La Commission européenne considère le renouvellement de l’accord de pêche avec la Mauritanie comme une « priorité absolue »

La Mauritanie et l’Union européenne poursuivent leurs discussions pour renouveler leur accord de partenariat dans le domaine de la pêche, à quelques semaines de l’expiration du protocole actuel. Mais derrière la volonté affichée des deux parties de parvenir à un nouvel accord, les négociations achoppent toujours sur deux questions sensibles : le montant de la contrepartie financière et l’accès de la flotte européenne à certaines ressources halieutiques.
Le dossier est d’autant plus délicat que les ressources concernées ne sont pas inépuisables. Certaines font déjà l’objet d’une forte pression, voire d’une exploitation jugée excessive. Pour Nouakchott, l’ouverture de ses eaux ne peut donc plus être envisagée uniquement sous l’angle des possibilités de capture. Elle doit également tenir compte de l’état des stocks, des intérêts de la pêche nationale et de la nécessité de préserver la ressource sur le long terme.
C’est précisément sur ce point que se joue une partie importante des discussions. La Mauritanie souhaite obtenir une contrepartie financière à la hauteur de la valeur des ressources auxquelles les navires européens pourraient accéder, tout en évitant d’accroître la pression sur les espèces déjà fortement exploitées. Les modalités d’accès, les espèces concernées, les volumes autorisés et le niveau de compensation sont ainsi étroitement liés dans les négociations.
Bruxelles, de son côté, ne cache pas l’importance du dossier pour une partie de sa flotte. Le ministre espagnol de l’Agriculture et de la Pêche, Luis Planas, a récemment appelé la Commission européenne à accélérer les discussions avec Nouakchott afin de parvenir à un nouvel accord avant l’expiration du protocole actuel, prévue à la mi-novembre 2026. La Commission européenne considère également le renouvellement du partenariat comme un dossier “prioritaire” pour les intérêts de la flotte européenne.
Le temps presse donc, mais les positions restent à rapprocher. Pour la Mauritanie, il s’agit de trouver un équilibre entre la valorisation économique de ses ressources, leur préservation et la défense des intérêts de son propre secteur de la pêche. Pour l’Union européenne, l’enjeu est de maintenir un accès à une zone de pêche stratégique pour une partie de sa flotte. La poursuite des pourparlers devra désormais permettre de transformer ces intérêts parfois divergents en un compromis acceptable pour les deux parties.