Géopolitique : Trump, pris au piège iranien

Donald Trump semble aujourd’hui se retrouver dans un isolement stratégique croissant face à un Iran qui, malgré les pressions militaires, économiques et diplomatiques, refuse de céder à son diktat. Ce qui devait servir comme une démonstration de force rapide s’est transformé en une confrontation dont l’issue demeure chaotique pour tout le monde. Téhéran affiche pourtant une résilience qui met à rude épreuve la crédibilité de la première puissance mondiale.
Pour de nombreux observateurs, le président américain a été entrainé dans ce piège d’une confrontation stratégique, mûrement réfléchi par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ce dernier incapable de mener une guerre seul contre l’Iran y a précipité en février déjà le président américain lui faisant miroiter une guerre éclair capable d’affaiblir durablement, voire de faire tomber, le régime iranien et de lui ouvrir les vannes de ses hydrocarbures. Trop alléchant quoique sordide. B. Netanyahou, fidèle à sa triste réputation de criminel de guerre, recherché par la CPI, est un habitué des massacres.
Mais, loin du scénario d’une victoire rapide, le conflit s’enlise et révèle les limites d’une stratégie fondée sur la supériorité militaire. L’Iran, immunisé contre des sanctions qui durent depuis des décennies et aux pressions extérieures, continue de s’accrocher à ses objectifs.
Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que Donald Trump s’était fait élire en promettant de rompre avec les interventions militaires coûteuses à l’étranger. Le slogan “Make America Great Again“ incarnait justement la volonté de concentrer les efforts sur les priorités intérieures et de mettre fin aux guerres sans fin qui ont pesé lourdement sur les finances américaines. Mais la main de Satan est passé par là. Aux yeux de nombreux militants de son mouvement, l’engagement dans une confrontation avec l’Iran constitue un reniement de cette promesse, avec des conséquences économiques qui dépassent largement les frontières des États-Unis et alimentent l’instabilité des marchés mondiaux. D. Trump est même affaibli par cette guerre qui n’en finit pas avec l’Iran d’autant qu’aux États-Unis, les critiques contre un interventionnisme mené au nom d’Israël se multiplient. L’influence des organisations pro-israéliennes, notamment l’AIPAC, fait l’objet de critiques récurrentes dans la vie politique américaine, tandis qu’une partie de l’opinion publique s’interroge sur le coût humain, financier et géopolitique de cet engagement. Dans cette lecture des événements, Benyamin Netanyahou aurait su booster le tempérament va-t-en-guerre du président Donald Trump, alors que celui-ci faisait déjà face à d’importantes difficultés politiques sur le plan intérieur, notamment en raison des controverses liées au dossier Epstein.
Le président américain se retrouve désormais confronté à un dilemme particulièrement délicat. Soit il choisit d’intensifier la pression militaire afin d’imposer ses conditions à l’Iran, au risque d’une escalade dont les conséquences humanitaires et régionales pourraient être dramatiques. Soit il accepte une voie plus diplomatique impliquant des concessions, avec le risque d’alimenter le récit d’un recul de la puissance américaine. Quelle que soit l’option retenue, cette crise pourrait durablement marquer la présidence D.Trump et confirmer chez les américains le déni des guerres par procuration que leur impose le lobby sioniste pro-israélien dans leur pays d’autant que la guerre a montré les limites de la force lorsqu’elle se heurte à un adversaire déterminé à se défendre.
JD