Ghazouani veut améliorer les retombées économiques et financières du secteur minier : qu’en sera-t-il des sociétés industrielles?

Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a appelé, vendredi à Akjoujt, à une réforme de la gouvernance du secteur minier, estimant que les dysfonctionnements réglementaires qui le caractérisent limitent ses retombées économiques et financières et exposent davantage les travailleurs aux risques environnementaux et sécuritaires. Mais apparemment, il ne s’agirait que de l’orpaillage alors que les multinationales qui brassent les plus grandes fortunes d’exploitation de notre sous-sol ne seraient pas concernées.

S’exprimant lors d’une rencontre avec les cadres et les habitants de la ville, le chef de l’État a indiqué que le les autorités de tutelle préparent de nouveaux plans de régulation destinés à mieux encadrer les activités minières et à leur permettre de contribuer davantage aux objectifs économiques et sociaux du pays. Une bonne nouvelle, pensait-on, pour un pays qui subit de plein fouet le contrepoids des crises d’approvisionnement nées du conflit au Proche-Orient et de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Les observateurs s’interrogent donc déjà sur la profondeur de cette réforme pour améliorer les retombées économiques et financières pour le pays. Va-t-elle englober les grandes entreprises comme MCM ou encore Tasiazt dont les marges bénéficiaires sont énormes, voire indécentes dans un pays aussi pauvre que le nôtre. En effet, l’exemple de Tasiazt qui s’enrichit au détriment du pays et de ses populations soulève des interrogations sur l’équité du contrat signé sous d’autres conditions.

La société Kinross reconnait, en effet, dans ses dernières prévisions de production pour son 3ème trimestre 2026 que son portefeuille est tiré par la production, à moindres coûts, de sa mine mauritanienne de Tasiazt. Celle-ci lui assure (avec paracatu) sa performance de production actuelle pendant que sur ses autres sites les conditions d’exploitation ne sont pas optimumales.

Les mauvaises langues prétendent d’ailleurs que certaines de ces entreprises sont devenues intouchables, non en raison de leur contribution marquée à l’économie mais parce qu’elles bénéficieraient d’une “protection” qui ne dit pas son nom.

Le président Ghazouani a enfin réaffirmé que l’État ne tolérera plus les activités de prospection et d’exploitation menées en dehors du cadre légal, appelant au strict respect des procédures régissant le secteur. Il a rappelé que les zones consacrées à l’exploitation minière artisanale comme industrielle sont soumises à des lois et à des règles qui doivent être respectées pour garantir les résultats escomptés.

 

 

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