{"id":3635,"date":"2023-01-10T12:55:28","date_gmt":"2023-01-10T12:55:28","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=3635"},"modified":"2023-01-10T12:55:28","modified_gmt":"2023-01-10T12:55:28","slug":"voyages-de-mungo-park-en-afrique-de-louest-une-reconnaissance-dans-les-profondeurs-du-sahel-precolonial-par-sidi-mohamed-ould-abdelwahab-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=3635","title":{"rendered":"Voyages de Mungo Park en Afrique de l\u2019Ouest : Une reconnaissance dans les profondeurs du Sahel pr\u00e9colonial par Sidi Mohamed Ould Abdelwahab (Deuxi\u00e8me Partie)"},"content":{"rendered":"<p>Ce livre, \u201c Travels into the interior of Africa \u201c publi\u00e9 en 1799,  a donn\u00e9 une image panoramique des peuples de la r\u00e9gion, leurs coutumes, leurs princes,  leur structure sociale en classes, leurs crises (conflits internes et changements climatiques), leurs armes (fl\u00e8ches, lances et fusils traditionnels), et leurs infrastructures \u00e9conomiques (la culture du ma\u00efs et du coton, l&#8217;\u00e9levage bovin et caprin, l&#8217;extraction du fer et de l&#8217;or&#8230;) et ses langues populaires (Mandingue, Sonink\u00e9, Wolof, Pular, Bambara, Hassaniya, Haoussa, berb\u00e8re&#8230;) avec la pr\u00e9sence de la langue arabe comme langue adopt\u00e9e dans la charia, la correspondance, les  testaments, les transactions et l&#8217;enseignement dans les Mahadras dispers\u00e9es dans les villages et  campagnes.<br \/>\nLes d\u00e9tails du t\u00e9moignage de cet \u00e9trange visiteur avaient attest\u00e9 la profondeur de la coexistence pacifique entre les adeptes de l&#8217;Islam et les restes du paganisme, dans la th\u00e9orie et la pratique, entre les Arabes, les Berb\u00e8res et les Africains noirs, et leur r\u00e9serve vis-\u00e0-vis des \u00e9trangers , chr\u00e9tiens blancs, malgr\u00e9 la pr\u00e9dominance de la dimension humaine (piti\u00e9, hospitalit\u00e9 et compassion pour les \u00e9trangers aux bleds\u2026), dans un milieu o\u00f9 la dignit\u00e9 humaine continue de souffrir de graves violations.<br \/>\nLa mission du m\u00e9decin explorateur a failli prendre fin \u00e0 Banoum durant son s\u00e9jour forc\u00e9 dans le campement \u00e9miral Awlad M\u2019Bareck, une grande suspicion planant sur ce myst\u00e9rieux visiteur qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet central d\u2019une r\u00e9union du conseil des 40 (Assembl\u00e9e d\u00e9lib\u00e9rante) ou plusieurs avis tendant vers sa neutralisation ; sentence remise aux calendes locales en attendant son entrevue avec la \u201cReine Fatima\u201d qui \u00e9tait curieuse de voir un homme blanc pour la premi\u00e8re fois de sa vie.<br \/>\nPour l&#8217;anecdote, l\u2019un des fr\u00e8res de l&#8217;\u00e9mir Ely a sugg\u00e9r\u00e9 simplement l\u2019extraction de ses yeux bleus qui rassemblent tant, selon sa description, \u00e0 celles d\u2019un chat pendant qu\u2019un autre conseillait la coupure de sa main ; suivent les confidences du jeune fils de l&#8217;\u00e9mir, \u00e2g\u00e9 de onze ans, qui lui racontait ces d\u00e9tails avec un air de compassion.<br \/>\nApr\u00e8s sa rencontre avec l&#8217;\u00e9pouse \u201cprincipale\u201d de l&#8217;\u00e9mir, au camp de Boubeker,et ses autres femmes curieuses de voir \u201cune cr\u00e9ature \u00e0 la peau si blanche , on lui rendit son cheval et ses affaires , lui facilitant la poursuite de son chemin sans son compagnon serviteur , Demba, cher \u00e0 lui malgr\u00e9 ses supplications passionn\u00e9es pour le chef Awlad M\u2019Bareck.<br \/>\nLe chemin de S\u00e9gou ne serait pas par\u00e9 de lilas de provence.<br \/>\nParmi les captures f\u00e9eriques de notre \u201cpromeneur solitaire\u201d : les incendies nocturnes d\u2019herbes s\u00e8ches dans les villages Manding, la beaut\u00e9 rustique des villages du royaume Bambara, les beaux troupeaux de vaches Foullah dans la r\u00e9gion de Macina , les hordes de villageois fuyant avec leurs biens et leur b\u00e9tail \u00e0 Kaarta, des guerres des royaumes voisins, les chevaux Awlad M\u2019Bareck accompagn\u00e9s de leurs \u00e9mirs, les villages de p\u00eacheurs sur les rives des fleuves (Falamee, Niger, Gambie et S\u00e9n\u00e9gal), les fourneaux de fer,  essaims de criquets p\u00e8lerins a Sanka,  les s\u00e9ances de filage des femmes du coton, la chasse aux \u00e9l\u00e9phants pour l&#8217;ivoire, les c\u00e9r\u00e9monies de mariage, la circoncision collective des enfants, la boxe, l\u2019accueil du croissant lunaire de Ramadan avec les supplications, les festins, la c\u00e9r\u00e9monie d&#8217;arriv\u00e9e de la caravane, les fun\u00e9railles de deuil\u2026 avec quelques cas humains extr\u00eames comme le supplice d\u2019une esclave refusant de proc\u00e9der avec la caravane, les cris d\u2019une maman dont le fils vient d&#8217;\u00eatre fatalement bless\u00e9 par les voleurs de b\u00e9tail, le regard affectueux d&#8217;une dame \u00e0 son enfant vendu en temps de famine pour un mois de provision alimentaire ou la joie d\u2019une vieille aveugle en apprenant le retour de son fils apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d\u2019absence.<br \/>\nLe chirurgien aventurier a \u00e9galement document\u00e9, en sa qualit\u00e9 de t\u00e9moin oculaire, la  traite des esclaves entre les royaumes africains et les Europ\u00e9ens sur les c\u00f4tes atlantiques; il a estim\u00e9 les esclaves actuels et anciens \u00e0 trois quarts de la population pourvus \u00e0 travers les caravanes permanentes et le recours aux guerres et au kidnapping  \u00e0 des fins de vente ou d&#8217;\u00e9change (d&#8217;or, de sel, d&#8217;ambre, de tabac, de fer et de poudre \u00e0 canon), y compris des villages entiers aux habitants mis dans les fers et devenant des cit\u00e9s  en ruines.<br \/>\nIl a \u00e9voqu\u00e9 dans ce contexte d&#8217;autres sources de servitude, telles que l&#8217;incapacit\u00e9 de rembourser les dettes , la pression des famines saisonni\u00e8res poussant certains a supplier les vendeurs d\u2019esclave de les prendre et des m\u00e8res a vendre l\u2019un des enfants pour nourrir le reste de la famille ou certains crimes commis (meurtre ou adult\u00e8re) pouvant entra\u00eener une perte permanente ou temporaire de libert\u00e9 ; les victimes se voyant encha\u00een\u00e9es,  par des fers aux cous et aux mains, durant cette sombre \u00e9poque.<br \/>\nLa valeur sociale des trafiquants d&#8217;\u00eatres humains \u201c The slatees\u201d t\u00e9moigne aussi de la profondeur de la culture esclavagiste dans les soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles.<br \/>\nParmi ses observations figurent aussi la pr\u00e9sence de fours sid\u00e9rurgiques, de lieux de prospection de l&#8217;or et les m\u00e9thodes de son extraction qui s&#8217;apparentent aux proc\u00e9d\u00e9s artisanaux de filtrage en vogue aujourd&#8217;hui dans le nord mauritanien, la fabrication de la poudre \u00e0 canon locale pour les fusils traditionnels \u00e0 partir de grains de nitrite m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 la farine de certaines plantes comme le Safran, le filtrage de cr\u00e8me de Karit\u00e9 (Shea Butter), l&#8217;arbre r\u00e9pandu dans les campagnes.<br \/>\nPark a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement secouru par son savoir de naturaliste pour survivre et sculpter des images pr\u00e9cises d&#8217;arbres d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest (mangrove, teydoum, acacia&#8230;), qu\u2019il utilise pour le traitement et la m\u00e9decine, apr\u00e8s l\u2019\u00e9puisement de son argent et de ses provisions et son cambriolage par les pirates des bois et fronti\u00e8res.<br \/>\nLe voyageur europ\u00e9en a profit\u00e9 des temps de son s\u00e9jour dans les villages, en conversant avec les habitants, pour s&#8217;enqu\u00e9rir sur le cours du fleuve Niger, de la topographie et des villes, ainsi que des croyances dominantes ; ce qui l\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 en d\u00e9duire  la comparaison entre les  villes de Djenn\u00e9, Tombouctou et Oualata (en tant que capitales commerciales et culturelles) et les distances entre Oualata et Tombouctou (10 jours) et entre Banoum et Essaouira au<br \/>\nMaroc via Tichitt (plus d&#8217;un mois) et les nouvelles des territoires Haoussa et de leurs villes forteresses, riches en or, en tissu et en armes.<br \/>\nIl a r\u00e9alis\u00e9, dans de nombreux cas et chez les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s africaines, la profondeur de la sacralit\u00e9 de la m\u00e8re, source de tendresse dans un environnement difficile, o\u00f9 la phrase symbolique &#8220;frappe-moi ou tue-moi et n&#8217;\u00e9voque pas le nom de ma m\u00e8re&#8221; pendant les querelles et les crises est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, et la connaissance des histoires de Proph\u00e8tes comme dans la Bible ainsi que la passion d&#8217;acqu\u00e9rir et d&#8217;acheter de nouveaux livres.  L\u2019\u00e9vocation fr\u00e9quente des expressions \u00abSoubhana Allah\u00bb et \u00ab La Ilaha Illa Allah \u00bb dans les cas d&#8217;\u00e9merveillement extr\u00eame et de peur terrible, comme le passage d&#8217;un lion de pr\u00e8s, ou la d\u00e9couverte d&#8217;un \u00e9trange visiteur  par des personnes qui n&#8217;ont jamais vu la forme de son costume, la couleur de sa peau, le bleu de ses yeux, la disposition de son nez et la rougeur de ses cheveux.<br \/>\nL&#8217;un des paradoxes de cette exp\u00e9dition est que son auteur a adopt\u00e9 son uniforme britannique et son identit\u00e9 chr\u00e9tienne sans r\u00e9ajustement tactique, comme Ren\u00e9 Caill\u00e9 (Ould Kaig\u00e9 Nasrani) se rendant \u00e0 Tombouctou en 1827 (en musulman \u00e9gyptien)  et Camille Douls (Abd al- Malik) dans le Sahara occidental en 1887, malgr\u00e9 l&#8217;insistance du public de la r\u00e9gion \u00e0 ce qu\u2019il prononce la Shahada et le r\u00e9currente menace de sa conduite forc\u00e9e par certains \u00e0 la Mosqu\u00e9e pour prier avec la Jama-a.<br \/>\nNotons au passage ses \u00e9critures d\u2019amulettes (safi) pour la bonne chance sur demande de certains villageois, le troc d\u2019une partie de ses cheveux pour la provision et la r\u00e9citation de pri\u00e8res de b\u00e9n\u00e9diction pour ceux qui les sollicitent.<br \/>\nL&#8217;aventurier explorateur a recouru aussi \u00e0 la tradition des pr\u00e9sents faits aux Chefs des villages, aux princes et \u00e0 ses h\u00f4tes pour faciliter son passage hors de leurs territoires, assurer sa s\u00e9curit\u00e9,  b\u00e9n\u00e9ficier en contrepartie de cadeaux ( moutons,  vaches ou provision agricole), de soutien, de guides et de conseils dans la poursuite de son odyss\u00e9e jusqu\u2019aux fronti\u00e8res de ces contr\u00e9es, se trouvant parfois en infraction   par rapport aux lois de circulation non autoris\u00e9e sur certains territoires comme au Kajaga (royaume Sonink\u00e9) et au Sultanat du Boundou  en payant am\u00e8rement le prix de sanctions \u201carbitraires\u201d.<br \/>\nAu cours de cette aventure, M. Park a souffert de fatigue  et de peur dans les for\u00eats, de soif dans les d\u00e9serts du Kaarta, de piq\u00fbres de moustiques dans les marais, d&#8217;escalade de collines accident\u00e9es avec son cheval \u00e9puis\u00e9, du spectre de la faim devant certains villages aux portes herm\u00e9tiquement ferm\u00e9es, de la confiscation par des bandits arm\u00e9s de ses effets et parfois du dur traitement des habitants des villages et des vall\u00e9es qui voient pour la premi\u00e8re fois &#8220;l&#8217;\u00eatre&#8221; blanc,  se rassemblent autour de lui, abandonnant leurs activit\u00e9s routini\u00e8res, dans un \u00e9tat d&#8217;alerte et d&#8217;attroupement g\u00e9n\u00e9ral, grimpant parfois sur les huttes et montant sur les terrasses pour le voir (\u00e0 Sansanding et dans de nombreux villages), se bousculant tout autour de lui pour compter ses doigts et ses orteils et v\u00e9rifier les \u201c\u00e9tranges\u201d boutons de son uniforme \u00e0 Banoum et dans les places publiques de certains villages visit\u00e9s.<br \/>\nIl v\u00e9cu l\u2019alternance des saisons et vu son moral vaciller entre l\u2019espoir et le d\u00e9sespoir jusqu&#8217;\u00e0 voir les \u00e9toiles du z\u00e9nith et les \u00e9clairs de l&#8217;au-del\u00e0, le menant \u00e0 des moments d&#8217;extr\u00eame d\u00e9sespoir, s\u2019il n\u2019avait pas fait parfois l\u2019objet d\u2019hospitalit\u00e9 de la part de certains villageois, de la gentillesse des femmes des champs revenant des fermes, de la tendresse d&#8217;un c\u0153ur humain dans ces collines apr\u00e8s le pillage et l&#8217;\u00e9puisement. Le secours fut parfois la contemplation de la beaut\u00e9 d\u2019herbes aquatiques, le grondement de tonnerres ou le mouvement de nuages annon\u00e7ant une probable pluie, le coassement de grenouilles, preuve de la proximit\u00e9 de l&#8217;eau. Ce qui fait de cette aventure un d\u00e9fi existentiel et romanesque \u00e0 tous points de vue.<br \/>\nLe voyageur aventurier fut d\u00e9\u00e7u par la fermeture des portes de S\u00e9gou (la capitale du Royaume Bambara) devant lui et les r\u00e9serves manifest\u00e9es \u00e0 son endroit par le roi Mansong, lequel s\u2019\u00e9tait content\u00e9 de l\u2019orienter vers des villages voisins et de lui procurer cinq milles cowries (monnaie de l&#8217;\u00e9poque) , qui peuvent l&#8217;aider dans sa route, tout en s&#8217;excusant de ne pas l&#8217;avoir re\u00e7u, en raison du manque de clart\u00e9 du but de son \u00e9trange tourn\u00e9e le conduisant \u00e0 la porte de sa ville fortifi\u00e9e et divis\u00e9e en quatre parties autour du fleuve Niger.<br \/>\nUne r\u00e9serve strat\u00e9gique et un style diplomatique, de la part du roi Bambara Mansong, traduisant le sens du prima s\u00e9curitaire et de la pr\u00e9servation des relations avec les puissances occidentales montantes.<br \/>\nLe chirurgien britannique Park a pass\u00e9 sur son chemin de retour, apr\u00e8s avoir parcouru p\u00e9niblement des centaines de kilom\u00e8tres, sept mois malade de fi\u00e8vre et de fatigue dans le village de Kamalia dans la r\u00e9gion Mandingue, sous la garde d&#8217;un Chef africain nomm\u00e9 Karfa, l&#8217;un des clients du Dr. Laidley, au cours desquels, il consigna ses observations minutieuses sur l&#8217;agriculture, l&#8217;enseignement coranique (propagation des mahadras et respect des ma\u00eetres coraniques), les coutumes de la population, les souffrances des esclaves, les types d&#8217;\u00e9changes commerciaux, les instruments de musique (Tidinaten, tambours, kora et Fl\u00fbte) ; les genres de maladies (fi\u00e8vre, l\u00e8pre et ver de Guin\u00e9e) et les changements climatiques (automne pluvieux, humidit\u00e9 et chaleur estivale&#8230;) ; les repas courants (couscous, ma\u00efs, orge, riz, r\u00f4tis et types d\u2019aliments divers  &#8230;) ; avant de poursuivre son voyage dans une tenue africaine, qui lui a \u00e9t\u00e9 offerte par son h\u00f4te, Karfa, apr\u00e8s la transformation de ses v\u00eatements europ\u00e9ens en haillons us\u00e9s sur son corps svelte, jaun\u00e2tre de fi\u00e8vre et alourdi par une barbe, dont les habitants s\u2019en sont servis pour l\u2019appeler pendant des ann\u00e9es apr\u00e8s son \u00e9trange passage, grande barbe.<br \/>\nM. Park a entendu, \u00e0 son s\u00e9jour dans le royaume de Kassoun, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019 Al Mamy du Futa Toro (Abdoul Kader Kane),  un groupe de chevaliers  appelant les habitants de ce pays et ses princes \u00e0 se convertir \u00e0 l&#8217;islam en recitant publiquement les \u201conze pri\u00e8res \u201c s&#8217;ils veulent qu\u2019ils soient de leurs c\u00f4t\u00e9s pendant les conflits, avec  le royaume du Kajaga; requ\u00eate accept\u00e9e. Il a \u00e9galement fait mention du  r\u00e9cit sur le  conflit de l&#8217;\u00e9mir du Fouta Torro Abdoulkader Kane et le roi du Djolof , quelques ann\u00e9es avant, au sujet de la conversion du dernier a l\u2019Islam se soldant par un conflit dont l\u2019Almamy sera prisonnier quelques mois au Djolof avant la normalisation des relations bilat\u00e9rales.<br \/>\nPark a \u00e9t\u00e9 aussi t\u00e9moin de d\u00e9lib\u00e9rations judiciaires pour le r\u00e8glement de certains litiges civils (le cas d\u2019un agriculteur qui a tu\u00e9 l\u2019\u00e2ne d\u2019un \u00e9leveur pour avoir d\u00e9truit son champ), sociaux (r\u00e9surgence d&#8217;un homme apr\u00e8s une longue absence ayant conduit son \u00e9pouse \u00e0 contracter le mariage avec un autre) et quelques d\u00e9lits et plaintes que les juges et le conseil des anciens du village traitaient.<br \/>\nL\u2019explorateur attentif a constat\u00e9 l\u2019organisation villageoise et le mode d&#8217;hospitalit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux visiteurs, les r\u00e9unions et le r\u00e8glement des probl\u00e8mes autour de l&#8217;arbre du Bentang (place publique) et l\u2019attente de la permission du chef du village pour d\u00e9terminer le lieu de r\u00e9sidence et les types de fortifications contre les menaces ext\u00e9rieures par des murs de boue ou de poteaux d&#8217;arbres et la cl\u00f4ture autour du p\u00e9rim\u00e8tre du village en plus de tranch\u00e9es de protection contre les incursions soudaines.<br \/>\nLe passage forc\u00e9 de Mungo Park par des terres appartenant au sultanat d&#8217;Ehl Bahdel (Oulad M\u2019bareck), en raison de l\u2019imminence de d\u00e9clenchement de la guerre entre le roi de S\u00e9gou Mansong et Daisy du Kaarta, qu&#8217;il nommait \u00able royaume de Ludamar\u00bb et dans laquelle, il s\u00e9journa pr\u00e8s de quatre mois en tant que &#8220;prisonnier&#8221;, comme il le dit, a permis d\u2019avoir un t\u00e9moignage important sur le mode de vie des Bidhan , &#8220;moors&#8221; ,  et leurs relations \u00e0 cette \u00e9poque avec les royaumes africains voisins, les routes commerciales du nord vers le Maroc et ceux de l&#8217;Est \u00e0 destination de Tombouctou et dans les r\u00e9gions Haoussa, en plus de leur perception des Europ\u00e9ens chr\u00e9tiens blancs. Nous reviendrons sur certaines de ses observations, les circonstances de son arrestation, et les carnets de Banoum, du temps du prince Ely Ould Amar, dans un autre article, Inchallah.<br \/>\nParmi ses remarques, au passage, l\u2019\u00e9vocation r\u00e9currente de la grandeur des Trarza et Brakna parmi les maures qui comprennent d\u2019autres groupes tribaux comme les Guedamoula, Javouno et Banoum, selon ce qu\u2019il a entendu.<br \/>\nCette exp\u00e9dition a constitu\u00e9 une infiltration strat\u00e9gique de L \u2019African British Society de Londres dans les profondeurs de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest, apr\u00e8s les tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es de ses premiers \u00e9missaires (John Ledyard, Simone Lucas et Daniel Houghton) et avant l\u2019aventure d&#8217;Alexandre Gordon Laing, tu\u00e9 apr\u00e8s son retour de Tombouctou en 1826.<br \/>\nD\u2019autres europ\u00e9ens tenteront l\u2019aventure comme Ren\u00e9 Caill\u00e9 (Ould Kaig\u00e9 Nesrani) qui a passe des jours du mois d&#8217;avril 1828 dans la ville sous l&#8217;identit\u00e9 d&#8217;un musulman \u00e9gyptien et le voyages du Fran\u00e7ais, Gaspard Th\u00e9odore Mollien en 1817 dans le bassin du S\u00e9n\u00e9gal et la r\u00e9gion de Fouta,  de l&#8217;Allemand Heinrich Barth au Mali, au Soudan et au Tchad venant de Tripoli entre 1849 et 1855 entre autres.<br \/>\nAu cours de son deuxi\u00e8me voyage, l\u2019explorateur se serait noy\u00e9 dans le fleuve qui a tant hant\u00e9 son imaginaire, pr\u00e8s des chutes de Bossa (actuel Nigeria) \u00e0 la fin de 1805 quand son navire le &#8220;Djoliba&#8221; ait heurt\u00e9 des rochers et que les habitants aient attaqu\u00e9 le reste de son malheureux \u00e9quipage.<br \/>\nTraduit par Mohamed Ould Mohamed Lemine et revu<br \/>\npar l\u2019auteur Sidi Mohamed Abdelwahab<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre, \u201c Travels into the interior of Africa \u201c publi\u00e9 en 1799, a donn\u00e9 une image panoramique des peuples de la r\u00e9gion, leurs coutumes, leurs princes, leur structure sociale en classes, leurs crises (conflits internes et changements climatiques), leurs armes (fl\u00e8ches, lances et fusils traditionnels), et leurs infrastructures \u00e9conomiques (la culture du ma\u00efs et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3636,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,19],"tags":[],"class_list":["post-3635","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-tribune"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3635","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3635"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3635\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3637,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3635\/revisions\/3637"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3636"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3635"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3635"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3635"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}