Le parquet de Nouakchott Ouest décide de classer sans suite le dossier d’un cas présumé d’esclavage

Après l’achèvement des enquêtes, le parquet de Nouakchott Ouest a annoncé avoir décidé de classer sans suite le dossier relatif à un cas présumé d’esclavage d’une mineure.
Selon le communiqué dont l’Agence Mauritanienne d’Information a reçu une copie, sur la base des données objectives et des preuves disponibles auprès des autorités d’enquête, il n’a pas été établi que les éléments constitutifs du crime étaient présents, ce qui a conduit à la décision de classer le dossier.
Le communiqué est ainsi libellé:
“Le Parquet de la République près le Tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants a reçu, le 04 février 2026, une notification du Commissariat de police spécialisé dans les mineurs de la wilaya de Nouakchott Nord, suite à une plainte, à laquelle sont jointes des photos et de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, déposée par l’initiative “IRA” concernant un cas présumé d’esclavage d’une fillette de 11 ans.
Dès réception de la notification, le Procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour suspicion de crime d’esclavage ou d’exploitation de la vulnérabilité. Le Commissariat a mené les investigations nécessaires sous la supervision du Parquet, et toutes les personnes concernées ainsi qu’un certain nombre de témoins parmi les voisins, les connaissances et d’autres personnes susceptibles d’avoir des informations pertinentes sur les faits ont été entendus, les suspects étant placés en garde à vue.
L’enquête a conclu que la fillette vivait avec une famille amie de sa mère, à la demande de cette dernière et pour répondre à sa requête, en raison de son incapacité à faire face aux obligations financières pour l’éducation et la scolarisation de sa fille. La famille a pris en charge son éducation et son inscription dans une école publique, comme l’ont révélé les enquêtes et l’état de la fillette, ses déclarations et celles de sa mère, les documents scolaires, et les témoignages des voisins et des connaissances.
L’enquête a, également, prouvé que la fillette n’a pas été privée de sa liberté pendant la période de son séjour, qui n’a pas dépassé 3 mois, avec la suspecte, et n’a été soumise à aucune forme d’exploitation, de travail forcé ou de violence.
Les investigations ont, par ailleurs, montré qu’il n’existait aucun lien social pouvant servir de base à la suspicion d’une relation d’esclavage, la suspecte est originaire de la moughataa de R’Kiz dans la wilaya du Trarza, tandis que le père de la fillette est originaire de la région de Koubenni dans la wilaya du Hodh El Gharbi et sa mère est originaire du village de Tachoutt, dans la wilaya de Guidimakha.
Ces investigations ont démontré que les photos et vidéos diffusées, présentées par l’initiative “IRA” comme preuves des faits signalés, ont été fabriquées de toute pièce et propagées par les plaignants eux-mêmes par des moyens illégaux et dans des circonstances orientées qui ne reflètent pas la réalité.
La démarche a commencé par la prise de photos de la fillette lors d’une fête de mariage organisée chez les voisins de la suspecte, puis la photographe s’est empressée de les envoyer à son oncle, un activiste du mouvement “IRA”, qui, avec d’autres, a attiré la fillette et l’a photographiée en train de tirer un bidon d’eau de 20 litres, qui s’est avéré appartenir au propriétaire d’un projet près de la maison de la suspecte, puis la fillette a été photographiée à nouveau portant une marmite appartenant à l’une des maisons voisines de la famille collaborant avec l’initiative.
Des membres de “IRA” se sont, également, fait passer pour des employés de la Société Nationale d’Électricité pour justifier leur entrée dans la maison de la suspecte afin de photographier la fillette aux côtés d’une femme âgée dans la maison, dans une scène trompeuse visant à créer une impression sans rapport avec la vérité, c’est ce que montrent les preuves détenues par le Parquet.
Sur la base des données objectives et des preuves disponibles de l’absence des éléments constitutifs du crime et l’absence de l’élément pénal dans les faits signalés, il a été décidé de classer la procédure.
Le Parquet, en informant l’opinion publique de ces résultats, tient à souligner que les crimes d’esclavage sont parmi les crimes les plus graves portant atteinte à la dignité humaine et à ses droits fondamentaux, et qu’ils feront toujours l’objet d’une attention et d’une fermeté chaque fois que des preuves sérieuses seront disponibles.
Il met, également, en garde contre la gravité de l’invention de faits, de la manipulation d’informations et de leur exploitation à des fins personnelles, tout en réaffirmant son droit de poursuivre tous les actes contraires à la loi révélés par les enquêtes et les investigations.
Ami