Le Secrétaire général de l’OCI devant le Groupe de contact ministériel : Appel à la communauté internationale à faire pression sur le Myanmar afin d’assurer la sécurité des Musulmans Rohingyas
Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique membres du Groupe de contact concernés par les Musulmans Rohingyas au Myanmar, ont tenu une réunion à New York en marge de la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sous la présidence de S.E. le Secrétaire général, M. Hissein Brahim Taha.
S.E. le Secrétaire général a souligné dans son allocution que depuis plus de 20 ans, l’Organisation suit cette question avec un vif intérêt et déploie des efforts inlassables pour apporter le soutien aux Rohingyas dans son souci de mettre fin à cette situation déplorable, rappelant que cela fait maintenant plus de cinq ans depuis le lancement, le 25 août 2017, de la campagne impitoyable menée par l’armée du Myanmar contre les civils Rohingyas. Cet événement a entraîné un afflux massif de réfugiés Rohingyas de la région de Rakhine, au Myanmar, vers le Bangladesh voisin. Il a souligné que ce cinquième anniversaire est un rappel que les atrocités commises contre les Rohingyas exigent la justice et la responsabilisation de leurs auteurs, mais aussi un engagement et une solidarité accrus de la part de la communauté internationale.
S.E. le Secrétaire général a appelé la communauté internationale à faire pression sur le Myanmar pour assurer la sécurité des Musulmans Rohingyas, reconnaître leurs droits fondamentaux, y compris leur droit à la citoyenneté, et instaurer les conditions favorables au retour volontaire, sûr, digne et durable dans leurs foyers de tous les Rohingyas réfugiés ou déplacés.
M. Hissein Taha a exprimé sa gratitude à la République populaire du Bangladesh et à la République de Gambie pour leurs efforts louables en faveur de la communauté Rohingya, tout en saluant les efforts des membres du Groupe de contact et des Etats membres de l’OCI pour leur aide continue et leur solidarité dans ce contexte.
En outre, la réunion a exprimé sa vive préoccupation du fait que la communauté Rohingya continue de faire l’objet de pratiques discriminatoires systématiques dans l’Etat de Rakhine, où les Musulmans Rohingyas sont confrontée aux meurtres, aux viols, aux déplacements, aux expulsions forcées de la population et aux violations flagrantes des droits de l’homme, notamment après le coup d’Etat militaire au Myanmar du 1er février 2021.
La réunion a appelé le gouvernement du Myanmar à faciliter le déroulement d’enquêtes internationales, indépendantes et impartiales sur les allégations de violations des droits de l’homme, d’atrocités et d’abus contre les Musulmans Rohingyas commis par des membres de l’armée, des agents du gouvernement et des membres de groupes d’autodéfense, et faire en sorte que les auteurs répondent de leurs actes.
La réunion a également appelé le gouvernement du Myanmar à prendre des dispositions urgentes avec le gouvernement du Bangladesh pour mettre en œuvre de manière durable les “arrangements favorisant le retour des personnes déplacées de l’Etat de Rakhine” et permettre aux Musulmans Rohingyas de se déplacer librement dans l’Etat de Rakhine à la recherche des moyens de subsistance, mais aussi d’avoir un accès sans entrave aux soins de santé et services d’éducation. Elle a, en outre, invité le gouvernement du Myanmar à répondre à l’offre de l’OCI d’établir un service de santé dans l’Etat de Rakhine pour répondre aux besoins de toutes les communautés en matière de soins de santé, ainsi qu’à la proposition de créer une école technique et d’organiser un symposium sur le dialogue interreligieux.
OCI