Les États-Unis sanctionnent la Cour pénale internationale, l’instance dénonce une «attaque contre l’État de droit»

Le gouvernement américain a annoncé, vendredi 9 octobre, sanctionner la Cour pénale internationale (CPI), quelques heures après que l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay a été récompensée du prix Nobel de la paix, notamment pour son travail au sein de l’institution. Des sanctions aussitôt dénoncées par la CPI, selon laquelle « l’histoire jugera ce moment ».

Les réactions internationales se multiplient

Les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont déclaré vendredi « rester unis » derrière la CPI face aux sanctions américaines. « Nous, États parties soussignés au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), réaffirmons notre soutien constant et indéfectible à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la CPI », ont-ils ajouté dans une déclaration commune.

La Suisse a également réaffirmé vendredi son soutien à la CPI et rejeté les sanctions américaines. Berne a dit rejeter « les sanctions, les menaces et toutes autres mesures visant à porter atteinte à l’indépendance de la Cour et à sa capacité de remplir son mandat », réaffirmant son soutien à la CPI « en tant qu’institution judiciaire indépendante et impartiale ».

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a, lui, jugé ces sanctions « inacceptables », dénonçant « une série de mesures de représailles contre la CPI et son personnel » pour leur travail visant à « faire progresser l’obligation de rendre des comptes pour les violations les plus graves des droits de l’homme ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément alarmé par l’impact attendu » de ces mesures, qui « portent un coup sérieux à notre action collective en faveur de la justice pénale internationale ». Il a également réitéré son soutien indéfectible à l’indépendance de la Cour et de ses responsables, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric.

L’Union européenne a, de son coté, déploré les sanctions américaines. « Il est profondément regrettable que les États-Unis aient annoncé leur intention d’imposer des sanctions », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué. L’UE se dit « prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail ».

Les États-Unis sanctionnent la Cour pénale internationale, l’instance dénonce une «attaque contre l’État de droit» – RFI

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