Le directeur de l’Institut de l’Énergie du Complexe Polytechnique : la transition énergétique et l’hydrogène vert, un choix stratégique pour la Mauritanie

Le directeur général de l’Institut de l’Énergie du Complexe Polytechnique, Dr Sidi Bouhamadi, a affirmé, dans un podcast avec notre confrère Mohamed Eka, en arabe, que la transition énergétique constitue un choix stratégique pour la Mauritanie, étroitement lié à l’avenir de son économie. Selon lui, le développement des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert offre au pays l’opportunité de bâtir un nouveau modèle de croissance fondé sur l’industrialisation, la création de valeur ajoutée locale et l’attraction d’investissements de grande envergure.
Il a expliqué que les crises énergétiques mondiales récentes ont mis en évidence la vulnérabilité des économies dépendantes des énergies fossiles, poussant de nombreux pays à se tourner vers des solutions durables. Grâce à son exceptionnel potentiel solaire et éolien, à ses vastes espaces disponibles et à sa façade atlantique favorable au dessalement de l’eau de mer, la Mauritanie dispose d’atouts majeurs pour devenir un acteur important sur le marché mondial de l’hydrogène vert.
Le responsable a souligné que la politique gouvernementale en matière de transition énergétique produit déjà des résultats concrets. La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national est passée de 42 % en 2022 à 55 % en 2025. Cette évolution s’inscrit dans la vision du Président de la République, visant à renforcer les capacités nationales, améliorer l’attractivité du pays et préparer l’économie aux mutations mondiales du secteur énergétique.
Dr Bouhamadi a également mis en avant les avancées institutionnelles réalisées pour accompagner ce développement, notamment l’adoption d’une loi sur l’hydrogène vert, d’une loi sur le contenu local et la création de l’Agence nationale de l’hydrogène vert. Ces dispositifs visent à sécuriser les investissements, favoriser l’emploi national, assurer le transfert de compétences et garantir une meilleure intégration des projets dans l’économie mauritanienne.
Concernant les défis à relever, il a insisté sur la nécessité d’améliorer la compétitivité du produit mauritanien en optimisant l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production d’électricité renouvelable jusqu’au stockage, au transport et à l’exportation de l’hydrogène. Il a également souligné l’importance de la recherche scientifique appliquée, des infrastructures portuaires et logistiques, ainsi que de la formation d’une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner l’essor du secteur.
Enfin, le directeur de l’Institut de l’Énergie a indiqué que son établissement joue un rôle central dans la préparation des compétences nationales aux métiers de la transition énergétique. Grâce à ses formations spécialisées, à ses partenariats avec les entreprises et les institutions internationales, ainsi qu’à un taux d’insertion professionnelle de 95 % de ses diplômés, l’Institut contribue à faire de la Mauritanie un futur pôle africain et international des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert.