Ebola aux portes de l’Afrique : l’Union africaine convoque un sommet d’urgence pour éviter le pire

L’urgence sanitaire n’attend plus. Ce mardi 16 juin, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine se retrouveront en visioconférence depuis le Palais Ntare Rushatsi, sous la houlette d’Évariste Ndayishimiye, président burundais et président en exercice de l’organisation continentale. Au cœur des débats : l’épidémie d’Ebola qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo et l’Ouganda voisin.

Cette réunion de haut niveau survient à un moment critique, trente jours jour pour jour après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC. Un mois de combat acharné, un mois d’inquiétudes grandissantes.

La veille, à Bujumbura, le président Ndayishimiye s’est entretenu en tête-à-tête avec Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine. Objectif : affiner la stratégie commune avant le grand rendez-vous continental. “Cette rencontre se tient dans le cadre de la coordination des actions face à cette nouvelle urgence sanitaire”, précise la présidence burundaise sur son compte X.

Une épidémie qui défie les frontières et les systèmes de santé

Le virus Bundibugyo – souche responsable de cette flambée – ne connaît pas de frontières. Depuis son émergence, l’épidémie s’est étendue, passant de la RDC à l’Ouganda dans un mouvement inquiétant. Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé a classé la situation comme une urgence de santé publique de portée internationale, un signal d’alarme qui n’a rien d’anodin.

Pourquoi une telle mobilisation ? Les chiffres officiels pourraient ne refléter qu’une partie de la réalité. L’OMS alerte sur une “expansion géographique importante” et craint que “l’ampleur réelle soit sous-estimée”. La porosité des frontières, la mobilité des populations, les systèmes de santé fragiles, les infrastructures insuffisantes et les zones de conflit rendent la riposte particulièrement complexe.

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) fournissent les données qui guident les décisions. Mais sur le terrain, les équipes médicales peinent à accéder à certaines zones touchées par l’insécurité.

MSF tire la sonnette d’alarme : la riposte est-elle à la hauteur ?

Médecins Sans Frontières ne mâche pas ses mots. L’organisation humanitaire appelle à une “riposte à la hauteur de la crise sanitaire en cours”. Un message clair adressé aux autorités et à la communauté internationale.

Côté congolais, les responsables reconnaissent les défis mais mettent en avant une expérience inégalée : le pays a déjà maîtrisé seize épidémies d’Ebola. “Notre engagement reste total pour contenir cette nouvelle flambée”, affirment-ils, confiants dans leur savoir-faire acquis au fil des ans.

L’Union africaine, elle, salue la solidarité qui s’organise : contributions des États membres, soutien des partenaires internationaux. Le président Ndayishimiye et Mahmoud Ali Youssouf ont souligné ces efforts lors de leur rencontre de lundi.

Reste à savoir si cette mobilisation sera suffisante face à un ennemi aussi insidieux qu’implacable. La réunion de ce 16 juin pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre ce fléau qui menace de nouveau l’Afrique de l’Est.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button