Production rizicole: les autorités visent l’autosuffisance

La production rizicole nationale affiche une progression remarquable, au moment où les autorités mauritaniennes réaffirment leur ambition d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2029. Le cap est donc donné.
Réuni mardi au siège du Premier ministère, le chef du gouvernement, Moctar Ould Djay, a présidé une séance de travail consacrée à l’évaluation de la campagne rizicole et au suivi des décisions arrêtées par le comité ministériel en charge du secteur. L’objectif : mesurer les avancées enregistrées et identifier les obstacles restant à lever pour accélérer le développement de la filière.
Selon les éléments examinés lors de cette rencontre, des « progrès considérables » ont été réalisés dans la mise en œuvre des mesures décidées précédemment, même si certains volets nécessitent encore des ajustements pour garantir l’atteinte des objectifs fixés.
Les chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire confirment cette dynamique. La campagne rizicole d’automne 2025 s’est soldée par une production totale de 229.353 tonnes, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2024 (180.299 tonnes) et de 41 % comparativement à la moyenne des cinq dernières années. La production est donc en forte hausse.
Le rendement moyen national a également progressé pour atteindre 4,70 tonnes par hectare, en hausse de 17 % sur un an. Cette amélioration est attribuée principalement à l’extension des superficies cultivées, passées de 44.864 hectares en 2024 à 48.800 hectares en 2025.
Pour le Premier ministre, le renforcement de la production nationale constitue une priorité stratégique, conformément aux orientations du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Les autorités entendent faire du riz un pilier de la souveraineté alimentaire du pays, tout en améliorant la compétitivité du produit local.
Dans cette perspective, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un engagement accru de l’ensemble des acteurs : soutien à l’emploi de la main-d’œuvre nationale, consolidation du partenariat avec le secteur privé, implication des établissements d’enseignement supérieur, des centres de recherche scientifique et des bureaux d’études spécialisés.
Afin d’accélérer la cadence, des comités techniques spécialisés seront mis en place pour examiner les difficultés persistantes et proposer des solutions concrètes. L’exécutif mise sur des résultats rapides et mesurables pour structurer durablement la filière rizicole.
À moyen terme, les autorités ambitionnent de couvrir l’intégralité des besoins nationaux en riz d’ici 2029 et d’envisager l’exportation d’éventuels excédents. Une « révolution agricole », selon les termes du Premier ministre, appelée à renforcer la contribution du secteur au développement économique du pays.