Rapport 2025 de la BCM : une économie mauritanienne résiliente malgré un contexte mondial incertain

La Banque centrale de Mauritanie (BCM) dresse un bilan largement positif de l’économie nationale dans son rapport annuel 2025, publié le 31 juillet 2026. Dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques, les tensions sur les marchés et le ralentissement de la croissance mondiale, l’institution met en avant la résilience de l’économie mauritanienne, le renforcement des équilibres macroéconomiques et la poursuite des réformes engagées pour moderniser le système financier.
Le rapport souligne que le produit intérieur brut (PIB) réel a enregistré une croissance de 4 % en 2025, après 6,3 % en 2024, un rythme jugé solide au regard de l’environnement économique mondial. En valeur nominale, le PIB s’est établi à 472,56 milliards d’ouguiyas (MRU), en progression de 9,4 % sur un an. Dans le même temps, l’inflation est restée particulièrement maîtrisée, avec une moyenne annuelle de 1,6 %, contre 2,5 % en 2024, confirmant la stabilité des prix observée depuis trois ans.
L’un des faits marquants de l’année est la diversification des exportations, portée notamment par le démarrage des expéditions de gaz naturel du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Les exportations ont progressé de 12,3 %, atteignant près de 4,3 milliards de dollars, dont 237 millions de dollars provenant des premières ventes de gaz. Cette évolution a contribué à une amélioration spectaculaire des comptes extérieurs : le déficit commercial a été réduit de 497 millions de dollars en 2024 à seulement 23 millions de dollars en 2025, tandis que le déficit du compte courant est passé de 9,4 % à 3,4 % du PIB. Les réserves officielles de change ont parallèlement augmenté de 12,6 %, pour atteindre 2,21 milliards de dollars à la fin de l’année.
La Banque centrale relève également une consolidation des finances publiques et une amélioration des indicateurs d’endettement. Le déficit budgétaire a été ramené à 1,4 milliard de MRU, contre 5,85 milliards un an auparavant, soit une réduction de plus de 75 %. Quant à la dette extérieure, elle s’est établie à 4,27 milliards de dollars, en légère hausse en valeur absolue (+1 %), mais son poids dans l’économie a reculé de 40 % à 37 % du PIB, illustrant une meilleure soutenabilité. La dette multilatérale représente désormais 70 % de l’encours total, contre 30 % pour la dette bilatérale.
Le rapport met également en évidence les progrès enregistrés dans la modernisation du secteur financier. Le marché interbancaire des changes a gagné en profondeur, avec des transactions en hausse de 36 %, atteignant 1,76 milliard de dollars, tandis que les échanges en euros ont plus que triplé pour s’établir à 1,34 milliard d’euros. Dans le même temps, les interventions de la Banque centrale sur le marché des changes ont diminué, signe d’une plus grande autonomie du marché. Le secteur bancaire a poursuivi son expansion, les actifs des banques progressant de 17,7 % pour atteindre 218,5 milliards de MRU, alors que les fonds propres nets ont augmenté de 15 %, à 29,1 milliards de MRU.
Autre indicateur mis en avant par la BCM : l’accélération de l’inclusion financière. Le taux d’accès aux services financiers est estimé à 55 % à fin 2025, contre 45,25 % un an plus tôt et seulement 20,8 % en 2022. Sur les 141 actions prévues dans le cadre des stratégies nationales d’inclusion financière, 121 ont été lancées et 48 entièrement réalisées, traduisant une accélération de la mise en œuvre des réformes.
Enfin, la Banque centrale affiche des résultats financiers solides. Au 31 décembre 2025, elle a enregistré un résultat global de 4,05 milliards de MRU, dont un bénéfice net de 3,18 milliards de MRU, portant ses capitaux propres à 15,29 milliards de MRU. Pour l’institution, ces performances confortent sa capacité à préserver la stabilité monétaire et financière, à accompagner la transformation du système financier et à soutenir le développement économique du pays.
À travers ce rapport, la Banque centrale de Mauritanie présente ainsi une économie qui, malgré un ralentissement de la croissance par rapport à 2024, a consolidé ses fondamentaux. La maîtrise de l’inflation, le redressement des comptes extérieurs, l’amélioration des finances publiques, le développement du secteur bancaire et l’essor de l’inclusion financière témoignent, selon l’institution, des progrès accomplis dans la consolidation de la stabilité macroéconomique et la diversification des moteurs de croissance.
(rapport BCM)