{"id":4605,"date":"2023-03-07T21:22:08","date_gmt":"2023-03-07T21:22:08","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=4605"},"modified":"2023-03-08T07:49:41","modified_gmt":"2023-03-08T07:49:41","slug":"le-dernier-rapport-de-litie-met-en-lumiere-les-defis-de-la-gouvernance-miniere-en-mauritanie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=4605","title":{"rendered":"Le dernier rapport de l\u2019ITIE met en lumi\u00e8re les d\u00e9fis de la gouvernance mini\u00e8re en Mauritanie"},"content":{"rendered":"<p>Le dernier rapport de l\u2019Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2022 pointait plusieurs d\u00e9faillances, dont l\u2019encadrement de l\u2019orpaillage artisanal.<\/p>\n<p><strong>Des vuln\u00e9rabilit\u00e9s aux d\u00e9rives de gestion<\/strong><\/p>\n<p>En d\u00e9pit de la politique anti-corruption du pr\u00e9sident Ghazouani, la corruption demeure end\u00e9mique. En 2020, la Mauritanie \u00e9tait 152e sur 190 au classement du Doing Business de la Banque mondiale, perdant quatre places par rapport \u00e0 2019. Une situation confirm\u00e9e par Transparency International qui la classe 130\/180 dans son index 2022 de perception de la corruption. Pour le secteur minier, cela concerne non seulement la gouvernance de la SNIM mais \u00e9galement la gestion de l\u2019orpaillage artisanal.<\/p>\n<p>Dans son rapport de 2021, l\u2019ITIE d\u00e9nonce un grave probl\u00e8me de gouvernance qui vient expliquer les r\u00e9centes d\u00e9rives de corruption. En 2017, le syst\u00e8me d\u2019audit g\u00e9n\u00e9ral interne de la SNIM fusionne avec le contr\u00f4le interne. Il passe alors enti\u00e8rement sous le contr\u00f4le de l\u2019ADG qui en nomme les responsables et le personnel. Le contr\u00f4le devient donc inefficace et perd ses capacit\u00e9s d\u2019initiatives. Le rapport indique qu\u2019il s\u2019agit \u00ab d\u2019un climat favorable \u00e0 la captation de la rente mini\u00e8re\u00bb. Cette modification des organismes de contr\u00f4les est aggrav\u00e9e par le statut de l\u2019entreprise qui du fait d\u2019une convention avec l\u2019Etat dispose de l\u2019autonomie d\u2019une entreprise priv\u00e9e. Elle \u00e9chappe de ce fait au contr\u00f4le de la Cour des comptes ou du Parlement, c\u2019est ce \u00ab qui explique probablement le peu de cas de malversations ou de plaintes port\u00e9es devant les tribunaux \u00bb, selon l\u2019ITIE.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9fi de la gouvernance de l\u2019orpaillage<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la Snim, d\u2019autres aspects de l\u2019industrie mini\u00e8re mauritanienne posent questions. La pouss\u00e9e de la fi\u00e8vre de l\u2019or a pouss\u00e9 depuis 2016 des milliers de jeunes d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s \u00e0 se lancer dans l\u2019orpaillage dans la r\u00e9gion du Tiris Zemmour. Une pratique risqu\u00e9e qui engendre de nombreux accidents, voire des vandalismes sur des sites exploit\u00e9s par des compagnies mini\u00e8res. Un temps d\u00e9pass\u00e9s par le ph\u00e9nom\u00e8ne, les pouvoirs publics ont entrepris l\u2019encadrement des EMAPE (exploitation mini\u00e8re artisanale et \u00e0 petite \u00e9chelle).<\/p>\n<p>L\u2019orpaillage artisanal extrait 130 millions de tonnes en 2020, ce qui repr\u00e9sente les deux tiers de la production d\u2019entreprises industrielles comme la MCM. Le gouvernement a compris le profit qu\u2019il pouvait en retirer. La Banque Centrale Mauritanienne a lanc\u00e9 un programme de rachat de l\u2019or brut aupr\u00e8s des producteurs d\u2019or locaux. Elle d\u00e9ploie ainsi des comptoirs \u00e0 Chami et Zouerate. En 2021, ce programme a permis d\u2019extraire 3.5 tonnes de minerai, soit une baisse de 22.9% par rapport \u00e0 2020. <\/p>\n<p>Les EMAPE catalysent plusieurs probl\u00e9matiques sensibles : orpaillage clandestin, corruption, blanchiment d\u2019argent, d\u00e9g\u00e2ts environnementaux, mais aussi march\u00e9 noir. Il est estim\u00e9 qu\u2019environ 70% de la production d\u2019or artisanale se dirige vers le march\u00e9 noir. La banque centrale n\u2019ach\u00e8te cet or qu\u2019\u00e0 taux fixe sous les prix du march\u00e9 noir. En laissant prolif\u00e9rer cette activit\u00e9, la Mauritanie laisse au terrorisme et \u00e0 la criminalit\u00e9 de la r\u00e9gion une nouvelle fa\u00e7on de se financer. Cela constituerait par ailleurs une perte de revenus fiscaux importante pour le pays de l\u2019ordre de 300 millions de dollars.<\/p>\n<p><strong>Un secteur minier moins attractif<\/strong><br \/>\nCes manquements dans la gouvernance mini\u00e8re du pays se refl\u00e8tent dans l\u2019Annual Survey of Mining Companies 2021 du Fraser Institute. La Mauritanie perd ainsi des places dans la plupart des classements, alors qu\u2019elle \u00e9tait 34\/77 en 2020 concernant les pratiques mini\u00e8res, elle est en 2021 \u00e0 60\/84. De m\u00eame, au niveau de l\u2019attractivit\u00e9 des investissements, elle perd quatre places et passe de 48 \u00e0 53. Une chute qui serait notamment due \u00e0 la permissivit\u00e9 du gouvernement vis-\u00e0-vis de l\u2019orpaillage clandestin, comme le rapporte le responsable d\u2019une entreprise mini\u00e8re. <\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de son mandat, le pr\u00e9sident Ghazouani s\u2019est engag\u00e9 contre la corruption. La tenue de la commission d\u2019enqu\u00eate sur la fortune suspecte du pr\u00e9sident Aziz suivi de son proc\u00e8s ont d\u00e9montr\u00e9 sa bonne foi en la mati\u00e8re. Cependant, les probl\u00e8mes engendr\u00e9s par l&#8217;orpaillage artisanal viennent ternir le bilan globalement positif de ce premier mandat.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier rapport de l\u2019Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2022 pointait plusieurs d\u00e9faillances, dont l\u2019encadrement de l\u2019orpaillage artisanal. Des vuln\u00e9rabilit\u00e9s aux d\u00e9rives de gestion En d\u00e9pit de la politique anti-corruption du pr\u00e9sident Ghazouani, la corruption demeure end\u00e9mique. 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