Politique: la crise s’accentue entre le Pouvoir et l’Ira

L’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA Mauritanie) a rendu public samedi un communiqué dans lequel elle fait état d’une « escalade répressive » visant ses militants et certains responsables politiques affiliés à l’opposition.

Selon l’organisation, cette situation s’inscrirait dans un contexte qu’elle juge marqué par des tensions persistantes depuis l’élection présidentielle de juin 2024, à l’issue de laquelle le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a été reconduit. L’IRA conteste les conditions de ce scrutin et évoque des mesures sécuritaires prises à l’époque, incluant des restrictions d’accès à internet, des arrestations et des opérations de maintien de l’ordre ayant entraîné des pertes humaines.

Le communiqué revient également sur plusieurs événements récents. L’organisation affirme qu’une campagne de critiques et de menaces visant l’opposant Biram Dah Abeid aurait été engagée à partir de décembre 2025, avec des prises de parole publiques de responsables officiels en janvier 2026.

Par ailleurs, l’IRA évoque la dispersion, le 5 février 2026, d’un rassemblement de militants mobilisés autour du cas d’une mineure présentée comme victime d’exploitation. L’organisation fait état de blessés et indique que des militants ont ensuite été poursuivis en justice, tandis que la plainte initiale aurait été classée sans suite.

Le communiqué mentionne aussi l’arrestation récente de deux députées présentées comme membres ou proches de l’IRA. Mariem Cheikh Samba Dieng aurait été interpellée dans la nuit du 9 au 10 avril à son domicile, en compagnie de son nourrisson. Ghamou Achour Salem aurait, quant à elle, été arrêtée le 10 avril. L’organisation indique ne pas connaître leurs lieux de détention.

L’IRA affirme en outre que ces arrestations s’accompagnent de campagnes de dénigrement dans certains médias et sur les réseaux sociaux, comportant, selon elle, des propos injurieux et des appels à la violence visant ses membres et responsables. Elle évoque également des discours à caractère discriminatoire visant la communauté haratine.

Dans son communiqué, l’organisation estime que ces développements traduisent une volonté de restreindre l’action de ses militants et de ses représentants politiques. Elle appelle la communauté internationale, notamment les mécanismes des Nations unies et les instances africaines des droits de l’homme, à suivre la situation de près.

Les autorités mauritaniennes n’ont pas réagi à ces accusations qui trahissent une détérioration des relations entre le pouvoir et l’Ira au moment où un dialogue politique avec les autres segments de l’opposition mauritanienne peine à se concrétiser.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button