Accord de partenariat de pêche RIM-UE : dernière ligne droite !

La quatrième série de négociations consacrée à la révision de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne s’est ouverte ce mardi à Las Palmas, en Espagne. Cette nouvelle phase de discussions vise à finaliser le projet de protocole révisé et ses annexes afin de renforcer la coopération bilatérale dans un cadre préservant les intérêts des deux partenaires.
Cette session fait suite aux travaux de la commission mixte de l’accord de partenariat, organisés du 26 au 28 janvier 2026 à l’hôtel AC Iberia de Las Palmas. Cette réunion avait permis d’évaluer la mise en œuvre des dispositions de l’accord en vigueur et d’examiner les principaux indicateurs du partenariat, notamment les activités de pêche, les licences accordées en 2024 et 2025, les volumes et espèces de captures réalisés ainsi que les recettes générées.
Les discussions avaient également porté sur les conditions techniques prévues par le protocole et sur la coopération scientifique entre les deux parties. À cette occasion, la délégation européenne avait présenté les conclusions de la commission scientifique mixte, soulignant l’importance du suivi scientifique pour assurer la préservation des ressources halieutiques et garantir leur exploitation durable.
Selon le ministère mauritanien de la Pêche et des Infrastructures maritimes et portuaires, les échanges porteront principalement sur les aspects techniques (réaménagement de l’accès en raison des risques pesant sur certaines espèces pélagiques surexploitées) et financiers de l’accord, les contreparties futures ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun. Les travaux devraient se conclure par la rédaction, l’adoption et la signature d’un procès-verbal final.
Les négociations étaient intervenues à l’époque dans un contexte marqué par les débats suscités par la présence dans les eaux mauritaniennes du navire industriel Margiris, souvent surnommé le « Monstre des mers ». Cette controverse avait alimenté les inquiétudes d’une partie de l’opinion publique et des professionnels du secteur. Les autorités mauritaniennes avaient alors expliqué que les activités du navire s’inscrivaient dans le cadre des quotas et des dispositions prévues par les accords de pêche en vigueur, tout en reconnaissant un déficit de communication autour de son arrivée.
Le partenariat halieutique entre la Mauritanie et l’Union européenne demeure l’un des plus importants accords de pêche conclus par Bruxelles avec un pays tiers. Le protocole actuellement en vigueur couvre la période allant du 15 novembre 2021 au 14 novembre 2026 et prévoit un mécanisme de renouvellement automatique. Il prévoit une contribution annuelle de l’Union européenne d’environ 60,8 millions d’euros, dont près de 3,3 millions d’euros sont destinés chaque année à l’appui du développement durable de la politique nationale des pêches. À cela s’ajoute un financement sectoriel de 16,5 millions d’euros sur l’ensemble de la période du protocole pour soutenir la gouvernance du secteur, le contrôle des activités de pêche, la lutte contre la pêche illicite et la recherche scientifique.
L’accord autorise les navires européens à exploiter plusieurs catégories de ressources halieutiques dans les eaux mauritaniennes, notamment les espèces pélagiques, les poissons démersaux, les thonidés et les crevettes. Les captures autorisées représentent un volume annuel compris entre 280 050 et 288 000 tonnes, selon les catégories de pêche concernées.
La délégation mauritanienne est conduite par le secrétaire général du ministère de la Pêche et des Infrastructures maritimes et portuaires, Sidi Ali Ould Sidi Boubacar. Elle regroupe notamment des représentants des garde-côtes mauritaniens, de l’Observatoire économique et social de la pêche ainsi que des ministères des Finances et des Affaires étrangères. La partie européenne est représentée par une délégation dirigée par Luis Molido, accompagnée de représentants de la Délégation de l’Union européenne à Nouakchott et de plusieurs États membres signataires de l’accord, dont l’Espagne, la France, la Pologne et la Lituanie.
JD