Ahmed KHATTRY répond au discours de Birame Dah Abeid tenu lors de la mise en place de sa nouvelle coalition

Monsieur Birame,

Votre discours n’est ni un appel à l’unité, ni une contribution au débat national.
C’est un acte de sabotage politique.

Alors même qu’un dialogue national inclusif est sur le point de s’ouvrir — à l’initiative du Président Mohamed Cheikh El Ghazouani — vous choisissez, avant même son lancement, la politique de la chaise vide, l’escalade verbale et la surenchère idéologique.

Vous boycottez un dialogue avant qu’il ne commence.
Voilà la vérité.

Puis vous osez parler de démocratie.

Ce refus prémédité n’est pas un acte de courage : c’est un aveu d’impuissance politique.

Car dialoguer suppose d’avoir des propositions, un programme, une vision réaliste du pays.
Or vous n’avez que la colère, l’accusation permanente et la mise en scène du ressentiment.

Votre prétendue « grande coalition des insoumis » n’est rien d’autre qu’une fuite en avant, un refuge pour radicalités diverses, incapable d’offrir la moindre alternative crédible à la nation.

Vous ne fédérez pas : vous radicalisez.

Vous ne rassemblez pas : vous opposez.

Vous ne construisez pas : vous fracturez.

Sous couvert de justice sociale, vous entretenez un discours dangereux qui désigne, oppose, stigmatise.
Vous jouez avec les nerfs de la société mauritanienne.
Vous soufflez sur les braises communautaires.
Vous alimentez un climat de suspicion généralisée envers l’État et ses institutions.

Soyons clairs :
ce type de discours met directement en péril l’unité nationale.

La Mauritanie sort de décennies difficiles. Elle a besoin d’apaisement, de stabilité et de réformes sérieuses — pas d’un agitateur professionnel qui prospère sur la tension.

Pendant que vous appelez à la rupture permanente, le pays avance.

Sous la conduite du Président Ghazouani :

– l’État se renforce

– le climat politique s’apaise

– les politiques sociales ciblent les plus vulnérables

– les investissements structurants se multiplient

– le dialogue reste ouvert à tous — sans exclusion

Ce sont des faits.
Pas des poèmes politiques.

Vous refusez le dialogue parce qu’il vous enlève votre posture favorite :

celle du justicier solitaire contre un système fantasmé.

Mais la démocratie ne se fait pas dans la rue permanente ni dans les proclamations enflammées.

Elle se fait autour de la table, dans le respect des règles communes.

Au Parti El Insaf, nous assumons pleinement notre responsabilité historique :

1. préserver l’unité nationale
2. garantir la stabilité
3. réformer sans chaos
4. dialoguer sans chantage
5. gouverner sans démagogie

Vous proposez la colère.
Nous proposons l’État.

Vous proposez la rupture.
Nous proposons la continuité républicaine.

Vous proposez la radicalité.
Nous défendons la cohésion nationale.

Le peuple mauritanien n’a pas besoin d’un tribun de la division.
Il a besoin de dirigeants responsables.

Et l’Histoire retiendra une chose simple :
pendant que certains boycottaient le dialogue et fuyaient leurs responsabilités,
nous avons choisi de construire la Mauritanie.

15/02/2027
Ahmed KHATTRY
Membre du bureau politique du parti INSAF

 

Allocution du président Biram Dah Abeid dans le cadre de l’annonce du projet CAD2029

1. Aujourd’hui, nous convions, les Mauritaniens, à l’ambition renouvelée de les sortir du cloisonnement mental qui les sépare et plonge au bord du précipice de la discorde. Nous cherchons à les émanciper de l’artifice et de la stérilité des rivalités de personnes et de groupuscules, alors que tant de facteurs de mobilisation et de complémentarité les unissent. Je ne perçois, entre les composantes de l’opposition systémique, nulle distinction de programme et, encore moins, de vécu quotidien face à l’arbitraire et au legs têtu de l’impunité. Nous voici passagers de la même barque et cette communauté de destin dans l’épreuve de l’adversité nous impose d’éviter le naufrage que le pouvoir du moment et son assise historique s’échinent à nous infliger. Des querelles de préséance à la dramatisation des nuances, de l’exagération du détail au festival des égos, que de temps perdu à louvoyer, s’égarer, s’élancer et revenir tournoyer en rond ! Au regard de la souffrance et de l’impatience ainsi endurées, nous finissons par nous rendre compte combien nous perdons du temps et de l’énergie, à produire un résultat à peu près nul. De nos mouvements erratiques, découle la déception du projet de relèvement national dont nos compatriotes meurtris, méprisés et affamés, ne cessent de nous créditer non pas dans les urnes de la fraude mais au travers des mouvements de foule quand gronde la colère des exclus. A force de nous coucher sur les lauriers de la résistance, nous les avons froissés, d’où la pertinence de la présente autocritique. Aussi, me permets-je, en ce jour de vérité amère, de rappeler, l’ensemble de mes camarades combattants de la liberté et de l’égalité, artisans de la citoyenneté, au devoir de l’introspection, avant le sursaut salutaire. Oui, l’essentiel n’est pas perdu, l’horizon de la lutte couve encore de belles promesses de victoire. Demain est à nous si nous osons le sacrifice de la responsabilité. Seule la lucidité nous guidera.

2. Durant les cinq décennies miséreuses de l’après Mokhtar Ould Daddah, la tentation du « dialogue » à tout prix et la réalité de sa maigre moisson, ont valu, à nos devanciers, bien des compromissions. Au creux du confort égoïste des renoncements, s’est nichée la reproduction douillette des privilèges de naissance, à l’ombre d’une compacte amnésie. En soi, la difficulté de discuter entre adversaires ne saurait être le prétexte à la désertion du débat. Celui, parmi nous, qui refuse de s’en remettre à l’aléa de la persuasion doit reconnaître, en lui, la peur de perdre sa légitimité. Dès lors, il s’interdit, de facto, le noble métier de la politique. Cependant, l’exercice de la dispute et de l’écoute comporte ses exigences. La première renvoie à la reconnaissance mutuelle. Or, en 2026, une condition aussi élémentaire nous est déniée, sous couvert de règles du jeu, unilatéralement conçues à perpétuer le statuquo. Alors, malgré la machinerie de l’éviction, comment aller à un rendez-vous – d’ailleurs si utile et nécessaire – sans abdiquer sa singularité partisane, qui reste la carte d’identité du candidat au suffrage universel ?

3. La dualité malsaine et pernicieuse : « pour ou contre le dialogue », au cœur de laquelle le chef de l’Etat et ses conseillers nous enlisent, résulte d’une manœuvre de diversion, une de plus, sur la voie de notre propre dilution. Pouvons-nous assumer tant de légèreté, voire de naïveté, devant les Mauritaniens ? Non, dis-je, car l’Opposition, en ses deux tendances, demeure de bonne foi. Elle représente l’optimisme et incarne la fatalité rassurante de la réparation, peu importe le délai. Notre grande famille ne craint la contradiction raisonnée.

4. Nous sommes bien d’accord : En principe le dialogue n’est qu’un moyen, certes le moins risqué, point une fin. Il permet de parvenir à la réalisation de réformes, elles-mêmes adossées à un minimum de consensus, loin du ressentiment et du recours à la violence révolutionnaire. Nous pensons, également, que l’objectif le plus plaidable de l’Opposition, consiste à fédérer les rangs, puis rendre le changement accessible, grâce à l’avènement d’une transmission pacifique de l’autorité de l’Etat, en vertu du respect de la diversité et de l’arbitrage électoral.
En guise de conclusion, chers camarades, laissez-moi vous entretenir d’unité et de solidarité, comme actes inauguraux de l’alternance à quoi nous aspirons. A titre d’illustration concrète, les partis RAG et UFP, FPC et AJD-MR, ne concourent-ils pas à une identique volonté de redressement et de moralisation de la vie publique ? Oui, et chacun supporte, à sa manière, une part du fardeau. La marche, longue et ardue qui nous mène aux échéances de 2028-2029, requiert de la constance, beaucoup d’entraide et l’impératif de se tolérer, bref de se porter secours, sur le chemin de la délivrance. La Coalition Anti-Système (CAS), pôle de l’opposition dite radicale, évolue, à présent, dans le sens de l’inclusion et de la pluralité. Aussi, vous présentons-nous le nouveau cadre revisité et amélioré de notre stratégie de jonction aux différentes bourrasques de la rupture. Sur la ruine à venir de l’Ancien, nous allons ériger et élever, très haut, la grande coalition des insoumis, au service de la libération et du progrès en partage. Demain, nous reconstruirons, ensemble, s’il le faut avec la participation de l’oppresseur enfin contrit, la société du bien-être collectif sans maître ni esclave, par-delà les clivages de genre, de couleur et de statut hérité.

 

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