Le parquet anticorruption des Canaries demande l’ouverture d’un procès contre sept personnalités

Dans le cadre d’une affaire en rapport avec l’attribution et l’exécution présumément irrégulières de marchés liés aux « Journées du paysage » du Cabildo de Gran Canaria, organisées entre 2016 et 2019, le parquet anticorruption espagnol a demandé, le 16 octobre 2026, l’ouverture d’un procès contre sept personnalités.

A ce stade des investigations, les faits examinés par le parquet anti-corruption dans le cadre de l’organisation des « Journées du paysage » mettent en évidence des irrégularités dans l’attribution des marchés, des transferts financiers au profit de sociétés privées, ainsi que le rôle qui lui est attribué dans les procédures concernées.

Parmi les mis en cause, Inés Miranda Navarro, Conseillère Chargée de la Politique Territoriale et du Paysage au sein du Conseil Insulaire (Cabildo) de Gran Canaria. Cette personnalité connue, qui préside depuis 2023 l’Association Internationale des Juristes pour le Sahara Occidental, participe aux initiatives et activités d’organisations de Juristes consacrées au dossier du Sahara en intervenant même à l’ONU. Outre ses fonctions publiques, Inés Miranda Navarro s’est toutefois imposée comme l’une des figures les plus visibles de la solidarité avec la soi-disant cause du Polisario en Espagne. Un parcours qui la place, au fil des ans, au cœur d’un réseau associatif et institutionnel reliant les ONG européennes, les représentations du mouvement sahraoui à l’étranger et les circuits de financement de la solidarité internationale.

Si son implication se confirme, Inés Miranda Navarro, selon le ministère public anti-corruption, risque des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, assorties d’une éventuelle interdiction d’exercer toute fonction publique pendant une durée de dix ans. Selon la même source d’information, six autres personnes auraient participé à des degrés divers, à l’orientation, au contrôle ou à l’exécution des marchés litigieux. Parmi eux, figurent d’anciens responsables du Cabildo, ainsi que des intermédiaires privés, présentés comme les maillons d’un dispositif organisé de détournement de fonds publics.

Il s’agirait de Rafael Luis Pedrero Manchado, ancien Directeur Général de la politique territoriale ; Víctor Manuel Quevedo Domínguez, ancien Directeur du Développement Stratégique du Plan Insulaire d’Aménagement ; María Ángeles Horna Andrade, Administratrice d’ « Imaco 89 » ; Michel Jorge Millares, Administrateur unique de l’Instituto Canario de Telecomunicaciones ; Mónicadel Pino Torres Rodríguez, Directrice Exécutive de « Yesdra Comunicación » ; et Juan José Sánchez Arencibia, ancien intervenant général du Cabildo et époux de María Ángeles Horna Andrade.

Cette affaire des Canaries relancera-t-telle le débat sur la gestion des fonds liés à la solidarité avec le Polisario ? A-t-elle un lien avec les soupçons de détournement d’aide évoqués par l’OLAF à propos des camps de Tindouf où des aides destinées aux réfugiés sont détournées depuis des années ?

En tout cas, il s’agit d’une affaire qui s’ajoute à d’autres scandaleuses qui continuent de fragiliser la crédibilité des soutiens du Polisario sur la scène internationale. L’on cite à titre d’exemple, le cas de l’Italie où des activistes sahraouis accusent Fatima Mahfoud, représentante du Front Polisario, d’instrumentaliser des projets d’assistance pour capter des flux financiers échappant, selon eux, à tout contrôle indépendant, ou encore la récente affaire de falsification de documents d’Etat civil à Ibiza où des enquêtes sont en cours sur des documents présentés par certaines personnes, originaires pour la plupart de la République Arabe Sahraouie Démocratique.

(médias)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button