Projet CAD2029 : Cap sur les prochaines élections…

C’est désormais fait. La Coalition pour une Alternance Démocratique a vu le jour au siège de l’AJD/MR. Elle regroupe toute l’opposition, opposée au régime en place et au dialogue qu’il entend organiser incessamment. La naissance de cette nouvelle force politique dont on soupçonne Biram Dah Abeid (Bda) servir de locomotive mais qui peut aussi s’arrimer à la mouvance des fidèles à l’ancien président, Mohamed Ould Abdelaziz, se veut un creuset de diverses forces politiques soudées par des idéaux communs. Pour éclairer sur l’érection de cette nouvelle force, le président d’Ira-Mauritanie a voulu,, dans une allocution pour l’occasion, situer son cap.

Dans une allocution marquée par l’autocritique et la volonté de refonder une dynamique commune, il a plaidé pour une large coalition en vue des échéances de 2028-2029.

Autocritique et appel au sursaut collectif

Dès l’entame de son discours, le président d’Ira-Mauritanie a dressé un constat des divisions qui traversent l’opposition. Rivalités personnelles, querelles de leadership et divergences amplifiées auraient, selon lui, affaibli la dynamique de changement et déçu les attentes populaires.

Il a toutefois souligné l’absence de divergences programmatiques majeures entre les différentes composantes de l’opposition, toutes confrontées aux mêmes réalités d’arbitraire et d’impunité. Appelant à une introspection collective, il a insisté sur la nécessité d’un sursaut responsable pour éviter l’échec du projet de redressement national. Reconnaissant les erreurs passées, il s’est néanmoins montré confiant quant aux perspectives de victoire, à condition de privilégier la lucidité et le sens des responsabilités.

A propos du Dialogue politique : entre principe et conditions

Revenant sur les expériences politiques antérieures, Biram Ould Dah Ould Abeid a porté un regard critique sur certains « dialogues » qu’il juge improductifs, voire porteurs de compromissions. Sans rejeter le principe du dialogue, il a affirmé que celui-ci ne peut être crédible que s’il repose sur des conditions équitables et sur une reconnaissance mutuelle des acteurs politiques.

Selon lui, les règles actuelles du jeu politique tendent à maintenir le statu quo et à marginaliser l’opposition. Il a ainsi mis en garde contre toute participation à un dialogue qui exigerait l’abandon de l’identité et de l’autonomie partisanes.

Refus d’une “polarisation artificielle”

Bda a également dénoncé la dichotomie « pour ou contre le dialogue », qu’il considère comme une stratégie visant à diviser davantage l’opposition. Il a affirmé que les différentes sensibilités agissent de bonne foi et demeurent attachées au débat démocratique ainsi qu’à la contradiction constructive.

Pour lui, le dialogue ne doit pas devenir un instrument de diversion, mais rester un moyen au service d’objectifs politiques clairs.

Pour Bda le dialogue devrait servir comme un instrument de réformes consensuelles pour prévenir la violence politique. Il ne saurait cependant être une finalité en soi. L’objectif prioritaire reste, selon lui, l’unification des forces de l’opposition afin de rendre possible une alternance pacifique fondée sur le respect du pluralisme et du suffrage universel.

Vers une large coalition pour 2028-2029

En conclusion, Biram Ould Dah Ould Abeid a placé l’unité et la solidarité au cœur de la stratégie à venir. Évoquant plusieurs partis – dont le RAG, l’UFP, le FPC et l’AJD-MR – partageant, selon lui, une volonté commune de redressement et de moralisation de la vie publique, il a annoncé la restructuration et l’élargissement de la Coalition Anti-Système (CAS).

Désormais orientée vers davantage d’inclusion et de pluralité, cette coalition s’inscrit dans le cadre du projet CAD2029, présenté comme un outil stratégique destiné à fédérer les forces du changement. L’ambition affichée est claire : construire une large alliance politique capable de porter une transformation pacifique du pays, fondée sur la justice sociale, l’égalité et le progrès partagé, au-delà des clivages de genre, de couleur et d’origine sociale. La nouvelle coalition a en tout cas aujourd’hui un atome crochu: le même calendrier électoral.

L’attelage mis en place résistera aux intempéries politiques jusqu’à cette date? Ou va-t-il encore s’éroder comme pour les précédentes de regroupements de l’opposition mauritaniennes? Seul le temps nous dira.

JD

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