Francophonie: La Mauritanie intensifie son offensive diplomatique à Dakar pour sa candidate Coumba BA (Confidentiel Afrique)

La course au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) déchaine les passions et prend une tournure plus directe sur le terrain diplomatique. Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre mauritanien des Affaires Étrangères, s’est rendu à Dakar cet après- midi pour y rencontrer le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
Nouakchott met le turbo et intensifie son offensive diplomatique. Porteur d’un message du chef de l’État mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le chef de la diplomatie mauritanienne a officiellement sollicité le soutien du Sénégal en faveur de la candidature du Dr Coumba Ba, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports et conseillère présidentielle. À peine s’être entretenu avec le président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE au palais Roume, le « Supersonique » Salem Merzoug, connu pour ses challenges sur la scène internationale- à regagné Nouakchott.
Si l’audience s’inscrit officiellement dans le cadre des consultations bilatérales régulières entre les deux voisins, elle marque une étape clé dans la stratégie de la Mauritanie à promouvoir son atout face aux autres prétendantes africaines que sont: la Rwandaise Louise Mushikiwabo, et la Congolaise Juliana Lumumba.
Tensions dans les câbles entre Kinshasa et Kigali profitent à Nouakchott
L’initiative mauritanienne met en lumière les tensions en coulisses au sein des chancelleries francophones. Pour comprendre le positionnement de Nouakchott, il faut analyser les règles et équilibres qui régissent la désignation du Secrétaire général de l’organisation. La tradition du consensus mise à rude épreuve : Historiquement, le patron de l’OIF est désigné à l’unanimité par consensus lors du Sommet des chefs d’État et de gouvernement. Toutefois, la réforme statutaire de 2022 permet désormais d’avoir recours à un vote à bulletin secret si aucun consensus n’émerge.
La stratégie du «troisième homme» (ou de la candidate de compromis) s’invite à cette rude compétition. Face au duel opposant la Secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la Congolaise Juliana Lumumba (candidate de la RD Congo), le risque d’un blocage politique entre blocs régionaux et diplomaties rivales est réel. La candidature du Dr Coumba Ba vise précisément à offrir une porte de sortie consensuelle pour éviter une crise institutionnelle.
L’Afrique représentant le principal réservoir de voix et le cœur battant de la Francophonie institutionnelle, le soutien des poids lourds régionaux comme le Sénégal est indispensable pour crédibiliser une candidature avant les arbitrages de la diplomatie française et suisse et canadienne, les trois principaux pays les plus influents. C’est toute la portée symbolique du message du président mauritanien Mohamed Cheikh El-Ghazouani, bien transmis par le diplomate Mohamed Salem Ould MERZOUG et accueilli à bras ouverts par le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye.
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)