Ahmed Khattry répond à l’intervention du député Biram Dah Abeid devant le Premier ministre

Ce qui a été exprimé par le député Biram Dah Abeid ne relève pas d’une critique politique responsable, mais d’un discours de menace et d’intimidation, indigne de la stature d’un élu siégeant dans une institution législative, et qui ne sert en rien le peuple qu’il prétend défendre.
Lorsque le débat parlementaire cesse d’être un espace d’interpellation des politiques publiques et des programmes pour se transformer en une tribune de menaces d’emprisonnement et de diabolisation des institutions, nous ne sommes plus face à une opposition constructive, mais à un discours de tension révélant une incapacité manifeste à proposer des alternatives crédibles et réalistes.
Le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, n’a jamais investi dans les individus ni dans les courtisans, contrairement à ce qui est véhiculé, mais bien dans l’État, la loi et les institutions ; dans la restauration de l’autorité de la chose publique ; et dans une approche de développement apaisée, loin du populisme et des règlements de comptes.
Quant aux appels à « frapper les corrompus » en dehors des cadres légaux, ils constituent une incitation implicite à la politisation de la justice, ce que nous rejetons catégoriquement.
Un État ne se gouverne ni par l’émotion, ni par la menace, ni par la diffamation, mais par des institutions indépendantes, une justice impartiale et une reddition des comptes strictement conforme à la loi.
S’agissant du bilan gouvernemental, ceux qui refusent de reconnaître les réalisations par choix idéologique ne convaincront pas un peuple qui constate de ses propres yeux :
– des projets structurants en cours de réalisation,
– des réformes sociales sans précédent,
– le rétablissement de la confiance des partenaires,
– et une détente politique ayant épargné au pays les dérives chaotiques observées dans de nombreux États de la région.
Le Parlement n’est pas une « chambre d’enregistrement », mais une institution constitutionnelle exerçant ses prérogatives dans un esprit de responsabilité nationale, et non à travers les cris ou la commercialisation du désespoir.
Au sein du parti El Insaf, nous croyons que l’opposition est un droit fondamental, mais que l’incitation est un danger ; que la critique est légitime, mais que la destruction de la confiance dans l’État constitue une ligne rouge.
Ce pays ne se construit pas par la menace,
ne se gouverne pas par le nihilisme,
et ne se protège que par la raison, la sérénité et le travail sérieux.
Le peuple mauritanien est trop intelligent pour se laisser tromper par des slogans,
et trop conscient pour être conduit par la peur.
Ahmed KHATTRY
Membre du Bureau Politique Insaf