Rapport sur les livraisons d’armes à Israél: La France tend une main aux victimes et de l’autre arme leur bourreau

La duplicité française face au drame de Gaza donne à réfléchir sur l’ordre –plutôt le désordre- qui règne aujourd’hui dans le monde.
En effet, depuis le début de la tragédie à Gaza, le gouvernement français tente de maintenir un équilibre diplomatique de plus en plus intenable. D’un côté, Paris multiplie les déclarations de compassion envers les Palestiniens, condamne publiquement certaines opérations militaires israéliennes et laisse parfois s’exprimer des gestes symboliques forts, comme son soutien à l’adhésion de la Palestine aux NU. De l’autre, la France (officielle) continue, dans l’ombre, à entretenir des relations militaires et industrielles avec Israël ; à donner, sans état d’âmes, à Israél les moyens d’extermination des populations palestiniennes.
Non, ce n’était pas un poisson d’avril lorsque, le 1er avril 2026, Israël annonçait sa décision de « ramener à zéro » ses importations militaires en provenance de la France. Cette décision preuve s’il en est que la France n’a jamais cessé de livrer son armement en dépit des déclarations officielles, intervenait après la polémique liée au survol du territoire français par un avion transportant des armes lourdes destinées au gouvernement de Benyamin Netanyahou, aujourd’hui visé par de nombreuses accusations internationales pour les crimes commis à Gaza. L’annonce israélienne avait alors été présentée comme une réponse politique à une prétendue hostilité française.
Mais derrière les déclarations officielles et les tensions diplomatiques affichées, la réalité semble bien différente. Le gouvernement Macron a choisi de faire le dos rond, refusant de répondre clairement aux accusations israéliennes tout en évitant soigneusement un débat transparent sur les exportations militaires françaises vers Israël.
Il a fallu attendre un rapport publié récemment pour lever une partie du voile. Ce document, établi conjointement par l’organisation Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement, accuse directement la France de complicité dans le génocide en cours à Gaza. Selon les auteurs, des entreprises françaises comme Thales, Sermat et Safran auraient livré au moins 525 cargaisons d’armes et de composants militaires à Israël entre octobre 2023 et mars 2026.
Le rapport décrit un flux continu d’équipements militaires, maintenu malgré les destructions massives, les bombardements indiscriminés et les dizaines de milliers de victimes civiles palestiniennes. Une telle continuité logistique ne peut évidemment pas exister sans l’aval politique de l’État français. Les rédacteurs dénoncent ainsi une politique du « double langage » : condamner publiquement certaines exactions tout en permettant, discrètement, leur poursuite matérielle.
Cette situation pose une question fondamentale : à quoi servent les déclarations humanitaires si, dans le même temps, les armes continuent d’être livrées ? Le droit international interdit pourtant toute assistance susceptible de contribuer à des crimes de guerre ou à des violations massives des droits humains. La France, qui aime se présenter comme la patrie des droits de l’homme, semble aujourd’hui prisonnière de ses intérêts stratégiques, industriels et géopolitiques.
L’attitude du gouvernement Macron illustre surtout la crise morale qui traverse les démocraties occidentales face au conflit israélo-palestinien. Les symboles sont devenus une façade destinée à préserver une image progressiste, tandis que les choix réels restent dictés par des alliances militaires, des intérêts économiques et une hypocrisie bien partagée. Le drapeau palestinien peut être hissé devant certaines mairies ; cela ne change rien pour les familles ensevelies sous les bombes à Gaza si, au même moment, des entreprises françaises continuent d’alimenter la machine de guerre israélienne.
J.D
Livraisons-darmes-de-la-france-vers-israel-un-flux-ininterrompu.pdf