Gaza : Le « Niet» de Netanyahou au plan de paix de Trump

Au moment où la communauté internationale cherche une issue à la guerre, le Premier ministre israélien ferme la porte au plan américain.
Il aura fallu des mois de pressions diplomatiques, de médiations régionales, de résolutions internationales, d’appels répétés au cessez-le-feu et d’efforts humanitaires pour tenter de mettre fin aux massacres contre les populations civiles de Gaza. Mais au moment où une nouvelle proposition américaine prétend ouvrir une voie vers la désescalade, Benjamin Netanyahou, recherché par la CPI pour crimes de guerre, oppose un « niet » catégorique au plan concocté par le président D. Trump.
Cette volte-face s’explique par l’acceptation par le Hamas du processus alors que Netanyahou escomptait son refus sur lequel il voulait s’arc-bouter pour perpétuer son emprise génocidaire sur l’enclave palestinienne.
A rappeler que la proposition de Donald Trump reposait sur une logique simple : obtenir le désarmement progressif du Hamas en contrepartie d’un retrait israélien lui aussi progressif. Mais Benjamin Netanyahou rejette désormais cette équation.
Le Premier ministre israélien a rejeté le plan américain en 15 points pour Gaza, porté par Donald Trump, en affirmant qu’Israël ne procéderait à aucun retrait militaire se mettant en porte-à-faux avec le plan us qui prévoyait pourtant un processus progressif : désarmement des groupes armés, retrait israélien par étapes, cessez-le-feu et mise en place d’une administration palestinienne technocratique, avec un dispositif international destiné notamment à accompagner la stabilisation et la reconstruction de Gaza
Le « niet » de Netanyahou ne constitue donc pas une simple réserve sur les modalités d’application du plan mais serait dicté par des désidératas de politiques politiciennes israéliennes la veille d’élections législatives pour laquelle le premier Ministre sortant jouerait son poste.
Malgré, de multiples initiatives diplomatiques ont pourtant été initiées comme les résolutions des NU dont la dernière en date est un projet américain (juin 2024) prévoyant un processus en trois phases cessez-le-feu, échanges d’otages et de prisonniers, retrait progressif des forces israéliennes, puis reconstruction de Gaza. A vrai dire, aucun cessez-le-feu n’a été respecté par le gouvernement extrémiste israélien. Pire, en sus des exactions et des frappes quotidiennes à Gaza, il a ouvert un autre front en Cisjordanie pour faire main basse sur les maigres terres palestiniennes. Mais le gouvernement génocidaire israélien utilise les « colons», soutenus et encadrés par des soldats, pour déloger et exproprier les palestiniens. La réaction des parrains du processus de paix a encouragé le premier ministre israélien à donner le feu-vert à ses ministres juifs extrémistes, Smotrich et Ben Gvir, pour enfoncer la colonisation encore plus.
Le plan Trump fait donc face désormais au veto militaire de Netanyahou. Si Washington veut transformer la guerre en processus politique ; Netanyahou à sa propre logique militaire dans laquelle il a enfermé D. Trump en Iran.
Cette divergence entre les deux hommes est suffisamment importante pour constituer l’une des plus sérieuses ruptures publiques entre Trump et son allié israélien devenu gênant aux yeux de l’opinion publique américaine.
La multiplication des fronts militaires en Palestine, au Liban et en Iran fait de Netanyahou un véritable obstacle à D Trump, son mentor de toujours, qui cherche, lui, à mettre fin aux conflits régionaux et à démontrer qu’il est capable de négocier des accords.
Le paradoxe est saisissant : le président américain présente la diplomatie comme une sortie de crise, tandis que son principal allié régional dont l’effort de guerre est financé par les taxes des contribuables américains semble est plus que jamais belliqueux. Netanyahou, politiquement, la corde au cou et recherché par la CPI, veut-il mener une nouvelle guerre pour gagner du temps.
Les analyses vont trains. Certains observateurs estiment, en effet, que Benjamin Netanyahou, confronté à une forte contestation politique et à des échéances électorales qui pourraient fragiliser sa position, pourrait avoir intérêt à maintenir un contexte de crise sécuritaire.
Le rejet du plan amércain intervient à quelques mois des élections israéliennes. Cette éventualité place le premier ministre extrémiste Netanyahou en tension avec Donald Trump, qui cherche pour sa part à obtenir une avancée diplomatique et l’arrêt des guerres qu’il lui a toutes imposées.
Le premier ministre israélien, comme il le prétend dans ses cercles intimes, manipule-t-il à son aise les gouvernements américains ? Donald Trump acceptera-t-il que son initiative soit neutralisée par Netanyahou ?
A moins d’un deal machiavélique, le rejet par le premier ministre israélien du plan de paix de D. Trump se veut-il un affranchissement mortel pour Israél du parapluie américain ? Un luxe que même les extrémistes les plus farouches ne peuvent se permettre.
JD