Ligne Haut Tension RIM-Mali : le tronçon du projet Kiffa-Tintane-Aioun mis en orbite

La Mauritanie franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses infrastructures énergétiques avec la signature des contrats de réalisation du projet d’interconnexion électrique haute tension 225 kV avec le Mali, couplé au développement de centrales solaires (PIEM). La partie malienne Kayes-Yélimané était tributaire des arrangements avec la BOAD et le FAD.
Au cœur du dispositif, la construction de la phase 1 d’une ligne électrique reliant Kiffa à Tintane (114 km), puis Tintane à Aïoun (70 km), accompagnée de postes de transformation modernes destinés à assurer une distribution fiable et continue de l’électricité. D’un coût estimé à 135 millions de dollars pour ce tronçon, le projet bénéficie du soutien de partenaires internationaux, dont le Groupe de la Banque africaine de développement, le Fonds d’investissement climatique et le Fonds de l’OPEP pour le développement international.
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’impact attendu qui retient l’attention. Cette interconnexion devrait permettre d’améliorer significativement l’accès à l’électricité dans plusieurs régions de l’intérieur, longtemps confrontées à un déficit énergétique. Elle contribuera ainsi à réduire les inégalités territoriales, tout en soutenant le développement d’activités économiques locales, notamment dans les secteurs agricole, artisanal et des services.
Le projet s’inscrit également dans une dynamique régionale d’intégration énergétique, en facilitant les échanges d’électricité entre la Mauritanie et le Mali où la Sogem malgré les difficultés liées au paiement par les SdE a maintenu les projets en vie grâce à un programme d’investissement réfléchi. Une interconnexion qui renforce la résilience des réseaux, optimise les coûts de production et ouvre la voie à une meilleure exploitation des ressources énergétiques, notamment solaires, dans le cadre de l’initiative « Desert to Power ».
À moyen terme, les retombées attendues sont multiples : création d’emplois, stimulation de l’investissement privé, amélioration des services sociaux de base et émergence de nouvelles chaînes de valeur autour de l’énergie. Le développement de centrales solaires associées vient par ailleurs consolider l’orientation vers un mix énergétique plus durable et moins dépendant des énergies fossiles.
Intégré à un programme plus large, dont la « ligne de l’espoir » reliant Nouakchott à Néma constitue l’épine dorsale, ce projet illustre la volonté des autorités de faire de l’électricité un pilier central des politiques de développement.
Dans un contexte régional marqué par de nombreux défis, le PIEM apparaît ainsi comme un investissement structurant visant à transformer durablement les conditions de vie des populations et de renforcer l’intégration économique au sein de l’espace de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal.
(avec Ami)