Le FCJ tente de contenir l’hémorragie après une nouvelle vague de démissions

À peine installé dans le paysage politique mauritanien, le Front pour la Citoyenneté et la Justice (FCJ), présidé par Jemil Ould Mansour, en rupture de banc avec ses anciens amis islamistes de Tawassoul, est confronté à une série de démissions qui fragilisent déjà ses rangs. Malgré les efforts de la direction pour en minimiser la portée, les départs se multiplient, y compris parmi des compagnons de longue date du président du parti, signe d’un malaise plus profond autour de sa gouvernance.
Dans un communiqué publié lundi, le Comité de suivi du FCJ s’est attaché à relativiser l’ampleur de cette nouvelle vague de départs. La direction affirme que le communiqué des démissionnaires comporte 31 signatures, mais soutient que 12 de ces personnes n’ont jamais été membres du parti et que deux autres cas restent à vérifier. Selon cette lecture, seuls 17 cadres et militants auraient effectivement quitté le FCJ.
Une démonstration comptable qui peine toutefois à masquer la réalité politique : le parti, reconnu officiellement il y a seulement quelques mois, traverse une véritable hémorragie interne. Plus encore que le nombre avancé par les uns ou les autres, c’est le profil des démissionnaires qui interpelle. Plusieurs figures historiques ayant accompagné Jemil Ould Mansour durant de longues années ont choisi de claquer la porte pour exprimer leur désaccord avec la gestion du parti et son orientation.
Face aux critiques formulées par les démissionnaires, la direction rejette toute idée d’un changement de ligne politique depuis l’obtention de l’agrément du FCJ en novembre 2025. Elle réaffirme que le parti demeure fidèle à son positionnement consistant à soutenir le programme du président de la République tout en se réservant le droit d’émettre des critiques et des propositions, résumant cette posture par son slogan : « Nous soutenons, mais… ».
Le FCJ réfute également les accusations portant sur sa gestion des questions liées à l’unité nationale, au passif humanitaire et à la représentation des différentes composantes de la société mauritanienne, estimant que ses positions sont clairement établies dans ses textes fondateurs et qu’elles demeurent inchangées.
Enfin, la direction s’interroge sur le fait que les démissionnaires n’aient jamais exprimé leurs réserves au sein des instances dirigeantes avant de rendre publique leur décision. Elle défend le fonctionnement institutionnel du parti, tout en reconnaissant l’existence de difficultés internes qui, selon elle, doivent être traitées dans le cadre des structures du FCJ.
Malgré ce plaidoyer, cette nouvelle vague de départs vient alimenter les interrogations sur la capacité de Jemil Ould Mansour à maintenir la cohésion d’une formation politique encore récente. Le départ de plusieurs de ses plus fidèles compagnons donne à cette crise une dimension qui dépasse largement la simple bataille des chiffres et révèle des fractures internes que les explications de la direction peinent, pour l’heure, à dissiper.