Nouvelle zone industrielle au sud de Nouakchott : le gouvernement accélère la mise en œuvre de la stratégie industrielle 2030

Fraichement de retour au sein du gouvernement aux commandes du ministère de l’Habitat, la ministre Mme Mint Mouknass multiplie les initiatives visant à structurer durablement le développement urbain et industriel du pays. Parmi les projets majeurs engagés figure la création d’une nouvelle zone industrielle moderne, dont les contours ont été récemment précisés par décret.
Selon la ministre, qui le prend le train en marche, ce projet prévoit l’aménagement d’une zone industrielle d’une superficie de 800 hectares, située au sud de la capitale Nouakchott, dans la wilaya du Trarza, plus précisément au niveau de la commune d’El A’rya. Cette nouvelle infrastructure est présentée comme une étape clé dans la mise en œuvre de la stratégie nationale d’industrialisation à l’horizon 2030.
Mme Mint Mouknass a souligné que cette stratégie ambitionne notamment de doubler le nombre d’unités industrielles de transformation, en ciblant en priorité les secteurs où la Mauritanie dispose d’avantages comparatifs, tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche et les énergies renouvelables. Elle a précisé que cet objectif aurait été difficilement atteignable sans la création d’un nouvel espace industriel conforme aux standards requis, les zones existantes de Dar Naïm et de l’ancienne zone industrielle d’El Mina souffrant de contraintes majeures, notamment le non-respect des normes environnementales, la limitation des superficies disponibles et l’insuffisance des infrastructures.
La ministre a également indiqué que le décret encadrant la nouvelle zone industrielle définit clairement les activités autorisées. Celles-ci incluent les industries de production et de transformation, la logistique et le transport, les services industriels, les secteurs de l’énergie et de l’environnement, ainsi que les activités liées à la technologie et à l’innovation.
Selon elle, la création de cette zone offrira un cadre adapté à l’implantation d’industries modernes et compétitives, encouragera la transformation locale des matières premières nationales et contribuera à la création d’emplois durables. Elle devrait également favoriser le renforcement des exportations à forte valeur ajoutée et l’amélioration du climat des affaires, grâce à une meilleure organisation de l’espace industriel.
Interrogée sur le mécanisme d’organisation de cette zone, Mme Mint Mouknass a précisé que le projet prévoit l’instauration d’une zone tampon d’au moins 500 mètres de largeur autour du périmètre industriel. Toute construction ou implantation de logements y sera strictement interdite, afin d’éviter les chevauchements entre activités industrielles et zones résidentielles, ainsi que les nuisances et litiges observés par le passé.
Dans ce cadre, aucun bureau administratif ni logement ne sera autorisé à l’intérieur de la zone industrielle ni dans sa bande de protection, réservées exclusivement aux activités industrielles. Concernant les unités actuellement installées à Dar Naïm et dans l’ancienne zone industrielle du port, la ministre a précisé qu’elles ne sont pas contraintes de déménager, tout en soulignant que la possibilité de rejoindre le nouveau site demeure ouverte, au regard des avantages organisationnels, environnementaux et infrastructurels offerts.
Par ailleurs, répondant à une question relative au projet de complexe touristique et de réhabilitation du lac de Riyad, inscrit dans le programme de modernisation de Nouakchott, la ministre a assuré que les populations concernées feront l’objet d’un accompagnement approprié. Elle a indiqué que les habitations situées dans le périmètre impacté ont été recensées et que les procédures d’indemnisation et de relogement ont été engagées, avec le transfert des familles vers des sites mieux aménagés et mieux dotés en services, conformément aux procédures légales en vigueur.
Abordant enfin la question de l’occupation anarchique des espaces publics et des voies de circulation, Mme Mint Mouknass a dénoncé une pratique contraire aux valeurs de civisme et au respect de la propriété publique, tout en affirmant la détermination des autorités à poursuivre les efforts visant à y mettre un terme.
S’agissant du plan de restructuration de la ville de Kiffa, la ministre a indiqué qu’il s’inscrit dans une orientation globale de l’État en faveur de la modernisation urbaine. Elle a souligné que cette opération nécessite une coordination étroite entre plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Habitat, des Domaines, des Finances et de l’Intérieur, précisant que les prochaines phases du projet débuteront dans les tout prochains jours.
(avec Ami)