Instabilité au Mali: les autorités cherchent des boucs-émissaires et accusent…la Mauritanie

Des accusations formulées par un responsable malien, mettant en cause l’Union européenne, l’Algérie et la Mauritanie dans un supposé soutien aux groupes terroristes, qui ont récemment attaqué plusieurs villes maliennes dont Bamako suscitent scepticisme et incompréhension. Des allégations difficilement crédibles et encore moins s’agissant de la Mauritanie. Cette dernière qui a été la première à dénoncer la tentative de destabilisation du Mali ne saurait, en effet, s’associer, sous quelque prétexte que ce soit, à des organisations terroristes pour cette fin. La couleuvre est trop grosse pour passer…inarperçue.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions au Sahel, marqué par une recrudescence d’attaques armées. Le 25 avril, plusieurs villes maliennes ont été visées par des offensives coordonnées attribuées à des groupes rebelles, notamment touaregs. La simultanéité et la rapidité de ces attaques semblent avoir pris de court les autorités de Bamako. Et même les russes qui ont parlé –sans apporter de preuve non plus- d’un  « complot » ourdi de l’extérieur.

Les déclarations du vice-président de la commission Défense du Conseil national de transition (CNT), Fousseynou Ouattara, qui aurait publiquement accusé l’Algérie, l’Union européenne et la Mauritanie n’auraient-elles pour fondement que les soupçons russes ? Ces derniers trouvent -sans doute aussi- au Sahel un terrain fertile à leur antagonisme avec le vieux continent. L’Ukraine n’est d’ailleurs pas en reste, s’agissant de l’intervention européen en Afrique.

Il a également pointé du doigt l’Algérie, accusée d’avoir facilité l’installation de rebelles à Kidal. La Mauritanie est même citée par ce responsable qui n’établit aucun lien entre elle et ses attaques.

La Russie affirme avoir contribué à déjouer une tentative de coup d’État au Mali, via le «Corps africain », successeur du groupe Wagner. Peu de détails ont été fournis sur l’identité des assaillants, laissant planer des zones d’ombre sur la nature exacte des événements récents.

A ce stade, en tout cas, aucune preuve tangible n’est venue étayer ces allégations officielles. Plusieurs analystes dénoncent un discours relevant davantage de la supputation que d’une démonstration fondée, dans un contexte où les tensions politiques et militaires exacerbent les prises de position.

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Parallèlement, le Burkina Faso a annoncé un renforcement massif de son dispositif sécuritaire. Le gouvernement prévoit la mobilisation de 100 000 réservistes supplémentaires d’ici fin 2026, en complément des 50 000 volontaires déjà engagés. Cette stratégie vise à faire face à une menace jihadiste persistante, alors que l’armée régulière reste limitée en effectifs.

Entre accusations ridicules, montée en puissance de dispositifs militaires et crises politiques, le Sahel s’enfonce dans une phase de crispation aiguë. Pour l’heure, les déclarations des autorités maliennes ne font qu’attiser le feu dans une région déjà en ébullition.

La Rédaction

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