Guerre au Moyen-Orient : JD Vance affirme que l’Iran a accepté le retour d’inspecteurs de l’AIEA et qu’Ormuz est ouvert

En résumé
- Annulée vendredi, la première journée de pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran en Suisse s’est finalement tenue dimanche. Emissaire de Donald Trump, son vice-président JD Vance a salué une «rencontre historique» et appelé à «tourner une nouvelle page». Avant que les deux pays annoncent dans la nuit être tombés d’accord sur «une feuille de route» pour un «accord définitif» sous 60 jours.
- En parallèle, Donald Trump a menacé de frapper à nouveau l’Iran si son allié libanais Hezbollah continue de «causer des problèmes». Téhéran lui a répondu de «bien peser ses mots». Les discussions doivent se prolonger toute la semaine.
- Benyamin Nétanyahou a affirmé dimanche que l’armée israélienne restera dans le sud du Liban «aussi longtemps que nécessaire», le chef du Hezbollah a de son côté dit refuser toute zone de sécurité israélienne. La veille, l’Etat hébreu avait massivement bombardé le Liban malgré le cessez-le-feu…
Le président iranien Massoud Pezeshkian se rendra mardi au Pakistan voisin, médiateur dans les pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, selon un porte-parole de la présidence. Cette visite, annoncée au lendemain de discussions en Suisse entre Téhéran et Washington, portera notamment sur «la poursuite des consultations» entre les deux pays, a-t-il souligné, cité par l’agence de presse gouvernementale Irna.
Le vice-président américain semble de bonne humeur ce lundi, au lendemain de ses pourparlers en Suisse avec les diplomates iraniens. Se réjouissant des «très bonnes bases posées en vue d’un accord finale», JD Vance a assuré que le détroit d’Ormuz est bien ouvert. Il a en outre annoncé que Téhéran a accepté le retour d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans le dossier brûlant du nucléaire. Concernant la situation au Liban, Vance a déclaré que le dossier est toujours «en cours» de discussion, mais que les Etats-Unis défendent un «cessez-le-feu régional».
Au terme des négociations en Suisse, le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel conjoint des Etats-Unis et du Qatar portant sur la création d’une cellule préventive pour mettre fin à la guerre avec Israël, comme évoqué plus tôt lors des pourparlers, a indiqué la présidence libanaise. L’entretien a porté sur «la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l’arrêt de l’escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin».
Il ne s’agit pas de «négociations», insiste l’Iran. Lors des pourparlers en Suisse, Téhéran affirme avoir eu une «très brève discussion» avec les Etats-Unis sur le nucléaire iranien. «Mais aucun détail n’a été abordé, et on ne peut pas dire que les négociations sur le nucléaire aient commencé», a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï à l’agence de presse Irna. La délégation américaine «a présenté ses positions de manière très succincte» sur le nucléaire et l’Iran a fait de même, a ajouté le porte-parole, qualifiant ces échanges de «présentation de nos positions» respectives.
Hôte depuis dimanche de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, la Suisse a annoncé la tenue «immédiate» de discussions techniques, au lendemain de négociations entre délégations de haut niveau des deux pays pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Dans un communiqué, le ministère suisse des Affaires étrangères a également salué «des avancées constructives» dans le cadre des échanges qui se sont poursuivis dans la nuit, évoquant notamment «l’accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord final dans un délai de 60 jours». Selon le ministère, «cette feuille de route crée les conditions pour l’ouverture immédiate de nouvelles discussions techniques».
Après «18 heures d’intenses discussions», la délégation iranienne, qui a participé à des négociations avec les Etats-Unis en Suisse, sous médiation du Pakistan et du Qatar, rentre à Téhéran, a rapporté l’agence de presse Irna. Des «discussions techniques» vont se poursuivre toute la semaine sur le sol helvète, a poursuivi cette même source. L’équipe iranienne est dirigée par l’influent président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et compte notamment le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
Alors que Téhéran et Washington qui sont accordés sur une «ligne de communication» pour sécuriser le transit dans le détroit d’Ormuz, le prix du pétrole stagne. Ce matin, le prix du baril WTI nord-américain s’affiche aux alentours des 75 dollars alors qu’il atteignait 110 dollars en avril. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, oscille autour des 79 dollars contre plus de 115 il y a deux mois. Cela reste néanmoins bien plus que les 58 dollars de la fin 2025.
Le ministre des Affaires étrangères iranien a annoncé à l’issue de la première journée de négociation en Suisse avec les Etats-Unis que «les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, le blocus est levé, certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l’Iran a été lancé». Ce plan doit être d’un montant d’«au moins 300 milliards de dollars», selon le protocole d’accord.
«Les parties se sont accordées sur la création d’une cellule de gestion des conflits, rassemblant les parties et la République du Liban, et animée par les médiateurs, afin de garantir le respect de la cessation des opérations militaires au Liban», expliquent dans leur communiqué les médiateurs pakistanais et qataris. Téhéran exige que l’accord mettant fin aux hostilités s’applique également au Liban. Mais le Premier ministre israélien a assuré que l’armée ne se retirera pas du sud du pays. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a néanmoins fait état de «progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban».
Après les premiers pourparlers, l’Iran et les Etats-Unis ont convenu qu’il fallait sécuriser le détroit d’Ormuz. Il faut établir une «ligne de communication […] avec l’objectif d’assurer un passage sûr pour les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz», peut-on lire dans le communiqué des médiateurs qataris et pakistanais. L’Iran avait annoncé sa refermeture après des bombardements israéliens au Liban contre le Hezbollah samedi. Le trafic commercial doit être pleinement rétabli dans un délai de 30 jours suivant le déminage du détroit, d’après le protocole d’accord. Téhéran entend cependant imposer des «droits de redevance» pour les services fournis sur ce passage qui «ne reviendra pas à la situation d’avant-guerre», a prévenu le négociateur iranien en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Iraniens et Etasuniens se sont entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et sécuriser le détroit d’Ormuz, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qataris, au terme de la première séance de négociations en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Réunies dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, les délégations ont accompli «des progrès encourageants». Elles se sont «mises d’accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d’un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques» pour le restant de la semaine.