois proportionnel au poids d\u00e9mographique (voir tableau d\u00e9mographique des r\u00e9gions) est donc plus marqu\u00e9 \u00e0 la base de pyramide administrative o\u00f9 l\u2019action des ministres perp\u00e9tue, par des choix subjectifs, l\u2019iniquit\u00e9. C\u2019est la seule raison, en dehors des concours, pour expliquer le profond ressentiment ; la frustration et la d\u00e9ception quant \u00e0 l\u2019\u00e9gal acc\u00e8s aux emplois publics discr\u00e9tionnaires ou non.<\/p>\n<p><\/strong>Le Hodh Echarghi, l\u2019Assaba et le trarza en pointe!<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ladepeche.mr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/GRAPHIQUE-MEILLEUR-e1672747725355.png\" alt=\"partage1\" \/><\/p>\n<p>A l\u2019or\u00e9e de nouvelles \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales qui risquent, au regard des manifestations organis\u00e9es ici et l\u00e0, de dessiner une nouvelle carte politique tr\u00e8s tribalis\u00e9e, il est important d\u00e9j\u00e0 de mettre le doigt sur certaines discordances. La Mauritanie connait une importante s\u00e9dentarisation +50% d\u2019o\u00f9 le besoin de revoir les d\u00e9coupages administratifs. <\/p>\n<p>A lecture de la liste du Gouvernement l\u2019on constate que l\u2019Assaba avec 5 moughataa et 360 249 habitants et dont est issu le pr\u00e9sident conserve ,avec six ministres sur 32 membres, la part du lion dans le partage du pouvoir. Le Hodh Charghi, quant \u00e0 lui totalise 7 ministres. C\u2019est le plus grand nombre de ministres pour la plus grande r\u00e9gion de Mauritanie en termes d\u00e9mographiques, avec 478 464 habitants.<br \/>\nLe Trarza \u00e9galement compte 6 ministres alors qu\u2019il compte 290 milles habitants donc moins que le Hodh Gharbi qui compte 313 681 habitants ou que le Ghidimagha avec 294 506 habitants. Quelque part donc la \u00ab logique \u00bb d\u00e9mographique n\u2019est pas respect\u00e9e. Le Brakna lui fait montre de 4 ministres mais qui ne sont pas repr\u00e9sentatifs de ses 5 mougataas. Sur 32 ministres, par ailleurs, quatre r\u00e9gions seulement (Assaba, Hodh Echarghi, Trarza et Brakna) d\u00e9tiennent 24 ministres. <\/p>\n<p>Le Hodh Gharbi qui est donc un important r\u00e9servoir \u00e9lectoral, ne compte que 2 ministres comme le Gorgol. Ce dernier avec 358 027 habitants fait pourtant office de la 3\u00e8me r\u00e9gion sur l\u2019\u00e9chiquier d\u00e9mographique.<br \/>\nL\u2019Adrar 61 196 habitants et Dakhlet-Nouadhibou 138 526 habitants ont chacun deux ministres. Le Ghidimagha, le Tagant et le Tiris Zemmour n\u2019ont chacun qu\u2019un seul ministre. Mais le comble c\u2019est la r\u00e9gion de l\u2019Inchiri qui ne compte aucun ministre dans la R\u00e9publique. Est-ce en raison du contentieux avec l\u2019ancien pr\u00e9sident Mohamed Ould Abdelaziz ?<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ladepeche.mr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/moughataa.gif\" alt=\"moughataa\" \/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ladepeche.mr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Populations-repartition.png\" alt=\"populations\/r\u00e9gions\" \/><\/p>\n<p>Enfin dans ce constat, on peut noter qu\u2019\u00e0 elles seules, les trois r\u00e9gions de l\u2019Est (Hodh Gharbi, Assaba et Hodh Charghi) d\u00e9tiennent 47% des commandes du pouvoir. Ce n\u2019est certainement pas une surprise d\u2019autant que ces r\u00e9gions constituent les traditionnels greniers \u00e9lectoraux. Pris seul, le Trarza, r\u00e9gion de la vall\u00e9e, fait lui aussi bonne figure dans ce gouvernement en relation avec son poids d\u00e9mographique et s\u2019arroge 18% du pouvoir pendant que 17 % sont entre les mains des autres r\u00e9gions de cette m\u00eame aire g\u00e9ographique (Brakna, Gorgol et Ghidimagha). En queue du peloton, on retrouve toujours les r\u00e9gions du Nord et le Tagant. Les 5 r\u00e9gions (Adrar, NDB, Tiris, Inchiri et Tagant) rassembl\u00e9es font seulement 18%. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ladepeche.mr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/repartition-gvmnt-e1672748122941.jpg\" alt=\"\u00e2ges\" \/><\/p>\n<p><strong>A 26 ans d\u2019anciennet\u00e9, Mohamed Salem Merzough est le \u00abDoyen \u00bb des v\u00e9t\u00e9rans <\/strong><\/p>\n<p>La long\u00e9vit\u00e9 dans un gouvernement est-elle source d\u2019exp\u00e9rience ou de l\u00e9thargie ? La question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pos\u00e9e lorsque l\u2019on remarque que sur une liste d\u2019un gouvernement de 32 membres, au moins 15 membres ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 jouer ce r\u00f4le, il y a plus de 10 ans maintenant. Certains ont en effet \u00e9marg\u00e9 au gouvernement depuis l\u2019\u00e8re Taya, renvers\u00e9 en 2005 par feu le colonel Ely Ould Mohamed Vall. Avec 26 ans d\u2019anciennet\u00e9,  comparativement aux autres membres du gouvernement actuel, Mohamed Salem Ould Merzough (1997) , actuel ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res, de la coop\u00e9ration et des mauritaniens de l\u2019ext\u00e9rieur fait figure du doyen des ministres et n\u2019est pas pr\u00eat de partir \u00e0 la retraite.<br \/>\nAbdessalam Mohamed Saleh (1997), ministre du p\u00e9trole et des mines, lui a marqu\u00e9 l\u2019histoire pour avoir \u00e9t\u00e9 le seul ministre mauritanien, sous Maaouiya, \u00e0 d\u00e9missionner pour rester en phase avec son ind\u00e9pendance d\u2019esprit. Ensuite viennent Naha Mint Mouknass (2001) devenue ministre au nom de son parti l\u2019UDP et Mohamed Mahmoud Ould Boya (2003), ministre de la Justice, recrut\u00e9 ministre, il y a 19 ans maintenant. Sidi Mohamed Ould Taleb Amar (2004), ministre de l\u2019hydraulique, il y a 19 ans, suivi par Mohamed Ali Sidi Mohamed (2005) DG Taazour, 18 ans, Mohamed Ould Mohamed Lemine (2005), ministre de l\u2019int\u00e9rieur 18 ans, Mohamed Lemine Ould Aboye, ministre de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, 17 ans. La cascade continue avec Mohamed Ould Bilal (2007), Yahya Ould Ahmed Waghef (2007), Fatimetou Mint Khattri (2007), Moulaye Mohamed Laghdaf (2008), Lemrabott Ould Benahi (2008), Coumba Ba (2009), Ousmane Mamadou Kane (2010). Le benjamin de cette vieille-garde est Nani Ould Chrougha (2014), actuel ministre de l\u2019\u00e9quipement et des transports.<br \/>\nJD<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et in\u00e9quitable telle parait, \u00e0 l\u2019aune de l\u2019observation du gouvernement actuel, la r\u00e9partition du pouvoir entre les r\u00e9gions. 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