Face à la presse : Mint Maouloud promet de venir à bout de la soif à Nouakchott !

Face à quatre journalistes, la ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, Amal Mint Maouloud, vient de passer avec mention «honorable » son face-à-face médiatique.  Tout en maitrise, dans l’humilité et la finesse, l’intervention de la ministre révèle au grand jour ses qualités d’oratrice et sa parfaite maîtrise de tous ses dossiers y compris ceux dans les plus petits méandres du Dhar. Un exercice dans lequel la ministre, malgré la sensibilité du sujet, excelle par sa précision sur les réalisations accomplies ainsi que les projets structurants en cours. Elle marque, sans doute, des points par cet entretien en espérant qu’elle étanche la soif des citoyens. Elle se fait, en tout cas, découvrir sous son meilleur jour.

La prestance s’est déroulée lors d’une émission diffusée samedi soir sur la Télévision nationale. Une occasion pour Mint Maouloud de mettre en lumière les efforts considérables engagés par son département pour répondre durablement aux besoins en eau potable dans le pays, en général,  et à Nouakchott, en particulier. Une politique de l’eau qui -conformément à la SNADEA- se concentre sur la gestion durable des ressources. Elle reste inspirée des ODD, qui fixent pour 2030 les objectifs d’accès universel à l’eau et l’assainissement et les priorités en termes de préservation de la ressource en eau.

Mais Pour la ministre l’hydraulique, l’objectif prioritaire qu’elle s’assigne est de “garantir l’accès à l’eau potable et améliorer les services d’eau sur l’ensemble du territoire national » comme «priorités stratégiques pour le département et un défi permanent auquel le gouvernement s’efforce de répondre par la mise en œuvre de grands projets d’infrastructures visant à accroître la production d’eau et à assurer sa distribution”.

Face à une demande en eau en constante augmentation, le département explique Mint Maouloud, au sujet singulier de Nouakchott, s’est appuyé sur les deux principales ressources alimentant la capitale : Idini et Aftout Sahili. Les travaux entrepris ces dernières années ont permis des avancées significatives.

Au niveau d’Idini, les investissements réalisés entre 2020 et 2022 ont permis d’augmenter la capacité de production de 17 000 m³ par jour à 45 000 m³/jour.

Concernant l’Aftout Sahili, les opérations de réhabilitation et de maintenance des installations existantes ont porté la production de 115 000 m³/jour à 150 000 m³/jour.

Grâce à ces différentes actions, la capacité globale de production d’eau destinée à la ville de Nouakchott est ainsi passée de 132 000 m³/jour en 2020 à près de 200 000 m³/jour en 2025, traduisant une volonté claire des autorités de sécuriser l’alimentation en eau potable de la capitale.

Vaincre durablement la turbidité

Parmi les défis majeurs auxquels le secteur devait faire face figurait la problématique de la turbidité des eaux durant les périodes d’hivernage. Ce phénomène naturel entraînait autrefois une baisse pouvant atteindre 50 % de la production hydrique. Là où les effets pervers de la nature étaient souvent subis par ses prédécesseurs, Amal Maouloud a choisi d’y apporter une réponse structurelle. La ministre a sonné la mobilisation de toutes ses équipes.

Suite à un travail acharné a été réalisée, en seulement sept mois, l’usine de désablement de Béni Nagi. Cette infrastructure permet désormais de maintenir de manière continue la production de l’Aftout Sahili, indépendamment du niveau de turbidité des eaux du fleuve. Une avancée stratégique qui contribue fortement à la stabilité de l’approvisionnement en eau de la capitale tout au long de l’année.

Des projets ambitieux pour anticiper les besoins futurs

Soucieuse d’accompagner la croissance rapide de Nouakchott, la ministre poursuit la mise en œuvre de plusieurs projets structurants destinés à renforcer durablement les capacités de production et de distribution.

Renforcement du système d’Idini

Le projet de renforcement d’Idini ambitionne de porter la capacité de production du champ captant de 45 000 m³/jour à 100 000 m³/jour dans une première phase, puis à 140 000 m³/jour à terme.

Financé par le Fonds arabe pour le développement économique et social à hauteur de 75 millions d’euros, ce projet comprend :

  • la réalisation d’une conduite principale de 1 200 mm de diamètre entre Idini et Nouakchott sur près de 60 kilomètres ;
  • la réhabilitation du champ captant existant ainsi que la création de nouveaux forages ;
  • la construction de réservoirs de stockage.

Déterminée à mettre cette infrastructure en service avant la fin de l’année, la ministre a instauré une mobilisation permanente des équipes techniques, avec un suivi rigoureux du calendrier d’exécution.

Extension de l’Aftout Sahili

Le projet d’extension de l’Aftout Sahili, financé par le Trésor français à hauteur de 43 millions d’euros, permettra quant à lui d’augmenter la capacité de production de 150 000 m³/jour à 225 000 m³/jour, soit un apport supplémentaire de 75 000 m³/jour.

À l’horizon 2028, la production globale destinée à la ville de Nouakchott devrait ainsi atteindre 325 000 m³/jour, un volume jugé suffisant pour couvrir les besoins de la capitale jusqu’en 2035.

Modernisation de la distribution de l’eau

Au-delà de la production, le département accorde une attention particulière à l’efficacité de la distribution. Un vaste projet de construction de pôles de distribution est ainsi en préparation afin d’améliorer l’acheminement des volumes mobilisés dans les prochaines années.

Ce programme prévoit notamment la construction de grands réservoirs et de châteaux d’eau répartis à travers la ville afin d’améliorer la pression dans les réseaux et de mieux adapter la distribution à la configuration topographique de Nouakchott. Cette question technique a d’ailleurs été largement expliquée par la ministre lors de son passage à la télévision nationale.

Une vision prospective de long terme jusqu’en 2050

Dans une logique d’anticipation et de planification, Amal Maouloud a également annoncé l’élaboration d’un schéma directeur pour l’approvisionnement en eau potable de Nouakchott à l’horizon 2050.

Cet outil stratégique permettra d’identifier l’ensemble des investissements nécessaires pour garantir durablement l’accès à l’eau potable à travers des programmes d’actions quinquennaux.

Par ailleurs, afin de répondre aux besoins en eau au-delà de 2035, la ministre a confirmé la programmation d’une usine de dessalement qui devrait produire, dans une première phase, 100 000 m³/jour avant d’atteindre 300 000 m³/jour à terme. Ce projet permettra de diversifier les ressources exploitées et de renforcer davantage la sécurité hydrique de la capitale.

 

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