Netanyahu torpille l’initiative de paix portée par Donald Trump

Trois personnes ont été tuées dimanche 14 juin dans une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth. Cette attaque, la deuxième en une semaine contre la capitale libanaise, intervient au moment où Washington affirmait être à quelques heures de la conclusion d’un mémorandum d’accord destiné à ouvrir la voie à une désescalade régionale entre les États-Unis et l’Iran.

Pour de nombreux observateurs, cette opération militaire israélienne constitue un coup direct porté aux efforts diplomatiques engagés par le président américain Donald Trump. Alors que la Maison Blanche travaillait à finaliser un accord présenté comme une étape majeure vers la paix au Moyen-Orient, le gouvernement de Benyamin Netanyahu a choisi l’escalade militaire, compromettant un processus déjà fragile.

L’Iran n’a pas tardé à réagir. Téhéran accuse Washington de ne pas être en mesure de faire respecter ses engagements face à son allié israélien. Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé qu’il était devenu « inutile de poursuivre » les discussions avec les États-Unis si ces derniers ne pouvaient garantir le respect des engagements pris.

« L’agression des sionistes contre la Dahieh a une nouvelle fois démontré que les États-Unis n’ont ni la volonté ni la capacité de respecter leurs engagements », a-t-il déclaré sur le réseau X, dénonçant une stratégie du « bon flic, mauvais flic » entre Washington et Tel-Aviv.

Un haut responsable militaire iranien a également averti que ces bombardements ne resteraient pas « impunis », faisant craindre une nouvelle montée des tensions dans la région.

Les frappes israéliennes surviennent alors que Donald Trump affirmait être sur le point d’annoncer un accord historique avec l’Iran. Selon le président américain, la signature devait intervenir dans la journée mais a été retardée par l’attaque contre Beyrouth.

« L’attaque perpétrée ce matin à Beyrouth n’aurait jamais dû avoir lieu », a déclaré Donald Trump sur Truth Social. Le président américain a estimé que la riposte israélienne était disproportionnée par rapport à l’incident invoqué et a appelé toutes les parties à cesser les hostilités afin de préserver la dynamique diplomatique en cours.

Dans un entretien accordé au média Axios, Donald Trump a reconnu sa frustration après les bombardements. « Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures », a-t-il affirmé, laissant transparaître son irritation envers le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Au-delà du bilan humain, cette attaque apparaît comme un revers majeur pour les efforts de paix engagés par Washington. En frappant la banlieue sud de Beyrouth à un moment aussi sensible, le gouvernement israélien a pris le risque de faire dérailler une initiative diplomatique qui devait ouvrir une nouvelle séquence de stabilisation au Moyen-Orient.

Une nouvelle fuite en avant du gouvernement extrémiste israélien qui s’affranchit de plus en plus de la coupole américaine.

(avec médias)

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