Aux Canaries, le pape Léon XIV fait de la question migratoire le fil conducteur de son voyage en Espagne

Au terme d’une visite marquée par plusieurs appels en faveur des migrants, le souverain pontife a exhorté l’Europe et les pays d’origine à agir face aux drames des routes migratoires

Le pape Léon XIV a affirmé ce vendredi que « nous sommes tous, d’une certaine manière, des migrants », lors d’une visite dans un centre d’accueil de Tenerife, aux îles Canaries, dernière étape d’un voyage en Espagne largement consacré aux enjeux migratoires.

S’exprimant en français devant des migrants accueillis sur l’archipel espagnol, le souverain pontife poursuit une séquence marquée par plusieurs prises de position sur les conséquences humaines des migrations vers l’Europe.

Le pape devait également rencontrer des associations religieuses et laïques engagées dans l’accueil des migrants avant de célébrer une messe en plein air dans le port de Santa Cruz de Tenerife, puis regagner Rome dans l’après-midi.

​​​​​​​

Les Canaries, porte d’entrée migratoire vers l’Europe

Situées au large des côtes africaines, les îles Canaries constituent l’une des principales portes d’entrée en Europe pour les migrants en situation irrégulière empruntant la route atlantique.

Cette voie migratoire est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde en raison des longues traversées effectuées à bord d’embarcations de fortune entre les côtes d’Afrique de l’Ouest et l’archipel espagnol.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 172 migrants sont morts ou portés disparus sur cette route maritime en 2025.

D’après le ministère espagnol de l’Intérieur, près de 18 000 migrants sont arrivés aux Canaries l’an dernier, contre près de 50 000 entrées irrégulières enregistrées en 2024.

 

Hommage aux victimes de la route atlantique

Jeudi, sur l’île voisine de Grande Canarie, Léon XIV a dénoncé « l’indifférence » du monde face au sort des migrants lors d’un déplacement sur le port d’Arguineguín.

Ce site est devenu un symbole de la crise migratoire après avoir accueilli, durant la pandémie de Covid-19, plus de 3 000 migrants regroupés dans des conditions jugées précaires.

À cette occasion, le pape a rendu hommage aux personnes mortes en mer lors de la traversée de l’Atlantique en jetant un bouquet de fleurs dans l’océan.

Ce geste revêtait une forte portée symbolique, son prédécesseur, le pape François, décédé il y a un an, n’ayant pas pu effectuer ce déplacement aux Canaries.

 

Appels à l’Europe et aux pays d’origine

Poursuivant son plaidoyer en faveur des migrants, Léon XIV a appelé les pays d’origine à mettre en œuvre « des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre ».

Le souverain pontife a également exhorté l’Europe à ne pas s’habituer aux drames migratoires en Méditerranée et dans l’Atlantique, estimant que ces espaces maritimes ne pouvaient devenir des « cimetières sans pierres tombales ».

« La dignité humaine n’a pas de passeport et ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une frontière », a-t-il déclaré.

 

Un premier voyage en Espagne placé sous le signe de la migration

Avant son étape aux Canaries, Léon XIV s’était rendu à Madrid puis à Barcelone dans le cadre de son premier voyage officiel en Espagne, entamé samedi dernier.

Ce déplacement a été marqué par de nombreuses références à la question migratoire et s’inscrit dans la continuité des appels récurrents du Saint-Siège en faveur de la protection des migrants et des réfugiés.

La visite aux Canaries a constitué le point d’orgue de ce voyage, en plaçant au premier plan l’une des principales routes migratoires vers l’Europe et les défis humanitaires qui y sont associés.

aa.com.tr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button