État civil : le ministre de l’Intérieur défend les réformes engagées devant les députés

L’Assemblée nationale a consacré sa séance publique de jeudi, présidée par son président Mohamed Bamba Meguett, à l’examen de deux questions orales avec débat portant sur l’état civil et les difficultés rencontrées par les citoyens dans l’obtention de leurs documents administratifs.

Les interrogations ont été soulevées par les députés Kadiata Malick Diallo et Almamy Ilo Ba, qui ont attiré l’attention du gouvernement sur les obstacles persistants liés à l’enrôlement et à la régularisation des dossiers d’état civil.

Prenant la parole, la députée Kadiata Malick Diallo a estimé que la fermeture des opérations d’inscription au Registre national des documents sécurisés avait laissé de nombreux citoyens sans pièces d’identité. Elle a également relevé que la décision adoptée en juillet 2025 pour encadrer les modalités d’inscription à l’état civil n’a pas permis, selon elle, d’accélérer suffisamment les procédures ni de simplifier les démarches administratives.

La parlementaire a ainsi demandé quelles mesures le département de l’Intérieur entendait mettre en œuvre afin de garantir à tous les Mauritaniens l’accès aux documents d’état civil et aux droits qui en découlent.

De son côté, le député Almamy Ilo Ba a souligné la persistance de difficultés dans l’enregistrement des citoyens et la correction des erreurs figurant sur les documents d’état civil. Il a notamment évoqué les retards observés dans la mise en place des commissions chargées de traiter ces dossiers, une situation qui, selon lui, suscite l’inquiétude des citoyens en attente de solutions rapides.

Répondant aux deux élus, le ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a affirmé que l’enrôlement au Registre national de la population n’est désormais plus soumis à des campagnes exceptionnelles ni à des échéances limitées dans le temps. Il a expliqué qu’il s’agit aujourd’hui d’un service public permanent, accessible en continu à travers les centres compétents du pays.

Le ministre a rappelé que le dossier de l’état civil constitue l’un des chantiers les plus complexes hérités par les pouvoirs publics, en raison d’accumulations de dysfonctionnements administratifs, techniques et sociaux sur plusieurs décennies. Depuis 2019, a-t-il indiqué, le gouvernement a opté pour une approche fondée sur des réformes structurelles visant à traiter les causes profondes du problème.

Selon lui, le nombre de personnes inscrites au Registre national de la population est passé de 3,4 millions en 2019 à plus de 5,1 millions aujourd’hui, soit plus de 1,7 million de nouveaux enrôlés. Cette progression témoigne, a-t-il soutenu, de l’élargissement de l’accès aux services d’état civil à des catégories de citoyens longtemps restées en marge du système.

Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine a également mis en avant les efforts de modernisation engagés, notamment la numérisation des services, le renforcement des infrastructures techniques, le déploiement de missions mobiles sur le terrain et la réalisation d’une vaste enquête ayant permis l’enregistrement de plus de 613 000 citoyens confrontés à des difficultés d’enrôlement.

Le ministre a souligné que la réforme juridique adoptée en 2025 marque une avancée majeure en consacrant le principe d’un enrôlement permanent et ouvert. Désormais, tout citoyen remplissant les conditions légales peut solliciter son inscription à tout moment. Dans ce cadre, 36 516 personnes ont déjà été enregistrées en moins d’un an.

Insistant sur l’importance du droit à l’identité, il a rappelé que l’accès aux documents d’état civil constitue une condition essentielle pour bénéficier des services publics, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, de l’emploi et de la participation à la vie politique.

Concernant les commissions locales d’identification et de statistiques évoquées par le député Almamy Ilo Ba, le ministre a indiqué que les 238 commissions prévues ont été installées dans l’ensemble des communes du pays depuis la fin du mois de septembre dernier. Il a précisé que les dispositions techniques et administratives nécessaires à leur fonctionnement ont été prises et que ces structures ont déjà examiné et traité des dizaines de milliers de dossiers.

Selon lui, cette nouvelle approche vise à mettre fin aux difficultés rencontrées par les citoyens qui n’avaient pas pu être enregistrés lors des précédentes campagnes. Elle doit garantir à chaque citoyen remplissant les conditions requises l’accès aux services de l’état civil et aux documents sécurisés dans le respect des principes de transparence, d’équité et de justice.

(avec médias)

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