Dialogue politique : des consultations en cours, l’opposition divisée sur le format

Selon le site Al-Akhbar le ministre, directeur de cabinet de la Présidence, Nani Ould Chrouga, a entamé lundi dernier une série de contacts avec des responsables de l’opposition, en amont du lancement des prochaines séances du dialogue politique attendu.
Selon ces mêmes sources, Nani Ould Chrouga avait initialement proposé la tenue d’une réunion mardi prochain, avant de revenir sur cette date pour suggérer un report au jeudi suivant. La rencontre devrait être consacrée à l’examen du rapport préparé par le coordinateur national du dialogue politique, Moussa Fall et dont il a remis copie au président de la République.
D’après le schéma présenté aux formations de l’opposition, la réunion regrouperait 40 participants, répartis équitablement entre la majorité présidentielle et l’opposition. Vingt sièges seraient attribués aux partis de la majorité, et vingt autres aux forces de l’opposition, répartis entre l’Institution de l’opposition (10 représentants) et la Coordination des partis de l’opposition (10 représentants).
Les partis membres de l’Institution de l’opposition ont finalisé la liste de leurs représentants à l’issue d’une réunion interne réunissant leurs quatre formations. Cette rencontre a confirmé le boycott du dialogue par le parti « Alliance pour la justice et la démocratie / Mouvement du renouveau ». Les dix sièges restants ont été répartis entre les trois autres partis : quatre pour «Tawassoul », trois pour « Joud » et trois pour «Sawab ».
En revanche, l’autre pôle de l’opposition, qui regroupe des partis en cours d’agrément, des organisations et des personnalités indépendantes, a fait part de sa surprise face au mécanisme de répartition des sièges. Une source dirigeante de ce groupe aurait déclaré à Al-Akhbar qu’une commission de six membres avait été mise en place auparavant pour rencontrer le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, afin de discuter de points jugés essentiels comme préalable à toute participation au dialogue.
Cette commission est composée de Samba Thiam (Forces progressistes du changement), Nana Mint Cheikhna, ancienne dirigeante du Rassemblement des forces démocratiques, Lo Gourmo Abdoul (Union des forces de progrès), Abderrahmane Ould Mahmoud (Alliance populaire progressiste), Nourredine Ould Mohamedou (« Mauritanie en avant ») et Samory Ould Beye , président du Mouvement El-Horr.
Mais ce pôle de l’opposition n’aurait pas encore arrêté sa position définitive, hésitant entre le maintien de l’exigence d’une rencontre préalable avec le chef de l’État, la désignation de représentants pour compléter le quota des dix sièges, ou le boycott pur et simple de la réunion.
Par ailleurs, les présidents de deux partis de la majorité cités par des médias ont révélé que jusqu’à jeudi soir, aucune information officielle ne leur avait été communiquée concernant les démarches menées par le directeur de cabinet du président dans le cadre du dialogue.
Pour rappel, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani avait reçu, le 13 octobre dernier, des mains du coordinateur Moussa Fall, un rapport détaillé exposant les visions et positions des différentes forces politiques mauritaniennes sur le processus du dialogue national attendu.
(avec médias)