Nouadhibou/ Mohamed Ould Maouloud : « l’approvisionnement en eau s’est transformé en un mirage et nous réclamons une enquête »

Le président de l’Alliance des forces de progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud, cité par « alakhbar », a qualifié de « catastrophique» la situation de pénurie d’eau qui frappe la ville de Nouadhibou, estimant qu’elle est « incompréhensible et inacceptable dans un État qui se respecte ». Il a appelé à l’ouverture d’une enquête rapide pour établir les responsabilités dans ce qu’il considère comme un grave échec des politiques publiques.

Dans une déclaration accordée à l’Agence « Alakhbar », le chef de file de l’opposition démocratique a affirmé que les solutions censées mettre fin à la crise n’ont pas produit les résultats escomptés. Selon lui, les forages qui devaient fournir 10 000 mètres cubes d’eau par jour ne produisent plus rien, tandis que l’unité de dessalement prévue pour générer 5 000 mètres cubes n’en produisait plus que 1 500 avant de cesser totalement ses activités. Une autre unité inaugurée en 2019 serait également à l’arrêt.

Mohamed Ould Maouloud a souligné que les quelque 177 000 habitants de Nouadhibou restent confrontés à une pénurie chronique d’eau depuis 2016, malgré les multiples interventions des autorités. Il a déploré la récurrence de cette crise, qu’il a qualifiée de « série continue et regrettable ».

Selon lui, le dernier épisode est particulièrement préoccupant, intervenant moins d’un an après le lancement officiel par le président Mohamed Ould Ghazouani d’un projet présenté comme une solution durable au problème d’approvisionnement en eau de la capitale économique. Ce projet, a-t-il rappelé, a mobilisé un investissement de 32 milliards d’anciennes ouguiyas.

L’opposant a indiqué que la situation s’est aggravée ces derniers mois : les coupures d’eau, qui duraient auparavant quelques jours ou une semaine, s’étendent désormais sur plusieurs semaines et touchent l’ensemble des quartiers de la ville.

Face à cette situation, il a évoqué l’espoir placé dans l’intégration de nouveaux forages appartenant à la Société nationale industrielle et minière (SNIM) au réseau urbain, afin d’atténuer les difficultés d’approvisionnement, notamment durant la période estivale marquée par une forte demande en eau.

Mohamed Ould Maouloud a estimé que cette crise illustre l’échec de l’État dans la gestion des services publics et révèle, selon lui, un problème de gouvernance et de corruption. Il a rappelé que près de 9 milliards d’anciennes ouguiyas avaient déjà été investis dans des installations aujourd’hui hors service, tandis que le projet d’extension de Boulenouar a mobilisé 32 milliards.

Le dirigeant de l’UFP a appelé les autorités à identifier les défaillances éventuelles dans la conception, l’exécution, le suivi ou la réception des projets, avant d’engager de nouveaux investissements. Il a insisté sur la nécessité de déterminer les responsabilités dans ce qu’il a qualifié de « scandale », estimant que la crise menace directement la vie des citoyens, l’activité économique et les finances publiques.

Il a enfin mis en doute la crédibilité des nouveaux projets annoncés, notamment celui d’une usine de dessalement d’une capacité de 50 000 mètres cubes par jour, jugeant difficile de croire à sa réussite alors que les infrastructures existantes de moindre capacité n’ont pas pu être maintenues en fonctionnement.

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