Le PRA en Mauritanie: 219 millions de dollars de la Banque mondiale conditionnés à des réformes

La Mauritanie pourrait bénéficier d’un financement estimé à 219 millions de dollars pour la période 2026-2028 dans le cadre du Projet de prévention et de résilience (PRA), mis en œuvre en partenariat avec la Banque mondiale et financé par l’Association internationale de développement (IDA). Cette enveloppe reste toutefois conditionnée à la réalisation des réformes convenues et à l’atteinte des objectifs structurels fixés. L’enjeu est de renforcer la stabilité économique et sociale du pays, de prévenir les risques de fragilité et de consolider les acquis du développement.
C’est dans ce cadre que le secrétaire général du ministère des Affaires économiques et du Développement, M. Yacoub Ould Ahmed Aïcha, a présidé mardi, à Nouakchott, l’ouverture de réunions consacrées à l’examen de la matrice des réformes proposées conjointement par la Mauritanie et la Banque mondiale. Ces travaux réunissent les départements ministériels concernés et les partenaires techniques et financiers afin de définir des mesures réalistes, cohérentes et susceptibles de produire des résultats concrets.
Le programme s’articule autour de plusieurs priorités : la décentralisation et l’intégration territoriale, l’autonomisation économique des jeunes et des femmes, la gouvernance des ressources naturelles et la prévention de l’extrémisme. Ces axes visent à s’attaquer aux facteurs de fragilité et à renforcer la cohésion sociale, tout en favorisant un développement plus équilibré entre les territoires.
Ces orientations s’inscrivent dans la Stratégie nationale de consolidation de la paix et de la cohésion sociale 2025-2030, adoptée par le Conseil des ministres le 31 décembre 2025. Selon le secrétaire général, cette démarche traduit la vision du président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mise en œuvre par le gouvernement sous la conduite du Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay, qui place la prévention des crises et la consolidation de la paix au cœur du développement durable et inclusif.
M. Yacoub Ould Ahmed Aïcha a insisté sur le fait que la mobilisation des financements dépendra des résultats obtenus. Il a appelé les ministères et institutions concernés à assumer pleinement leurs responsabilités, à assurer le suivi des réformes relevant de leurs compétences et à respecter les échéances convenues. De son côté, le représentant résident de la Banque mondiale en Mauritanie, M. Ibou Diouf, a souligné l’importance de renforcer la coopération avec les autorités mauritaniennes face aux défis économiques, sociaux, sécuritaires et environnementaux auxquels le pays et la région sont confrontés.
Au-delà de l’enveloppe financière annoncée, le principal défi sera donc de transformer les engagements en résultats tangibles. La réussite du PRA dépendra de la capacité des autorités à mettre en œuvre les réformes attendues afin de renforcer les institutions, de prévenir les tensions et de favoriser une meilleure cohésion sociale. La rencontre s’est déroulée en présence du représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), M. Mansour Ndiaye, et de plusieurs cadres du ministère.
(avec médias)