Economie : le projet Moudoun n’a pas livré tous ses secrets

Le Projet d’appui à la décentralisation et au développement des villes intermédiaires productives (Moudoun), financé conjointement par le gouvernement mauritanien et la Banque mondiale à hauteur de 71 millions de dollars, suscite toujours des interrogations sur les conditions de son exécution. Son ancien directeur se défend toujours d’avoir été écarté en raison de sa gestion.

Parmi les infrastructures réalisées dans le cadre de ce programme figure le centre d’enfouissement technique (CET) de Rosso, dont le marché a été attribué à la société Tawfigh pour un montant de 1,27 milliard d’anciennes ouguiyas.

Lancé pour la période 2020-2025, le projet Moudoun bénéficie d’un financement de 66 millions de dollars sous forme de don de la Banque mondiale, complété par une contribution de l’État mauritanien. Il couvre sept villes et localités — Rosso, Sélibaby, Kiffa, Aïoun, Néma, Bassiknou et Adel Bagrou — ainsi que le camp de réfugiés de M’Berra. Son objectif est de soutenir la décentralisation, de renforcer les infrastructures urbaines et d’améliorer les conditions de vie des populations.

Le lancement de ce projet gigantesque a été fait en 2023 par l’ancien ministre, Ousmane Mamadou Kane.

Toutefois, l’exécution du programme aurait été marquée par plusieurs difficultés, notamment des défaillances techniques présumées, des interrogations sur le respect des engagements contractuels et des soupçons d’irrégularités dans la gestion de certains marchés. Les responsabilités évoquées dans ce dossier ne semblent pas avoir été entièrement éclaircies, soulevant des questions sur le rôle des différents intervenants dans la réalisation et le contrôle des ouvrages.

Le centre d’enfouissement technique de Rosso constitue l’un des volets sensibles de cette affaire. Inaugurée en 2024 sous le patronage du président Mohamed Ould Ghazouani, cette infrastructure devait apporter une réponse durable au problème des déchets solides, améliorer l’assainissement urbain et contribuer à la protection de l’environnement.

L’attribution du marché a été faite à la société Tawfigh, pour une enveloppe de 1,27 milliard d’anciennes ouguiyas.

Depuis les questions fusent sur le respect du cahier des charges, la qualité des travaux, les modalités de réception et le fonctionnement effectif de l’installation constituaient autant de points qui méritaient d’être examinés.

Au-delà du cas de Rosso, le dossier Moudoun relance la question de la transparence dans la gestion des projets financés sur fonds publics et par les partenaires internationaux. La publication des audits, des conclusions des missions de contrôle et des éventuelles décisions prises à la suite des dysfonctionnements signalés permettrait de mieux cerner les responsabilités et d’évaluer les résultats obtenus au regard des sommes engagées.

Nous y reviendrons plus en détails

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