Le Rapport du Ibrahim Governance Forum 2023 souligne la nécessité de réévaluer la place de l’Afrique dans le système international

«Le monde change autour de nous. Il n’est plus temps de sous-estimer l’Afrique, ni de parler avec condescendance à l’Afrique, ni de donner des instructions à l’Afrique . Ne considérez pas l’Afrique pour acquise. » – Mo Ibrahim, Fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim (MIF)

Dakar et Londres, le 12 juillet 2023– La Fondation Mo Ibrahim a publié le Rapport de son Forum 2023, sur le thème l’Afrique dans le monde. Le Rapport résume les principaux enseignements de l’édition 2023 du Ibrahim Governance Forum, de même que les dernières données disponibles sur le thème de l’Afrique dans le monde.

Le Forum s’est tenu du 28 au 30 avril à Nairobi, dans le cadre du Ibrahim Governance Weekend, qui est organisé chaque année. Cet événement a réuni des dirigeants africains, des hommes politiques et des leaders d’opinions, pour échanger sur le thème l’Afrique dans le monde, au cours de trois sessions. Les discussions ont porté sur le rôle central de l’Afrique dans le monde actuel, sur la présence du monde en Afrique, ainsi que sur la place du continent au sein de l’architecture multilatérale.

Des analyses chiffrées, publiée en amont du Forum ont servi de base à chacune de ces sessions. Ces analyses ont été reprises et combinées aux points clés des discussions, et aux perspectives d’experts écrites par les participants, pour aboutir au Rapport final du Forum.

Cette année, le Forum a permis des discussions autour de la place de l’Afrique dans l’architecture mondiale (avec un accent mis en particulier sur le système financier mondial) dans une période particulièrement critique : entre le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, qui s’est tenu à Paris peu après le Forum (les 22 et 23 juin 2023), le Sommet des Brics organisé par l’Afrique du Sud, le Sommet africain pour l’action climat, le Sommet du G20 organisé par l’Inde, la 78e session de l’Assemblée générale de l’ONU, et l’Assemblée annuelle de la Banque mondiale et du FMI (tous prévus entre août et octobre).

À Nairobi, les participants ont demandé que l’on laisse de côté l’image de l’Afrique comme continent à problèmes, et que soit mis à l’agenda l’enjeu d’un rééquilibrage du système multilatéral issu de la Seconde Guerre mondiale, vers davantage d’égalité, mais aussi d’efficacité.

Dans un commentaire sur la publication du Rapport, Mo Ibrahim, le Fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré : « Le besoin de reconsidérer la place de l’Afrique dans le Monde n’a jamais été aussi fort. Trop longtemps les intérêts de l’Afrique ont été marginalisés dans l’architecture multilatérale, et notre continent a été vu comme un problème plutôt que comme une partie de la solution. Le Ibrahim Governance Weekend de cette année a marqué une étape importante dans la lutte contre ces idées reçues, et il nous faut désormais profiter de ce momentum pour continuer à travailler aux réformes urgentes qui sont nécessaires. »

Le Rapport reprend également les 5 principales conclusions des discussions :
1. « L’Afrique » : reprendre en main son récit
o Les perceptions que le monde se fait de l’Afrique doivent évoluer pour mieux prendre en compte ses diverses forces et son énorme potentiel. Plutôt que de perpétuer les idées d’un continent à problèmes, le récit général doit prendre en compte la manière dont l’Afrique s’est bien positionnée pour apporter des solutions face aux problèmes globaux.

2. « Multilatéralisme » le meilleur moyen de défendre ses vertus, c’est de réformer le système
o Les changements dans les équilibres mondiaux entre les puissances ne sont pas pris en compte dans les institutions multilatérales actuelles, construites après la Seconde Guerre mondiale. Le manque de représentativité actuel du système entraîne un manque de légitimité et d’efficacité. Il convient d’y remédier si nous voulons défendre la valeur clef du multilatéralisme.

3. “Partenariats” : leur donner tous leurs sens
o Trop longtemps les partenariats avec l’Afrique ont été à sens unique, les nations offrants leurs soutiens au continent sans prendre en compte ses besoins réels. Les partenariats doivent reposer sur des intérêts partagés et des rapports gagnants-gagnants.

4. “Le potentiel africain” : encore faut-il pouvoir l’exploiter
o L’immense potentiel de l’Afrique tient dans son large éventail de ressources, allant d’une population jeune en plein essor, à d’importantes ressources naturelles. Cependant encore faut-il utiliser correctement ces ressources.

5. “La voix de l’Afrique” : encore doit-elle pouvoir s’articuler de manière unie et cohérente
o Une communication et une collaboration panafricaines accrues sont essentielles pour que le continent puisse mieux utiliser et tirer parti de son propre potentiel économique et politique. Une Union africaine renforcée et des positions africaines communes et acceptées de tous seront nécessaires pour développer une voix africaine forte, apte à défendre des priorités communes dans les multiples forums mondiaux.

En outre, le rapport comprend également les contributions écrites des participants au Forum, qui apportent des points de vue d’experts et des analyses pour accompagner les données et approfondir le thème de l’Afrique Mondiale. Parmi les contributeurs figurent Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Charles Michel, président du Conseil européen, Hanan Morsy, secrétaire exécutif adjoint et économiste en chef de la CEA, Amadou Hott, envoyé spécial du président de la BAD pour l’Alliance de l’infrastructure verte en Afrique, Mark Malloch-Brown, président de la Fondation Open Society, Amr Moussa, président d’Interpeace et ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Andrew Mitchell, ministre d’État britannique au développement et à l’Afrique, et Jendayi Frazer, ancienne secrétaire d’État adjointe américaine pour les affaires africaines.

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