{"id":7707,"date":"2023-11-07T15:00:04","date_gmt":"2023-11-07T15:00:04","guid":{"rendered":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=7707"},"modified":"2023-11-07T13:19:29","modified_gmt":"2023-11-07T13:19:29","slug":"appd-ue-mauritanie-les-scientifiques-soulignent-les-problemes-de-durabilite-mais-evitent-daborder-la-protection-des-recifs-coralliens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ladepeche.mr\/?p=7707","title":{"rendered":"APPD UE-Mauritanie : les scientifiques soulignent les probl\u00e8mes de durabilit\u00e9, mais \u00e9vitent d&#8217;aborder la protection des r\u00e9cifs coralliens"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9but octobre, le compte-rendu du dernier Comit\u00e9 Scientifique Conjoint (C.S.C.) de l\u2019accord UE-Mauritanie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9.<br \/>\nCe comit\u00e9 r\u00e9unit chaque ann\u00e9e des scientifiques des deux parties pour suivre l&#8217;\u00e9tat des diff\u00e9rentes p\u00eacheries et conseiller la commission mixte qui supervise la mise en \u0153uvre de l&#8217;accord de partenariat pour une p\u00eache durable (APPD) entre l&#8217;UE et la Mauritanie. <\/p>\n<p>Bien que ce document de pr\u00e8s de 90 pages soit dense et truff\u00e9 de jargon scientifique, il vaut la peine d&#8217;\u00eatre lu. Il r\u00e9v\u00e8le qu&#8217;il reste un long chemin \u00e0 parcourir pour garantir que toutes les flottes de l&#8217;UE actives en Mauritanie p\u00eachent de mani\u00e8re durable, notamment en ce qui concerne le contr\u00f4le et la limitation des prises accessoires et des rejets. Il montre \u00e9galement que la flotte europ\u00e9enne p\u00eachant les petits p\u00e9lagiques, en particulier les navires d&#8217;Europe de l&#8217;Est, continue d&#8217;ignorer ses obligations d&#8217;embarquer des observateurs \u00e0 bord. Mais ce que le proc\u00e8s-verbal ne dit pas est \u00e9galement significatif : il est surprenant de constater que le Comit\u00e9 Scientifique Conjoint n&#8217;examine pas les mesures \u00e0 prendre pour prot\u00e9ger les r\u00e9cifs coralliens en eau profonde de Mauritanie, un \u00e9cosyst\u00e8me marin vuln\u00e9rable, de l&#8217;impact du chalutage.<\/p>\n<p>Quand un poisson est-il une \u00ab prise accessoire \u00bb ?<br \/>\nEn g\u00e9n\u00e9ral, nous consid\u00e9rons les prises accessoires comme des animaux captur\u00e9s lors d&#8217;une op\u00e9ration de p\u00eache, dont les p\u00eacheurs ne veulent pas, qu&#8217;ils ne peuvent pas vendre ou qu&#8217;ils ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 garder. Mais ce n&#8217;est pas toujours le cas. Pour les chalutiers crevettiers de l&#8217;UE actifs dans le cadre de l&#8217;APPD avec la Mauritanie, jusqu&#8217;\u00e0 un tiers de leurs captures sont consid\u00e9r\u00e9es comme des prises accessoires, m\u00eame s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;esp\u00e8ces de grande valeur : poissons (jusqu&#8217;\u00e0 15 %), c\u00e9phalopodes (jusqu&#8217;\u00e0 8 %) et crabes (jusqu&#8217;\u00e0 10 %). Pour les 15 chalutiers crevettiers europ\u00e9ens qui ont op\u00e9r\u00e9 dans les eaux mauritaniennes en 2022, la lotte et le poulpe dominent les prises accessoires et sont vendus par les op\u00e9rateurs. En pratique, comme le souligne le CSC, ces chalutiers dits \u00ab crevettiers \u00bb n&#8217;ont pas une seule esp\u00e8ce cible, mais trois : crevettes, poissons et c\u00e9phalopodes. Comme dans les autres APPD multi-esp\u00e8ces, une premi\u00e8re question qui vient \u00e0 l&#8217;esprit est de savoir si et comment l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 ces \u00ab autres esp\u00e8ces cibles \u00bb est mesur\u00e9 lors de la fixation des co\u00fbts d&#8217;acc\u00e8s pour les chalutiers crevettiers.<\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me li\u00e9 aux prises accessoires est qu&#8217;elles ne sont pas prises en compte de mani\u00e8re pr\u00e9cise dans la gestion des ressources, qui se concentre sur la gestion des p\u00eacheries en fonction de leurs principales esp\u00e8ces cibles. Un exemple mis en exergue par le CSC est l&#8217;importance des prises accessoires de merlu noir dans les d\u00e9barquements des p\u00eacheries de petits p\u00e9lagiques : \u00ab l&#8217;analyse des donn\u00e9es montre que 38% de la production de merlu dans la ZEE mauritanienne provient des prises accessoires dans d&#8217;autres p\u00eacheries [\u2026]. La cat\u00e9gorie des chalutiers p\u00e9lagiques est responsable de plus de 90% en moyenne sur les quatre derni\u00e8res ann\u00e9es (2019-2022) de ces captures accessoires \u00bb. Ainsi, 34% de la production de merlu en Mauritanie est captur\u00e9e en tant que prise accessoire par les chalutiers ciblant les petits p\u00e9lagiques. <\/p>\n<p>Ce doit \u00eatre une bonne nouvelle pour les op\u00e9rateurs : un kilo de merlu vaut beaucoup plus qu&#8217;un kilo de sardines. Mais c&#8217;est une mauvaise nouvelle pour le merlu, que les scientifiques consid\u00e8rent comme une ressource surexploit\u00e9e. Pour le CSC, cette situation de surexploitation est en partie li\u00e9e aux captures de merlu par les chalutiers ciblant les petits p\u00e9lagiques. R\u00e9duire la mortalit\u00e9 par p\u00eache du merlu noir pour lui permettre de se reconstituer est une n\u00e9cessit\u00e9, et le CSC demande l&#8217;interdiction totale des captures accessoires d\u00e9mersales par les chalutiers p\u00e9lagiques p\u00eachant dans le cadre de l\u2019APPD : \u00ab La mise en \u0153uvre de cette mesure est de nature \u00e0 d\u00e9courager le ciblage suppos\u00e9 de ces esp\u00e8ces, y compris le merlu noir, cependant elle pourrait accentuer le niveau des rejets et\/ou la mauvaise d\u00e9claration \u00bb. <\/p>\n<p>Si cet appel \u00e0 l&#8217;interdiction des captures accessoires de poissons d\u00e9mersaux, y compris le merlu, par les chalutiers p\u00e9lagiques est bienvenu, il est difficile d&#8217;envisager comment il sera mis en \u0153uvre et contr\u00f4l\u00e9. Actuellement, la l\u00e9gislation mauritanienne autorise un maximum de 3% en poids de captures accessoires pour les chalutiers p\u00e9lagiques op\u00e9rant dans le cadre de l&#8217;APPD. Le CSC avertit que les \u00ab prises accessoires d\u00e9passent largement les 3% autoris\u00e9s par le protocole sur la p\u00e9riode r\u00e9cente, particuli\u00e8rement sur les trois derni\u00e8res ann\u00e9es [\u2026] principalement du fait d\u2019une augmentation des thons mineurs \u00bb. Cependant, le CSC reconna\u00eet \u00e9galement que la \u00ab part des captures accessoires pour les esp\u00e8ces d\u00e9mersales a diminu\u00e9 depuis 2017 et est inf\u00e9rieure a 1% sur les ann\u00e9es r\u00e9centes (et reste inf\u00e9rieure \u00e0 3% si l\u2019on inclut le merlu) \u00bb. Pourtant, par rapport au potentiel de capture, cela repr\u00e9sente une part importante pour certaines esp\u00e8ces, comme le merlu. Le probl\u00e8me est que le protocole de l&#8217;APPD d\u00e9finit un taux de prises accessoires de 3 % sans pr\u00e9ciser la nature des esp\u00e8ces concern\u00e9es. Pour y rem\u00e9dier, le CSC recommande de d\u00e9finir la liste et le pourcentage des esp\u00e8ces cibles (primaires et secondaires) et celles autoris\u00e9es pour les prises accessoires. Ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 cette condition qu&#8217;il sera possible de garantir l&#8217;interdiction des captures accessoires d&#8217;esp\u00e8ces d\u00e9mersales.<\/p>\n<p>La pratique des rejets, c&#8217;est-\u00e0-dire des animaux captur\u00e9s que les op\u00e9rateurs ne veulent pas garder et qu&#8217;ils rejettent en mer, est une autre pr\u00e9occupation pour la durabilit\u00e9 des chalutiers de l&#8217;UE op\u00e9rant dans le cadre de l\u2019APPD, en particulier les chalutiers crevettiers. Les parties \u00e0 l\u2019APPD ont demand\u00e9 au CSC \u00ab si le nombre maximal des navires de l\u2019Union op\u00e9rant en m\u00eame temps peut passer de 15 \u00e0 18, sans modification du TAC (Total de Captures Admissibles) fix\u00e9 pour cette cat\u00e9gorie \u00bb. En bref, la r\u00e9ponse du CSC a \u00e9t\u00e9 un \u00ab oui, mais \u00bb, soulignant que \u00ab il faut rappeler que cette p\u00eacherie r\u00e9alise d\u2019importants niveaux de rejets \u00bb, de sorte que l&#8217;augmentation du nombre de chalutiers crevettiers augmentera \u00e9galement les quantit\u00e9s d&#8217;animaux rejet\u00e9s. Plut\u00f4t que d&#8217;augmenter le nombre de chalutiers crevettiers, la priorit\u00e9 devrait \u00eatre d&#8217;\u00e9liminer le gaspillage que repr\u00e9sente la pratique des rejets pour la p\u00eache pratiqu\u00e9e dans le cadre des APPD. Comme le sugg\u00e8re le CSC sur la question des rejets: \u00ab il peut \u00eatre int\u00e9ressant de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la politique mise en place par l\u2019Union Europ\u00e9enne [pour \u00e9liminer les rejets, ndlr] \u00bb.<\/p>\n<p>2. Ne vous laissez pas abuser : la certification des farines et des huiles de poisson n&#8217;est pas un gage de durabilit\u00e9<br \/>\nLes captures de petits p\u00e9lagiques par les navires de l&#8217;UE en Mauritanie sont en baisse constante depuis 2011, et sont bien en dessous de la limite de 225 000 tonnes autoris\u00e9e par le protocole de l&#8217;APPD : le CSC indique que, pour les trois derni\u00e8res ann\u00e9es, elles ont \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieures \u00e0 50 000 tonnes &#8211; seulement 4% des captures totales de petits p\u00e9lagiques captur\u00e9s dans les eaux mauritaniennes. L&#8217;extension en 2012 de la zone c\u00f4ti\u00e8re d&#8217;exclusion des chalutiers p\u00e9lagiques, de 13 \u00e0 20 milles, signifie que la sardinelle, une esp\u00e8ce \u00e9galement captur\u00e9e par les p\u00eacheurs artisans, essentielle pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en Afrique de l&#8217;Ouest, n&#8217;a pratiquement pas figur\u00e9 dans les captures de l&#8217;UE ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la majorit\u00e9 des navires de l&#8217;UE ciblant cette esp\u00e8ce s&#8217;\u00e9tant retir\u00e9s. Depuis 2020, le chinchard et le maquereau ont \u00e9t\u00e9 cibl\u00e9s, principalement par les flottes europ\u00e9ennes des pays de l&#8217;Est de l&#8217;UE comme la Pologne, la Lettonie et la Lituanie.<\/p>\n<p>Les stocks de petits p\u00e9lagiques en Afrique de l&#8217;Ouest sont partag\u00e9s entre plusieurs pays c\u00f4tiers (Maroc, Mauritanie, S\u00e9n\u00e9gal, Gambie), et ces ressources devraient \u00eatre g\u00e9r\u00e9es au niveau r\u00e9gional. Le CSC r\u00e9it\u00e8re cet appel : \u00ab la durabilit\u00e9 de l&#8217;exploitation de ces ressources partag\u00e9es, dont certaines sont surexploit\u00e9es, ne peut \u00eatre assur\u00e9e que dans le cadre d&#8217;une gestion sous-r\u00e9gionale concert\u00e9e \u00bb, et recommande \u00e0 la Mauritanie d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer la mise en \u0153uvre de la recommandation du plan de gestion des petits p\u00e9lagiques, \u00ab de mettre en place des m\u00e9canismes de gestion bilat\u00e9rale sur les esp\u00e8ces partag\u00e9es avec les pays riverains (le Maroc pour la sardine et le S\u00e9n\u00e9gal pour la sardinelle) \u00bb. Il conclut : \u00ab Sans une gestion r\u00e9gionale et un accord sur la r\u00e9partition du TAC entre les pays c\u00f4tiers, il est impossible d&#8217;\u00e9tablir un reliquat pour chaque \u00e9tat c\u00f4tier s\u00e9par\u00e9ment \u00bb. Et donc impossible d&#8217;\u00e9tablir s&#8217;il existe un exc\u00e9dent pour les navires de l&#8217;UE dans le cadre de chaque APPD&#8230;<br \/>\nEn Mauritanie, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une grande partie des captures de la p\u00eache artisanale et c\u00f4ti\u00e8re &#8211; cette derni\u00e8re incluant les senneurs turcs de 40 m\u00e8tres affr\u00e9t\u00e9s -, a \u00e9t\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 la transformation en farine de poisson et en huile de poisson. Selon les chiffres fournis dans le rapport du CSC, en 2018 et 2020, les exportations de farine de poisson ont atteint un record de 127 000 tonnes, correspondant \u00e0 environ 600 000 tonnes de poisson frais. La production de farine de poisson\/huile de poisson a diminu\u00e9 depuis 2020 en raison des mesures prises par le gouvernement mauritanien pour encourager l&#8217;utilisation de petits p\u00e9lagiques pour la consommation humaine. Le CSC souligne par ailleurs les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de contr\u00f4le des usines de farine de poisson : \u00ab Ce suivi rapproch\u00e9 permet de d\u00e9terminer la composition sp\u00e9cifique des esp\u00e8ces transform\u00e9es en farine \u00bb. <\/p>\n<p>Cependant, de mani\u00e8re surprenante, le CSC, apr\u00e8s avoir not\u00e9 le \u00ab processus de certification des p\u00eacheries de petits p\u00e9lagiques, engag\u00e9 par certains op\u00e9rateurs de l\u2019industrie de la farine, en partenariat avec la recherche et l\u2019administration, exhorte les parties prenantes \u00e0 aller au bout de ce processus, gage de la durabilit\u00e9 de ces ressources \u00bb.<\/p>\n<p>Comme nous l&#8217;avons r\u00e9cemment montr\u00e9 dans notre article \u00ab Certifier l\u2019insoutenable \u00bb, ce processus d&#8217;\u00e9cocertification pour la farine de poisson et l&#8217;huile de poisson en Mauritanie, et les affirmations concernant les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 ce jour, s&#8217;apparentent \u00e0 de l&#8217;\u00e9co-blanchiment. Les partenaires de l\u2019APPD devraient plut\u00f4t se concentrer sur la r\u00e9cup\u00e9ration des ressources de petits p\u00e9lagiques et sur la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et des moyens de subsistance, ce que l&#8217;UE peut soutenir davantage, notamment par le biais de l\u2019appui sectoriel de l\u2019APPD.<\/p>\n<p>3. Des sanctions suppl\u00e9mentaires sont n\u00e9cessaires pour ceux qui refusent d&#8217;embarquer des observateurs<br \/>\nLa disponibilit\u00e9 d&#8217;informations d\u00e9taill\u00e9es sur les activit\u00e9s de p\u00eache et les esp\u00e8ces exploit\u00e9es est un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour les \u00e9valuations scientifiques et, en fin de compte, pour la gestion des p\u00eaches. En 2020, avec Birdlife et le WWF, CAPE avait tir\u00e9 la sonnette d&#8217;alarme \u00e0 propos de certains navires de l&#8217;UE, battant pavillon de la Lituanie et de la Lettonie, p\u00eachant des petits p\u00e9lagiques dans le cadre de l&#8217;APPD UE-Mauritanie, qui refusaient d&#8217;embarquer des observateurs scientifiques \u00e0 bord. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation, une mesure a \u00e9t\u00e9 introduite dans le nouveau protocole 2021-2026 de l&#8217;APPD UE-Mauritanie : si un chalutier refuse d&#8217;embarquer des observateurs scientifiques, il ne sera pas autoris\u00e9 \u00e0 quitter le port. <\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, deux ans apr\u00e8s l&#8217;entr\u00e9e en vigueur du nouveau protocole, le CSC se plaint toujours que, pour les p\u00eacheries de petits p\u00e9lagiques, \u00ab le nombre d&#8217;observations en mer effectu\u00e9es \u00e0 bord des chalutiers de l&#8217;UE a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s faible, voire inexistant, au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es \u00bb. Le CSC explique que cette situation est due aux difficult\u00e9s d&#8217;embarquer des observateurs lors de la pand\u00e9mie de COVID, mais aussi \u00e0 un refus des armateurs, invoquant un manque de place \u00e0 bord du fait de l&#8217;obligation d&#8217;embarquer 60% d&#8217;\u00e9quipage mauritanien. Le CSC ajoute que \u00ab Compte tenu des niveaux \u00e9lev\u00e9s de rejets mentionn\u00e9s ci-dessus, il est urgent de trouver une solution pour r\u00e9tablir un niveau satisfaisant d&#8217;observations en mer \u00e0 bord des chalutiers de l&#8217;UE \u00bb. <\/p>\n<p>Le CSC souligne par ailleurs que, dans le cadre du nouveau protocole (annexe 11), \u00ab concernant l&#8217;obligation d&#8217;embarquer deux observateurs, l&#8217;un des deux sera d\u00e9duit de ce nombre minimum de marins mauritaniens \u00bb. Il n&#8217;y a donc aucune raison pour que ces navires n&#8217;embarquent pas d&#8217;observateurs scientifiques. <\/p>\n<p>Il semblerait que la mesure actuelle &#8211; ne pas laisser le navire quitter le port si les observateurs ne sont pas embarqu\u00e9s &#8211; ne soit pas suffisante. Nous r\u00e9it\u00e9rons donc la recommandation que nous avons faite en 2020, \u00e0 savoir que, en plus de cette mesure, le renouvellement par l&#8217;UE de l&#8217;autorisation de p\u00eache devrait \u00eatre conditionn\u00e9 \u00e0 l&#8217;embarquement d&#8217;observateurs scientifiques, comme l&#8217;exige le protocole. <\/p>\n<p>Le CSC souligne \u00e9galement que les \u00ab observations scientifiques \u00e0 bord jouent un r\u00f4le essentiel dans l&#8217;am\u00e9lioration de la s\u00e9paration de toutes les esp\u00e8ces commerciales et elles devraient donc \u00eatre renforc\u00e9es sur tous les fronts (que ce soit via l&#8217;UE, l&#8217;introduction d&#8217;observateurs obligatoires comme sur les navires industriels au Maroc, etc.) \u00bb. Dans le cadre de l&#8217;APPD, l&#8217;UE devrait soutenir les efforts de la Mauritanie visant \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser l&#8217;embarquement d&#8217;observateurs scientifiques. Une question particuli\u00e8re \u00e0 aborder dans ce contexte sera celle de la r\u00e9mun\u00e9ration de ces observateurs, du montant de la contribution des armateurs, et de la mani\u00e8re de garantir l&#8217;ind\u00e9pendance des observateurs &#8211; en effet, le CSC note que \u00ab les faibles niveaux de r\u00e9mun\u00e9ration semblent \u00eatre l&#8217;une des principales raisons pour lesquelles il est difficile de trouver des observateurs scientifiques \u00bb.<\/p>\n<p>4. La protection du plus grand r\u00e9cif corallien d&#8217;eau froide du monde, c\u2019est pour quand ?<br \/>\nLes plus grands r\u00e9cifs coralliens d&#8217;eau froide connus au monde se trouvent en Mauritanie, sur la partie haute du talus, \u00e0 des profondeurs entre 400 et 600 m\u00e8tres, entre la fronti\u00e8re s\u00e9n\u00e9galaise et le cap Timiris, et s&#8217;\u00e9tendent sur plus de 500 km. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts en 2005, lors de l&#8217;exploration des hydrocarbures offshore et \u00e9tudi\u00e9s par la suite lors de campagnes oc\u00e9anographiques espagnoles, mauritaniennes et allemandes. Ces r\u00e9cifs ont connu une forte croissance au cours de la derni\u00e8re p\u00e9riode glaciaire, et abritent toujours aujourd\u2019hui des coraux vivants, et une importante communaut\u00e9 d\u2019organismes, y compris des esp\u00e8ces commerciales et d\u2019autres qui constituent la base alimentaire de nombreuses ressources halieutiques. On y trouve des crustac\u00e9s, des c\u00e9phalopodes ou encore une esp\u00e8ce d\u2019hu\u00eetre qui peut vivre jusqu&#8217;\u00e0 500 ans. On y rencontre \u00e9galement des tortues marines, des baleines bleues, en fin d\u2019hiver, et, en \u00e9t\u00e9, des oiseaux marins. Le chalutage, mais aussi la pollution, le bruit et le transport maritime accrus li\u00e9s \u00e0 l&#8217;exploration et \u00e0 l&#8217;exploitation des hydrocarbures, font peser de grands risques sur cet habitat fragile.<br \/>\n(avec capecffa.org)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9but octobre, le compte-rendu du dernier Comit\u00e9 Scientifique Conjoint (C.S.C.) de l\u2019accord UE-Mauritanie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Ce comit\u00e9 r\u00e9unit chaque ann\u00e9e des scientifiques des deux parties pour suivre l&#8217;\u00e9tat des diff\u00e9rentes p\u00eacheries et conseiller la commission mixte qui supervise la mise en \u0153uvre de l&#8217;accord de partenariat pour une p\u00eache durable (APPD) entre l&#8217;UE et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":7708,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,2],"tags":[],"class_list":["post-7707","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7707"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7707\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7709,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7707\/revisions\/7709"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7708"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ladepeche.mr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}