États-Unis–Iran : mémorandum d’entente en vue

Comme l’accueille positivement les principales places boursières aujourd’hui, un mémorandum d’entente entre iraniens et américains pourrait bientôt décanter la crise de quelques mois au Moyen-Orient. Mais malgré l’optimisme suscité ces derniers jours par la perspective de l’ accord a été rapidement tempéré par l’apparition de versions contradictoires concernant le contenu de la future déclaration d’entente. Alors que les deux parties laissent entrevoir une avancée diplomatique, les divergences sur les principaux points de l’accord montrent que les négociations restent fragiles et pourraient encore buter sur plusieurs obstacles.
Selon la version américaine, la première étape de l’accord viserait essentiellement à rétablir la libre circulation maritime dans le détroit d’Hormuz et à ouvrir la voie à des discussions plus approfondies sur le dossier nucléaire iranien. Washington exige de Téhéran des garanties concernant le caractère exclusivement pacifique de son programme nucléaire et conditionne tout allègement des sanctions à la mise en œuvre effective des engagements pris. Les États-Unis excluent également tout versement financier immédiat à l’Iran avant l’application des dispositions convenues.
De son côté, l’Iran affirme que le futur mémorandum ne comportera aucun nouvel engagement concernant son programme nucléaire. Téhéran insiste sur son droit à l’enrichissement de l’uranium et réclame la levée progressive des sanctions, ainsi que le déblocage rapide d’une partie de ses avoirs gelés. Les autorités iraniennes soutiennent également que les questions régionales, notamment les conflits au Moyen-Orient, doivent faire partie des discussions plus larges entourant l’accord.
Des fuites relayées par des médias iraniens évoquent un projet de mémorandum en quatorze points comprenant des engagements américains en faveur de la reconstruction économique de l’Iran, l’assouplissement des sanctions pétrolières, le respect de la souveraineté iranienne et l’accès aux fonds gelés à l’étranger. Toutefois, le président américain Donald Trump a catégoriquement rejeté ces informations, affirmant que les conditions publiées par les médias iraniens ne correspondent pas aux termes réellement discutés entre les deux parties.
Malgré ces désaccords, plusieurs indices laissent penser qu’un accord préliminaire pourrait être signé prochainement. Des sources diplomatiques évoquent la possibilité d’une signature à Genève dans les prochains jours, tandis que des préparatifs logistiques auraient été engagés en Europe. Cependant, les responsables iraniens restent prudents et soulignent que le texte final n’a pas encore été approuvé.
Les développements récents montrent ainsi que les négociations progressent, mais que des divergences importantes subsistent sur le nucléaire, les sanctions, les avoirs gelés et les questions régionales. Les efforts diplomatiques se poursuivent afin d’éviter une nouvelle escalade des tensions et de parvenir à un accord susceptible de stabiliser durablement les relations entre Washington et Téhéran.
(avec aljazeera)