Maroc–UE : Le Royaume acteur majeur dans la construction et la consolidation du partenariat euro-méditerranéen

La 15ᵉ session du Conseil d’Association Maroc–Union européenne s’est tenue jeudi à Bruxelles dans un contexte régional et international marqué par de fortes turbulences, envoyant un signal clair de dialogue, de continuité et de confiance entre Rabat et Bruxelles.
Durant cette session, la mobilisation européenne a été significative. Outre la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, la rencontre a enregistré la participation de la Commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, ainsi que plus de sept ministres européens des Affaires étrangères, notamment d’Espagne, des Pays-Bas, de Slovaquie, d’Estonie, de la République tchèque et de Malte, aux côtés de hauts représentants des États membres. Une présence de haut niveau qui confirme que l’UE considère le Maroc comme un partenaire stratégique majeur, et non comme un simple voisin.
Autre élément révélateur, le Conseil d’Association s’est tenu dans le prolongement immédiat du Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, traduisant la volonté de Bruxelles de traiter la relation avec le Maroc au plus haut niveau politique et de l’inscrire au cœur de ses choix stratégiques.
En filigrane, cette 15eme session a mis en évidence l’échec des tentatives visant à fragiliser le partenariat Maroc–UE. Malgré les pressions et les manœuvres adverses, les deux parties ont fait front commun. L’application effective de l’accord agricole révisé en octobre dernier, incluant explicitement les provinces du Sud dans les préférences tarifaires, illustre un partenariat qui a non seulement surmonté les obstacles, mais s’est renforcé face aux défis.
La réunion a également marqué une évolution majeure de la position européenne sur la question du Sahara marocain. Pour la première fois, les vingt-sept États membres de l’UE se sont accordés à l’unanimité sur le Plan d’autonomie marocain comme unique base crédible de règlement politique, en alignement avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. Un tournant diplomatique qui met fin à toute ambiguïté européenne et consacre la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Au-delà des positions politiques, ce Conseil d’Association a acté l’entrée dans une nouvelle phase du partenariat. Loin d’une réunion de routine, il a ouvert la voie à un dialogue politique régulier et de haut niveau entre Rabat et Bruxelles, au lancement des travaux en vue d’un nouveau Partenariat stratégique approfondi, ainsi qu’à la reconnaissance du rôle central du Maroc en Méditerranée, en Afrique — à travers l’Initiative atlantique — et dans les efforts de paix, notamment au Moyen-Orient.
Les signaux politiques sont sans équivoque puisque la relation Maroc–Union européenne repose désormais sur une interdépendance stratégique assumée. L’UE trouve dans le Maroc un pôle de stabilité, un partenaire clé en matière de sécurité et d’énergie verte, ainsi qu’un pont vers l’Afrique. De son côté, le Royaume du Maroc valorise l’accès au marché européen, aux technologies et à un cadre politique structurant. Cette relation a démontré sa résilience face aux crises successives, aux tensions commerciales et aux campagnes de désinformation.
A l’approche du trentième anniversaire de l’Accord d’Association Maroc–UE, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est dit ‘’ confiant quant aux perspectives positives de ce partenariat, soulignant sa portée politique, économique et symbolique’’. Dans un environnement international incertain, le Maroc s’affirme, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, comme un partenaire stable, crédible et doté d’une lecture lucide des enjeux régionaux et globaux.
Le ministre marocain a également souligné que‘’ si le Maroc a toujours répondu avec engagement et volontarisme aux initiatives européennes (Processus de Barcelone, PEV, Pacte vert, Pacte pour la Méditerranée…) c’est par conviction de l’intérêt partagé, mais aussi par loyauté au Partenariat qui est, depuis 50 ans, un axe majeur de sa politique extérieure’’.
Sur le plan économique, M. Bourita a rappelé que le Maroc demeure le premier partenaire commercial de l’Union européenne au sud de la Méditerranée et en Afrique, estimant que ce partenariat peut constituer une source d’inspiration pour l’avenir des relations entre l’UE et son voisinage sud, réaffirmant la détermination du Royaume à avancer avec l’Union européenne vers un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient.
Face aux défis communs, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a réaffirmé, de son côté, la volonté européenne de renforcer la coopération avec le Maroc, notamment en matière de sécurité, de migration, de droits de l’Homme et de gestion des crises régionales. Kaja Kallas a salué le rôle clé du Royaume sur les scènes régionale et internationale et annoncé l’adoption par l’Union européenne d’une nouvelle position commune sur la question du Sahara marocain. “Le Maroc est déjà un partenaire important pour l’Union européenne. Après 30 ans d’accord d’association, il est temps de faire beaucoup plus ensemble”, a-t-elle conclu.
L’Union européenne a également exprimé son soutien au travail du Comité Al-Qods, présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en faveur d’une paix et d’une stabilité durables au Proche-Orient. Le communiqué conjoint publié à l’issue de la session a, par ailleurs, salué le rôle constructif et visionnaire du Maroc dans les initiatives de coopération régionale, avec un accent particulier sur l’Initiative pour les États africains atlantiques.
Dans son ensemble, cette 15ᵉ session du Conseil d’Association a confirmé l’ambition partagée de hisser la relation Maroc–UE à un niveau élevé, fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et la construction d’un destin commun.
(avec médias)