Monétisation carbone : Où en est-on de l’accord Somelec- Aera Group?

Janvier 2018, le groupe français, investi dans la finance carbone en Afrique, Aera Group, inaugurait, avec la Somelec, le lancement d’une certification carbone pour les projets d’énergies renouvelables. Aera Group devait se charger, sur 10 ans, de la monétisation des crédits carbone afin « de générer des revenus complémentaires pour la SOMELEC». Où en est-on ? C’est encore la nuit et le brouillard.
Sept ans se sont écoulés depuis l’accord qualifié de « pionnier » dans le domaine entre la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC) et Aera Group pour la finance carbone. Pourtant aucune information ne filtre sur ce montage que l’entreprise française a promis de mettre en œuvre pour le compte de la Somelec. Contactée par nos soins, l’entreprise française ne répond pas. Un silence radio qui inquiète sur le processus suivi d’autant plus que la Somelec, elle non plus, ne se montre pas prolixe sur le sujet.
Placé dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, le projet a vite emballé pour son cachet « vert ». La mise en place du projet remonte à l’ère du président Aziz. Et les français de Aera Group juraient par tous les saints qu’il rapporterait gros à la trésorerie de la Somelec. Dans les usages internationaux, le prix moyen d’un crédit carbone se situe entre 10€ et 500€ la tonne de CO2. Un cashflow sonnant et trébuchant dont ne pouvait se passer l’entreprise dirigée par Merkhi, homme de main du président Aziz. Aera Group avait même évalué les projets d’énergies renouvelables déployés dans les efforts de lutte contre le réchauffement climatique à une puissance de 195 MW en plus de 16 MW installée au niveau des centrales hybrides de 11 villes à l’intérieur du pays. «Près de 350.000 tonnes d’émissions équivalent CO2 seront ainsi évitées chaque année par ces moyens de production électrique » assurait ce partenariat Somelec- Aera Group. Mieux ce potentiel devait être renforcé par la mise en service d’un parc éolien de 100 MW censé porter à près de 200 MW la puissance des centrales vertes raccordées au réseau.
A l’heure actuelle, aucune des deux parties ne veut apparemment s’en ouvrir aux médias au détriment de la transparence sur cet accord. Peut-être même que les deux parties ont intérêt à garder le silence sur un projet qui pourrait in fine avoir échoué. Ce qui est sûr c’est que le déficit de transparence suscite toutes les supputations.
JD